Plus de 35 000 villageois vivant sur les rives du Zambèze ont déjà été évacués par bateau dans le cadre de l’opération d’urgence mise sur pied par le gouvernement mozambicain, et des centaines d’autres continuent d’être transportés chaque jour en lieu sûr. Beaucoup ont entrepris de bâtir des huttes sur les sites de réinstallation.
L’opération semble être un plein succès jusqu’à présent. D’après des fonctionnaires du Centro Nacional Operativo de Emergencia (CENOE) de la ville de Caia, on ne déplore à de jour aucun décès lié aux inondations.
La Croix-Rouge du Mozambique a elle-même déployé à Mutarrara, à une soixantaine de kilomètres en amont de Caia, une équipe qui a déjà évacué plus de 200 personnes. Elle pourrait certainement faire davantage encore, mais manque malheureusement de fonds pour acheter du carburant et des moteurs de bateaux.
Cahora Bassa
Caia, siège du CENOE, sert de plaque tournante pour les efforts d’assistance et se prépare à une aggravation de la crise en raison de la crue accélérée du Zambèze.
Les responsables du centre sont particulièrement préoccupés au sujet de la région d’Inhagoma, au nord de Caia, où quelque 25 000 habitants seraient dans une situation de grande vulnérabilité, en partie parce qu’ils répugnent à abandonner leurs cultures de maïs. Les communautés d’Inhagoma sont également menacées par la montée des eaux dans le bassin de la rivière Chire et confrontées au dilemme commun à tous les paysans pratiquant l’agriculture de subsistance dans les fertiles plaines inondables.
Le pays tout entier suit en retenant son souffle le débit du barrage de Cahora Bassa, actuellement chiffré à quelque 6600 mètres cubes par seconde, comme s’il s’agissait d’une finale de Coupe du Monde. Le sort de milliers et de milliers de personnes vivant en aval de l’ouvrage est en effet suspendu à l’évolution de ce chiffre.
Selon divers observateurs locaux, le point positif réside dans le fait que, malgré des niveaux d’inondations déjà plus élevés qu’en 2000-2001, on a retenu les leçons des désastres passés et évité le pire grâce à une combinaison de mesures de réinstallation, d’évacuation d’urgence et de préparation.
Néanmoins, la Fédération internationale redoute une crise majeure en Afrique australe si les prévisions annonçant de fortes précipitations dans les semaines à venir se révèlent exactes. Au cours des deux dernières semaines, la saison des pluies, exacerbée par le phénomène La Niña qui sévit actuellement dans le Pacifique et, probablement, par le changement climatique, a déjà fait gonfler les cours d’eau au-delà des cotes d’alerte.
Insécurité alimentaire
La Croix-Rouge du Mozambique, une des Sociétés nationales possédant la plus riche expérience de la préparation et de la réaction aux inondations en Afrique, a mobilisé plus de 400 volontaires qui ont pris part à des opérations d’évacuation et distribué des tentes, des bâches goudronnées, des bâches en plastique, des moustiquaires, des matelas et autres secours non alimentaires à des centaines de familles des provinces de Sofala, Manica, Inhambane, Zambezia et Tete.
Bien que les opérations de déplacement se déroulent de façon satisfaisante, la dernière vague de réinstallations risque d’exacerber l’insécurité alimentaire consécutive aux précédentes inondations. De fait, la population de certains villages des environs de Caia a pratiquement doublé en l’espace d’une semaine.
Les Sociétés nationales du Lesotho, de Madagascar, du Malawi, du Swaziland, de la Zambie et du Zimbabwe ainsi que le bureau régional de la Fédération internationale à Johannesburg se préparent également en prévision d’une crise qui menace de s’étendre à une bonne partie de l’Afrique australe.
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Chipuazo, Mozambique, 13 janvier. Des femmes évacuées de leurs foyers situés sur les berges du Zambèze pompent de l’eau à Chipuazo où elles ont été réinstallées. Plus de 35 000 villageois vivant dans les zones inondables ont déjà été évacués par bateau dans le cadre de l’opération d’urgence mise sur pied par le gouvernement mozambicain, et des centaines d’autres continuent d’être transférés chaque jour en lieu sûr, cependant que le niveau des eaux continue de grimper. (p17057)
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Nhambalo-2, Mozambique, 13 janvier. Manuensse Domingo (troisième depuis la droite), chef du village, discute avec des volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique de la récente arrivée de près de 400 familles (environ 2000 personnes) évacuées de leurs foyers situés dans des zones inondées. La population de certains villages des environs de Caia, sur le fleuve Zambèze, a pratiquement doublé en l’espace d’une semaine. (p17058)
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Chipuazo, Mozambique, 13 janvier. Des volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique aident à construire des abris dans un village du nord du pays où quelque 400 sinistrés ont été évacués. Certains habitants de Chipuazo vivent toujours sous les tentes qui leur avaient été fournies un an auparavant à la suite de précédentes inondations. (p17059)
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Nhambalo-2, Mozambique, 13 janvier. Santos Samissons Chaibande, volontaire à la Croix-Rouge du Mozambique, aide une équipe de la BBC à porter son matériel après une visite dans ce village du nord du pays où près de 400 familles (environ 2000 personnes) évacuées de leurs foyers situés dans des zones inondées. (p17060)
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