La
décrue est amorcée au Bangladesh et nombreux sont
ceux qui craignent qu’elle révèle l’ampleur
réelle des dégats causés par les inondations.
Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le nord du
Bangladesh en juillet ont touché plus de 10 millions
de personnes, faisant des centaines de morts et des dizaines
de milliers de sans abri.
Alors que les eaux boueuses et pestilentielles commencent à
se retirer, une nouvelle menace se profile sur les populations
environnantes menacées par la pollution de l’eau
et les nombreuses maladies qui en résulte.
Une fois encore, ce sont les personnes les plus vulnérables,
qui ne sont pas suffisamment armées pour lutter contre
ces menaces, qui sont les plus touchées.
« Nous avons vu nombre de personnes boire de l'eau du
fleuve, ce qui est extrêmement dangereux, » précise
Ahmad Sami, responsable du programme de la Fédération
internationale des Sociétés nationales de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge au Bangladesh.
Pour autant, lutter contre les risques de maladie est plus facile
à dire qu'à faire dans une région envahie
par la boue dont la population est restée prisonnière
des eaux, à hauteur de poitrine, pendant des heures,
voire des jours.
Kamrunn Nahar, 35 ans, habite dans le village de Bashalia, sur
les rives du fleuve Jumna, qui a été noyé
sous les eaux pendant 15 jours. « Où que vous regardiez,
vous ne verrez que de la boue, il y en a partout, » dit-il.
« Les sanitaires ont été inondés,
ce qui a provoqué une contamination des boues et des
eaux… nos enfants jouent et se baignent dans ces eaux.
»
Les conséquences de cette pollution ne sont que trop
visibles sur de nombreux enfants qui portent les marques des
maladies de peau contagieuses qu’ils ont attrapées.
« Mon fils a été contaminé par les
eaux sales qui nous entourent,» déclare Chamilly,
20 ans, dont le fils, Shuboh, est âgé de 16 mois.
« Nous avons besoin de médicaments, mais nous n'en
avons aucun alors j'essaie de le soigner par l’homéopathie.
Le problème est que la maladie est très douloureuse
et provoque des démangeaisons; il n’arrête
pas de se gratter, ce qui favorise la propagation de l’infection.
»
Pour répondre aux besoins les plus pressants des populations
vivant dans les régions affectées par les inondations,
la Fédération internationale prévoit, grâce
aux fonds collectés dans le cadre de l'appel révisé,
de fournir des soins de santé primaires à près
de 350°000 personnes, notamment de déployer 15 équipes
médicales mobiles disposant de médicaments essentiels.
L’eau potable n’en reste pas moins rare dans les
villages du fait de l’engorgement des sources d’approvisionnement,
plus connus sous le nom de puits enfoncés, qui rend l’eau
impropre à la consommation.
« Les inondations étaient si forte que la plupart
des installations sanitaires des régions affectées
ont été entièrement détruites ou
endommagées ; les eaux d'égout se sont alors déversées
partout dans les villages. » « Les médias
locaux font état d’une augmentation considérable
du nombre de personnes admises à l’hôpital
pour des cas de diarrhée. »
Dans le cadre du processus d’intensification de ses programmes,
le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge prévoit
de construire 350 puits et 4500 latrines destinés aux
familles touchées par les inondations. En attendant que
les points d’eau soient réparés, le Croissant-Rouge
du Bangladesh distribue des tablettes pour purifier l’eau
et recourt à des équipes locales de volontaires
afin d’éduquer les populations et promouvoir l’hygiène.
« La distribution de tablettes permet de garantir que
les populations restent en bonne santé jusqu’à
ce que les nombreux points d’eau endommagés puissent
être réparés, » précise Sami.
Les villageois, qui n’ont pas accès à l'eau
potable et aux installations sanitaires, sont confrontés
à un terrible dilemme. Nazma Khanman, 30 ans, vit dans
le village de Bashalia avec son mari et ses deux enfants.
« Nous savons ce qu’il faut faire dans ce genre
de situation. Nous savons ce qui est hygiénique et ce
qui ne l'est pas; nous sommes parfaitement conscients que l'eau
qui nous entoure est contaminée et qu’il ne faut
pas la boire, mais parfois nous n'avons pas d'autre choix. Que
pouvons nous faire d’autre ? » demande t-elle.
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Alors
que les eaux boueuses et pestilentielles commencent à
se retirer, une nouvelle menace se profile sur les populations
environnantes menacées par la pollution de l’eau
et les nombreuses maladies qui en résulte. (p16322)
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Kamrunn
Nahar, 35 ans, habite dans le village de Bashalia, sur
les rives du fleuve Jumna, qui a été noyé
sous les eaux pendant 15 jours. « Où que
vous regardiez, vous ne verrez que de la boue, il y en
a partout, » dit-il. « Mon fils a été
contaminé par les eaux sales qui nous entourent,»
déclare Chamilly, 20 ans, dont le fils, Shuboh,
est âgé de 16 mois. (p16321)
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