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La quête désespérée des personnes portées disparues à Bam
le 5 janvier 2004
Suzanne Charest, Bam
Fatemeh Badrabadi, 36 ans, est assise au sommet d’un amoncellement d’objets recouverts d’une feuille de plastique déchirée, serrant dans ses bras sa fillette de deux ans, Nazanin. Le monticule contient tous les biens qu’elle a pu récupérer des décombres de sa maison.

Les yeux remplis de larmes, elle explique sa détresse. “Je ne sais pas vers qui me tourner. J’étais en visite à Zahedan avec mes deux enfants quand la catastrophe s’est produite. Je suis rentrée le plus vite possible, pour découvrir que la rue dans laquelle nous habitions était entièrement dévastée. Maintenant, un bulldozer rase ce qui restait de ma maison.”

Les recherches se poursuivent pour tenter de localiser les personnes portées disparues. “Il faut qu’on retrouve mon mari”, poursuit Fatima, désespérée. “Je n’ai aucune idée de ce qui est advenu de lui.” Un peu plus tôt, elle s’est enregistrée auprès de l’équipe de recherches du Croissant-Rouge de l’Iran, qui travaille avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge. Les membres de cette équipe se dépensent sans compter pour essayer de trouver la trace des innombrables habitants qui manquent à l’appel.

A quelques mètres de Fatemeh, Abbas Nasripour tire distraitement sur sa cigarette, le regard perdu en direction de la citadelle d’Arg, qui a subi de très lourds dommages. Vieille de près de 2000 ans, c’était la plus grande forteresse de pisé au monde. Comme telle, elle attirait de nombreux touristes dans la région, mais cette précieuse manne financière est désormais bien compromise.

“Dans cette rue”, déclare Nasripour, “la plupart des gens sont morts. J’ai perdu sept membres de ma famille, y compris ma femme, mes parents, ma sœur et mon frère. C’est moi qui ai découvert leurs corps.”

Un employé du Croissant-Rouge vient d’interroger les rescapés du voisinage pour déterminer leurs besoins d’assistance, puis est rapidement reparti au quartier général de l’opération pour faire son rapport. Ce genre d’enquête sur le terrain est essentiel pour permettre au Croissant-Rouge de l’Iran et à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de préparer l’appel qui sera lancé d’ici quelques jours afin de financer les programmes de relèvement et de reconstruction à long terme.

A Bam et dans les villages environnants, de nombreux habitants cherchent désespérément des nouvelles de proches. A ce jour, on a retiré environ 28 500 cadavres des ruines, mais des milliers de personnes sont toujours manquantes. Quant au nombre d’enfants non accompagnés, il est de l’ordre de plusieurs centaines.

Le Croissant-Rouge de l’Iran a été la première organisation à secourir les victimes du séisme, auxquelles il a procuré des tentes, des couvertures, de l’eau potable, des colis de nourriture, des ustensiles de cuisine, des calorifères, des vêtements et autres articles de première nécessité. Il est soutenu par des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du monde entier qui se sont mobilisées en réponse à l’appel d’urgence lancé le lendemain de la catastrophe par la Fédération internationale.
Fatemeh Badrabadi, 36 ans, assise avec sa fillette de deux ans, Nazanin (p10933)
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Abbas Nasripour a decouvert les corps de sa femme, ses parents, sa sœur et son frère (p10935)
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