En
juillet, des pluies de mousson diluviennes ont inondé
le village de Tulsiyahi Jabdi situé au sud-ouest de la
cité ancienne de Janakpur, dans la fameuse région
de Terai. Cette plaine fertile bordant la frontière indienne,
où se concentre près de la moitié de la
population népalaise, est en temps normal la zone agricole
et industrielle la plus productive du pays.
Récemment, toutefois, les inondations ont prélevé
un lourd tribut sur ses habitants, détruisant des milliers
d’habitations et ravageant les cultures.
“On aurait dit qu’un océan avait tout submergé.
Durant les premiers jours, nous n’avons rien pu faire,
malgré que nous ayons des secours prêts à
être distribués”, rapporte Vijay Kumar Singh,
médecin à Janakpur et président de la section
de Dhanusa de la Croix-Rouge népalaise.
“Nous n’aurions jamais imaginé qu’il
faudrait utiliser des barques dans cette région de plaine.”
Plus de 2000 volontaires de la Croix-Rouge ont été
mobilisés à travers tout le Népal afin
de porter assistance aux habitants de nombreux villages coupés
du monde extérieur, comme Tulsiyahi.
“Les précipitations n’ont pas duré
qu’un ou deux jours, comme c’est habituellement
le cas”, poursuit le docteur Singh. “Il a plu sans
discontinuer pendant plus de trois semaines.”
A Tulsiyahi, les 200 familles du village s’étaient
réfugiées dans l’école et dans le
temple. Sans possibilité de se déplacer et faute
de médicaments, elles ont été durement
éprouvées par les diarrhées et vomissements
que provoquent communément les inondations.
Kalam Husain Yahev, 35 ans, a tenté de soigner sa femme
et leurs quatre enfants malades. Mais rien n’y a fait
et, au bout de quelques jours, sa femme a succombé sans
avoir vu de médecin.
“Qui veillera sur les enfants quand je serai au travail?
Ils sont à jamais privés de l’affection
de leur mère et la pleurent depuis des semaines. Comment
pourrai-je m’occuper d’eux”, s’interroge-t-il
tout en couvant du regard les petits corps endormis sur le sol.
Pour l’heure, c’est à la fille aînée
Nanu, 10 ans, qu’est dévolue la charge de ses frères
et soeurs. L’école a rouvert récemment ses
portes et les camarades de la fillette ont repris les cours,
mais Nanu doit rester à la maison pour prendre soin des
plus petits et assurer les tâches ménagères.
En outre, elle s’efforce de réparer la maison,
sérieusement endommagée par les eaux qui ont fait
s’effondrer les murs en terre.
A travers toute l’Asie du Sud, les inondations et les
glissements de terrain ont affecté cette saison quelque
43 millions de personnes, en particulier les plus pauvres et
les plus défavorisés. Au Népal, les pluies
de début juin dans le massif de l’Himalaya ont
provoqué des crues torrentielles qui, combinées
à une mousson particulièrement forte, ont entraîné
des inondations d’une durée inhabituelle dans la
plaine du Terai.
“C’est la seconde fois dans ma vie que je vois des
inondations aussi spectaculaires se prolonger durant plus de
trois semaines”, déclare Bilath Sahu, 80 ans, qui
travaille pour le programme radiophonique de la Croix-Rouge
au Népal.
Outre la femme de Yahev, plus de 160 personnes ont péri
dans la catastrophe, y compris des familles entières.
Des milliers d’hectares de terres agricoles ont été
ravagés et près de 97 000 familles sinistrées
à travers deux tiers du territoire ont été
confrontées à d’énormes difficultés
en matière d’alimentation et d’hygiène.
Afin de répondre aux besoins des plus vulnérables,
la Fédération internationale a lancé un
appel de 2,3 millions de francs suisses (USD 1,9 million / EUR
1,4 million) visant à assister quelque 120 000 bénéficiaires
pendant un an.
|
 |
 |
|
En
juillet, des pluies de mousson diluviennes ont inondé
le village de Tulsiyahi Jabdi situé au sud-ouest
de la cité ancienne de Janakpur, dans la fameuse
région de Terai. (p16239)
|
|
|
|
|
 |
|
Plus
de 2000 volontaires de la Croix-Rouge ont été
mobilisés à travers tout le Népal
afin de porter assistance aux habitants de nombreux villages
coupés du monde extérieur, comme Tulsiyahi.
(p16240)
|
|