Le Croissant-Rouge a joué un rôle clé dans les efforts d'éradication
de la poliomyélite en Irak, notamment en visitant des communautés
reculées du pays. (p8959)
Le Croissant-Rouge de l'Irak n'hésite pas à défier les tabous
en diffusant des informations sur la propagation du VIH/sida.
(p8573)
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Les volontaires du Croissant-Rouge de l'Irak sauvent des vies
28 janvier 2003
Dans ce pays où, selon le Fonds des
Nations unies pour l'enfance (Unicef), quelque 15 millions de personnes
dépendent entièrement de l'aide alimentaire, les volontaires du Croissant-Rouge
s'emploient activement à sauver les vies de millions d'enfants en
veillant à ce qu'ils soient immunisés contre la poliomyélite et la
rougeole.
La première phase de la campagne d'immunisation de 2003, supervisée
par le ministère de la Santé, vient de s'achever. Elle a touché près
de 5 millions d'enfants de moins de cinq ans. Dans le cadre de cet
effort, plus de 600 volontaires de la Société nationale ont rendu
visite aux familles concernées afin de s'assurer que leurs enfants
étaient bien vaccinés.
Financée par l'Unicef, la campagne a été annoncée dans tout le pays
au moyen de tracts et de spots télévisés en arabe et en kurde produits
par le Croissant-Rouge de l'Irak. Les vaccins sont fournis par l'OMS
et administrés par le personnel du ministère de la Santé. La seconde
phase de la campagne contre la poliomyélite aura lieu d'ici la fin
du mois de février et les vaccinations contre la rougeole sont prévues
pour le mois de mars. Au titre de son soutien au Croissant-Rouge,
la Fédération cible en priorité les enfants non immunisés. Si 90%
environ des enfants des foyers visitées par les volontaires de la
Société nationale ont déjà été vaccinés, il arrive qu'on trouve, dans
certaines régions reculées du pays, des villages entiers que les campagnes
d'immunisation n'ont pas atteints.
Selon Anne Merete Bull, déléguée à la santé pour la Fédération à Bagdad,
les volontaires ont ainsi découvert en septembre dernier dix villages
"oubliés". Ils ont aussitôt fait le nécessaire pour que les enfants
de ces communautés soient dûment recensés et inoculés. "Les volontaires
du Croissant-Rouge peuvent accéder à des régions fermées à d'autres
institutions, comme les régions autonomes kurdes au nord du pays",
explique la déléguée. Le programme de premiers secours communautaires
du Croissant-Rouge de l'Irak, qui bénéficie du soutien des Sociétés
de la Croix-Rouge norvégienne et suédoise, constitue l'élément clé
de l'action des volontaires. Plus de 2 500 d'entre eux ont déjà été
initiés à cette discipline vitale et 720 autres auront achevé leur
cycle de formation de dix jours d'ici le mois d'avril. Pour 2003,
l'objectif est d'accroître de 15% le nombre des volontaires formés.
Deux fois par mois au moins, ces derniers donnent des conférences
dans des écoles, des centres de soins de santé primaire, des mosquée
et des salles communales. Ces exposés mettent l'accent sur l'hygiène,
la nutrition, l'eau et l'assainissement, sur la façon de conserver
les aliments et sur la prévention de la diarrhée et d'autres maladies.
"Ces sessions de sensibilisation permettent de diffuser des connaissances
vitales au cœur de la communauté. L'année dernière, elles ont touché
plus de 87 000 personnes et ce chiffre devrait doubler d'ici la fin
de l'année", note Anne Merete Bull. "Dans chaque gouvernorat", ajoute-t-elle,
"une trentaine de volontaires au moins ont reçu une formation d'instructeurs
qui les prépare à transmettre à d'autres leurs compétences. Leur nombre
sera doublé en mars.
"Le Croissant-Rouge diffuse ces informations par d'autres biais également.
Une enquête menée récemment par la Fédération a révélé que 75% environ
des volontaires discutent régulièrement de questions touchant aux
premiers secours et à la santé avec les membres de leur famille et
leurs amis, ainsi que sur leur lieu de travail. "L'éducation à la
santé revêt une importance cruciale dans la situation présente, car
elle constitue un élément central de toute préparation aux catastrophes.
Et le programme du Croissant-Rouge est d'autant plus précieux qu'il
touche toutes les composantes de la société", souligne Anne Merete
Bull.
À la fin du mois d'octobre 2002, le Croissant-Rouge de l'Irak a introduit
un nouvel élément dans son programme d'éducation à la santé: une formation
spécialisée dans la prévention du VIH/sida. Deux volontaires - un
homme et une femme - ont été sélectionnés dans chacune des dix-huit
sections du Croissant-Rouge. Pour la première fois dans ce pays, ces
jeunes gens, âgés de 15 à 22 ans, donneront dans les collèges et les
lycées des conférences sur la façon d'empêcher la propagation du VIH/sida
et d'autres maladies sexuellement transmissibles.
Leur formation a été assurée par des instructeurs de la Croix-Rouge
libanaise, en collaboration avec des médecins du Centre de lutte contre
le sida à Bagdad. Les statistiques officielles font état de 233 cas
de sida en Irak, mais le ministère de la Santé admet que leur nombre
pourrait être plus élevé.
En dépit de la tension accrue que fait peser sur leur pays la menace
d'un conflit, les volontaires du Croissant-Rouge ne baissent pas les
bras, bien au contraire. "Ils estiment qu'ils ont un rôle important
à jouer, une responsabilité envers la communauté", déclare Anne Merete
Bull. "Tout en sachant qu'une nouvelle tragédie pourrait bientôt frapper
leur pays, ils continuent de tirer des plans pour l'avenir, notamment
dans le domaine de la formation aux premiers secours."
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