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Les libanais réfugiés en Syrie rentrent chez eux
17 août 2006
Saleh Dabbakeh
Aussitôt le cessez-le-feu décrété par les Nations Unies entré en vigueur, lundi 14 août 2006 à 8h00, les libanais réfugiés en Syrie ont commencé à faire leurs bagages. Si les retours se poursuivent au rythme observé ces derniers jours, la plupart des 160'000 invités libanais (comme les syriens aiment à les appeler) auront regagné leurs maisons dans les prochains jours.

Le cessez-le-feu n’était entré en vigueur que depuis quelques heures que déjà des centaines de véhicules se pressaient aux quatre points de passage vers le Liban, où les attendaient des volontaires du Croissant-Rouge syrien. Ils étaient de nouveau là, eux qui, quelques jours plus tôt, avaient distribué de l'eau et de la nourriture, mais aussi dispensé les premiers soins et un soutien psychologique aux civils libanais fuyant les bombardements dans leur pays. Cette fois-ci, ils étaient de l’autre côté.

La frontière de Jdaideh, la plus proche de Beyrouth, a connu la plus grande activité. Le 14 août à midi, 200 voitures par heure ont quitté le pays en direction de Beyrouth, situé à deux heures et demie de voitures à l’ouest.

L'exode était encore plus important le mardi 15 août, les Nations Unies estimant à 7000 le nombre de personnes qui avaient passé la frontière à 11h. Ils étaient des milliers d’autres quelques heures plus tard. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, environ 1500 réfugiés libanais auraient quitté la Syrie depuis mardi après-midi.

« Même si je sais que la banlieue Sud de Beyrouth a été totalement détruite, je dois voir ma maison et mes voisins, » déclare Faisal, 25 ans, qui a été accueilli pendant un mois, avec 14 de ses proches, par une famille syrienne. « Les syriens se sont montrés très généreux, mais il est temps pour nous de rentrer. »

Nadia est âgée de 26 ans. Elle est volontaire au Croissant-Rouge syrien et travaille dans la ‘Free zone’, située entre les deux pays. Elle a pu bénéficier, à l'instar d’autres employés, de quelques jours de congé accordés par son entreprise, par solidarité avec les réfugiés. «Depuis le 15 juillet, je passe près de 14 heures par jour ici, » dit-elle en profitant d’une petite pause. «Ces gens qui s’en vont, c’est un peu ma famille. Je suis partagée. Je suis heureuse qu’ils puissent retrouver leur maison, mais je suis aussi triste à l’idée que je ne vais peut-être plus jamais les revoir. »

Malgré la précipitation dans laquelle il a fallu oeuvrer, la coopération entre les divers composantes du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, mais aussi avec les entreprises et les agences des Nations Unies, a bien fonctionné. Des réfugiés ont pu regagner Beyrouth gratuitement grâce aux bus mis à disposition par le Croissant-Rouge du Koweït.

« Hier, dix bus ont été mobilisés», précise Msa’ed Al-Anezi, responsable des volontaires du Croissant-Rouge du Koweït, qui dirige également la délégation nationale de la Fédération en Syrie. «Aujourd’hui, nous prévoyons de fournir vingt bus supplémentaires afin d’aider au retour des réfugiés, qui recevront également des couvertures et des colis alimentaires.»

Les articles distribués par les volontaires du Croissant-Rouge syrien proviennent de sources diverses. Les biscuits protéinés ont été fournis par le Programme alimentaire mondial, l’eau et le pain par le HCR et les sels de réhydratation orale par l'UNICEF. Non seulement, le Croissant-Rouge syrien a mobilisé des dizaines de volontaires chargés de distribuer de la nourriture et des boissons, mais il a également dispensé les premiers soins et fourni des services de santé aux réfugiés.

Dans la ‘Zone libre’ propriété d’un homme d’affaires, près de 500 repas ont été servis aux palestiniens qui ne pouvaient se rendre en Syrie faute de passeports. Les autres ont pu entrer sans difficulté.

Aujourd’hui, tous retournent au Liban, y compris Asma’a, âgée de 14 ans, et sa famille, qui avaient quitté le camp de réfugiés de Al-Burj Ashamali, près de Tyre, suite aux violents bombardements aériens. « Je ne pense pas que notre maison ait été touchée, » dit Asma’a, mais nous avons vraiment eu très peur. »

Le personnel du Croissant-Rouge palestinien a aidé un groupe de 60 palestiniens à prendre place dans un bus, munis de toutes leurs affaires, pour regagner le Liban. «Ils ont dormi dans la mosquée et la salle de cinéma de la ‘Free Zone’ pendant près d’un mois, » explique Burhan Al-Hammoud, son directeur. «Ils ont également bénéficié de trois repas par jour. »

D’autres entreprises, notamment SyriaTel (l’une des plus importantes entreprises de téléphonie mobile du pays), avaient également fourni de la nourriture, des abris et des bus aux réfugiés libanais à leur arrivée en Syrie. Ils font de même aujourd’hui pour leur départ.
Le cessez-le-feu n’était entré en vigueur que depuis quelques heures que déjà des centaines de véhicules se pressaient aux quatre points de passage vers le Liban, où les attendaient des volontaires du Croissant-Rouge syrien.
Le cessez-le-feu n’était entré en vigueur que depuis quelques heures que déjà des centaines de véhicules se pressaient aux quatre points de passage vers le Liban, où les attendaient des volontaires du Croissant-Rouge syrien. (p14509)
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Aussitôt le cessez-le-feu décrété par les Nations Unies entré en vigueur, lundi 14 août 2006 à 8h00, les libanais réfugiés en Syrie ont commencé à faire leurs bagages. Si les retours se poursuivent au rythme observé ces derniers jours, la plupart des 160'000 invités libanais (comme les syriens aiment à les appeler) auront regagné leurs maisons dans les prochains jours. (p14512)
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