Le
Croissant-Rouge de l’Iran et la Fédération
internationale sont maintenant engagés dans une véritable
course contre la montre alors que l’hiver prend ses quartiers
à Bam, aux portes du désert. Une semaine après
la catastrophe, on a retiré quelque 28 500 corps des
décombres. Des répliques continuent de faire trembler
le sol dans les rues de la ville dévastée où
près de 80 000 sinistrés campent parmi les ruines,
blottis sous les tentes du Croissant-Rouge ou serrés
autour des feux qui trouent les ténèbres.
“La température descend déjà en dessous
de zéro pendant la nuit, alors que l’hiver ne sera
vraiment installé que dans quelques semaines. C’est
à ce moment que la situation des sans-abri sera la plus
critique”, souligne Mostafa Moghaghegh, chef du département
international du Croissant-Rouge de l’Iran. “Nous
avons déjà beaucoup fait, mais nous devons continuer
à tout mettre en œuvre pour fournir des abris aux
sinistrés et pour leur assurer chaleur et nourriture.”
Tout en poursuivant ses efforts de recherche et de sauvetage,
le Croissant-Rouge a entrepris d’augmenter l’assistance
aux rescapés. Vendredi, ses équipes de sauvetage
ont encore retiré deux survivants des décombres,
mais, à présent, environ 95 pour 100 des bâtiments
effondrés ont été inspectés et les
chances de retrouver d’autres rescapés sont extrêmement
minces.
À ce jour, l’organisation a distribué 400
000 repas prêts à consommer et environ 500 tonnes
de riz, de légumes secs et autres denrées, ainsi
que d’énormes quantités de secours non alimentaires
parmi lesquels 92 000 tentes, 200 000 couvertures, 56 000 vêtements
ainsi qu’un article de secours essentiel : 51 000 calorifères
à pétrole.
Ce week-end, les premiers patients devraient être accueillis
dans l’hôpital de campagne de 250 lits installé
par la Fédération internationale et le Croissant-Rouge
de l’Iran afin de remplacer les deux hôpitaux locaux
détruits par le tremblement de terre. Cet hôpital
devrait pouvoir répondre aux besoins d’une population
de 250 000 habitants environ.
“Nous devrions enregistrer nos premières entrées
aujourd’hui. Dans un premier temps, nous disposerons d’un
service de soins ambulatoires, d’une unité de soins
intensifs, d’un service de médecine et d’un
service de chirurgie. L’hôpital devrait être
pleinement opérationnel la semaine prochaine. Il est
appelé à remplacer toutes les stuctures médicales
provisoires mises en place dans le secteur”, explique
le docteur Richard Munz, coordinateur des programmes de santé
pour la Fédération internationale.
Le docteur Munz précise qu’un grand nombre de blessés
graves ont déjà été évacués
vers d’autres centres suite à la destruction des
hôpitaux de Bam. “Le pont aérien a permis
de transporter quelque 13 000 blessés à Téhéran,
Kerman et autres agglomérations. Toutefois, une partie
de ces patients va probablement revenir sur place et solliciter
des soins complémentaires auprès de nos services.”
Le Croissant-Rouge de l’Iran est également très
engagé dans l’assistance aux enfants non accompagnés,
dont le nombre est estimé à environ 1300 par le
ministère iranien de la Santé. Le Comité
international de la Croix-Rouge l’aide à traiter
les demandes de recherche en vue de réunir ces enfants
à leurs parents ou, quand ceux-ci ont péri dans
la catastrophe, à leur famille élargie.
Étant donné l’énormité des
pertes humaines et des souffrances engendrées par le
tremblement de terre, la population traumatisée de Bam
a un urgent besoin de soutien psychologique, estime Halvor Lauritzen.
“Nous attendons la semaine prochaine une équipe
de quatre spécialistes des Sociétés de
la Croix-Rouge danoise et islandaise. Ils auront pour tâche
de former des instructeurs au sein du Croissant-Rouge de l’Iran,
lesquels se chargeront à leur tour de sensibiliser les
quelque 1500 secouristes de l’organisation à cet
aspect crucial de l’assistance aux sinistrés”,
explique le chef de l’équipe de la Fédération
internationale.
La réponse à l’appel préliminaire
de 15,4 millions de francs suisses (9,88 Euros, ou US$ 12,3
millions) lancé dès le 26 décembre par
la Fédération internationale est excellente, puisque
environ la moitié du montant sollicité a déjà
été rassemblée. « La rapidité
avec laquelle les donateurs ont réagi à cette
tragédie est exemplaire, et en particulier en ce qui
concerne ECHO (le bureau humanitaire de l’Union européenne),
qui a répondu à notre demande dans les 24 heures
qui ont suivi le tremblement de terre. Ceci nous a permis de
mobiliser des ressources importantes rapidement et efficacement
», explique Martin Zak, qui coordonne à Genève
l’assistance de la Fédération internationale.
« La phase d’urgence est à présent
presque terminée et nous avons entrepris d’évaluer
les besoins à moyen et à long terme , mais il
nous faut encore garantir la mobilisation des donateurs pour
la phase cruciale du relèvement et de la reconstruction
», ajoute-t-il.
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Cet
homme a perdu sa femme, ses enfants, son frère
et ses parents dans le tremblement de terre. Il montre
ici le lit dans lequel ont péri ses
parents (p10921) |
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| Des
secouristes du Croissant-Rouge de l’Iran prodiguent
des soins d’urgence à des rescapés
du séisme (p10924)
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Le
plus gros défi qui se pose maintenant aux sinistrés
de Bam est le froid, qui accroît les risques de
pneumonie et d’infections des voies
respiratoires (p10925) |
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| La
Croix-Rouge allemande est une des nombreuses Sociétés
sœurs de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui
ont déployé des services d’assistance
à Bam (p10919) |
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