Fatemeh
Badrabadi, 36 ans, est assise au sommet d’un amoncellement
d’objets recouverts d’une feuille de plastique déchirée,
serrant dans ses bras sa fillette de deux ans, Nazanin. Le monticule
contient tous les biens qu’elle a pu récupérer
des décombres de sa maison.
Les yeux remplis de larmes, elle explique sa détresse.
“Je ne sais pas vers qui me tourner. J’étais
en visite à Zahedan avec mes deux enfants quand la catastrophe
s’est produite. Je suis rentrée le plus vite possible,
pour découvrir que la rue dans laquelle nous habitions
était entièrement dévastée. Maintenant,
un bulldozer rase ce qui restait de ma maison.”
Les recherches se poursuivent pour tenter de localiser les personnes
portées disparues. “Il faut qu’on retrouve
mon mari”, poursuit Fatima, désespérée.
“Je n’ai aucune idée de ce qui est advenu
de lui.” Un peu plus tôt, elle s’est enregistrée
auprès de l’équipe de recherches du Croissant-Rouge
de l’Iran, qui travaille avec l’appui du Comité
international de la Croix-Rouge. Les membres de cette équipe
se dépensent sans compter pour essayer de trouver la
trace des innombrables habitants qui manquent à l’appel.
A quelques mètres de Fatemeh, Abbas Nasripour tire distraitement
sur sa cigarette, le regard perdu en direction de la citadelle
d’Arg, qui a subi de très lourds dommages. Vieille
de près de 2000 ans, c’était la plus grande
forteresse de pisé au monde. Comme telle, elle attirait
de nombreux touristes dans la région, mais cette précieuse
manne financière est désormais bien compromise.
“Dans cette rue”, déclare Nasripour, “la
plupart des gens sont morts. J’ai perdu sept membres de
ma famille, y compris ma femme, mes parents, ma sœur et
mon frère. C’est moi qui ai découvert leurs
corps.”
Un employé du Croissant-Rouge vient d’interroger
les rescapés du voisinage pour déterminer leurs
besoins d’assistance, puis est rapidement reparti au quartier
général de l’opération pour faire
son rapport. Ce genre d’enquête sur le terrain est
essentiel pour permettre au Croissant-Rouge de l’Iran
et à la Fédération internationale des Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de préparer l’appel
qui sera lancé d’ici quelques jours afin de financer
les programmes de relèvement et de reconstruction à
long terme.
A Bam et dans les villages environnants, de nombreux habitants
cherchent désespérément des nouvelles de
proches. A ce jour, on a retiré environ 28 500 cadavres
des ruines, mais des milliers de personnes sont toujours manquantes.
Quant au nombre d’enfants non accompagnés, il est
de l’ordre de plusieurs centaines.
Le Croissant-Rouge de l’Iran a été la première
organisation à secourir les victimes du séisme,
auxquelles il a procuré des tentes, des couvertures,
de l’eau potable, des colis de nourriture, des ustensiles
de cuisine, des calorifères, des vêtements et autres
articles de première nécessité. Il est
soutenu par des Sociétés de la Croix-Rouge et
du Croissant-Rouge du monde entier qui se sont mobilisées
en réponse à l’appel d’urgence lancé
le lendemain de la catastrophe par la Fédération
internationale.
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| Fatemeh
Badrabadi, 36 ans, assise avec sa fillette de deux ans,
Nazanin (p10933) |
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| Abbas
Nasripour a decouvert les corps de sa femme, ses parents,
sa sœur et son frère (p10935)
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