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Triste fin pour un jeune rescapé du séisme
le 7 janvier 2004
Denis McClean, Bam
Le destin a joué un tour bien cruel à Mohammed et Zahra Saeedi, épargnés par le tremblement de terre de Bam qui a fait plus de 30 000 morts, en leur enlevant aussitôt après leur fils Baback. Admis lundi soir à l’hôpital de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le petit garçon a succombé hier à une maladie incurable.

C’était un véritable miracle que le petit Baback Saeedi, âgé d’un peu moins de trois ans, ait survécu au tremblement de terre de Bam, quand on sait que la tragédie du 26 décembre a coûté la vie à près de 300 membres de sa famille. Toutefois, l’enfant n’était pas encore hors de danger, car, trois mois auparavant, on avait diagnostiqué chez lui une leucémie et ses parents Mohammed et Zahra cherchaient toujours désespérément le moyen de lui assurer le traitement nécessaire.

Cette douloureuse quête a tristement pris fin hier en début d’après-midi à l’hôpital de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, où Baback a rendu son dernier souffle en présence de sa mère. C’est le premier décès enregistré dans ce tout nouvel établissement qui, depuis son ouverture le week-end passé, a assuré des soins à 686 patients blessés lors du séisme ou souffrant de divers autres maux.

Depuis la catastrophe, Mohammed, Zahra, Baback et un oncle de ce dernier campaient sous une petite tente du Croissant-Rouge. Lundi soir, les parents avaient soigneusement enveloppé le petit malade dans des couvertures pour l’amener à l’hôpital de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, où ils ont présenté un dossier médical qui avait lourdement obéré leurs modestes revenus – Mohammed est boulanger – tout au long des six derniers mois consacrés à consulter le corps médical local.

Hier, le bel enfant au visage pâle était allongé, manifestement épuisé, dans une salle de pédiatrie où la majorité de ses compagnons étaient essentiellement traités contre des diarrhées. Pendant ce temps, le personnel s’activait à contacter les établissements spécialisés à Téhéran et s’efforçait d’obtenir son transfert.

“Le diagnostic de leucémie avait été posé il y a trois mois, mais, en l’absence de biopsie de la moelle épinière, nous ne pouvions pas exclure qu’il s’agisse d’un lymphome. C’est pourquoi des analyses complémentaires étaient indispensables”, explique le docteur Merja Helmimen, de la Croix-Rouge finlandaise.

Si Baback avait eu la chance d’être admis à l’époque dans un service spécialisé, le traitement aurait pu commencer sans plus attendre. Malheureusement, il n’existait rien de tel à Bam, même avant que le séisme ne détruise les deux hôpitaux de la ville et ne décime leur personnel.

Le Croissant-Rouge de l’Iran avait donc entrepris des démarches auprès des autorités pour que l’enfant puisse être transféré à Téhéran, où il aurait pu recevoir les soins appropriés. Mais hier, peu après 14 heures, on apprenait la nouvelle de son décès.

Selon Mostafa Mohaghegh, directeur du département des affaires internationales, tout avait été mis en œuvre pour organiser dans les meilleurs délais son évacuation médicale depuis l’aéroport de Bam. “Cette tragédie reflète, hélas, le sort cruel de bien des familles de la région”, commente-t-il.

La famille Saeedi résidait sur le Boulevard Colonel Azar, dans le quartier Azadi, en plein centre de la ville. Sa maison a été détruite à 90 pour 100, y compris les fours dans lesquels Mohammed cuisait le sangak, un pain d’orge très apprécié du voisinage. Chaque jour, les gens faisaient la queue devant la boutique pour s’approvisionner.

Tout le monde était à la maison quand la terre a tremblé. Hier matin, alors qu’il espérait encore l’évacuation sanitaire de Baback, Mohammed évoquait dans ces termes la terrible catastrophe: “On aurait dit un coup de tonnerre, mais qui serait provenu à la fois du sol et du ciel. Ceux qui s’en étaient tirés sans trop de mal étaient trop choqués pour pouvoir aider leurs voisins. Pour ma part, j’ai pu retirer des décombres un neveu qui est maintenant hospitalisé à Giroft, à 120 kilomètres d’ici, avec des fractures du crâne et du bassin, mais ma femme et moi avons perdu près de 300 membres de notre famille.”

Mohammed a également aidé les équipes de secours à évacuer certains des quelque 28 500 cadavres officiellement recensés et enterrés à ce jour. Avec une admirable dignité, il concluait: “Nous ne pouvons pas nous plaindre de notre sort. Bien sûr, on manque de beaucoup de choses, mais nous sommes reconnaissants pour tout ce qui a déjà été fait.”

Puisse son enfant reposer en paix.
Miraculeusement épargné par le séisme, le petit Baback Saeedi a succombé à la maladie le 6 janvier en début d’après-midi, en présence de sa mère Zahra (p10945 - Farooq Burney)
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Le décès de Baback a été le premier enregistré dans le nouvel hôpital de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui, depuis son ouverture le week-end passé, a assuré des soins à 686 patients blessés lors du séisme ou souffrant de divers autres maux (p10947 - Farooq Burney)
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