Les couleurs préférées de Mehrnaz sont
le jaune et le rouge. Comme tout enfant de son âge, cette
fillette de six ans aime jouer et dessiner, mais, pour le reste,
sa vie ne ressemble guère à celle de ses semblables.
Depuis maintenant douze jours, elle loge sous tente avec un
oncle. Sa mère, son père et ses deux sœurs
aînées ont péri dans le tremblement de terre
qui, le 26 décembre 2003, a détruit sa maison
et la plus grande partie de la ville de Bam.
Ce jour-là, ses parents avaient invité deux autres
familles pour une fête. Sur les treize personnes réunies
pour la circonstance, seuls trois enfants ont survécu.
“L’effondrement du toit avait créé
un appel d’air qui leur a permis de respirer. Ils étaient
emprisonnés dans un coin de la pièce”, raconte
Qanbar Hosseini, l’oncle qui les a sauvés. “Je
savais qu’ils étaient là, alors je me suis
obstiné dans mes recherches.”
Mehrnaz a été retrouvée un jour après
la catastrophe, blessée au visage, à côté
des corps de ses parents. “Je n’ai pas cessé
de secouer mes parents pour qu’ils se réveillent
et me fassent sortir de là”, raconte-t-elle. “J’ai
beaucoup crié et pleuré.” Lorsqu’elle
a vu son oncle, elle lui a montré les gravats et l’a
supplié de sauver son père et sa mère.
La tragédie de Bam a laissé environ 1850 enfants
orphelins ou sans nouvelles de leurs parents. Heureusement pour
Mehrnaz, d’autres membres de sa famille ont survécu
et l’ont prise en charge. Leur maison ayant également
été détruite, ils habitent pour le moment
dans deux tentes fournies par le Croissant-Rouge de l’Iran.
“Nous faisons tout notre possible pour que Mehrnaz ne
manque de rien. Nous nous sentons responsables de son sort,
parce qu’elle est l’unique rescapée de sa
famille”, explique son cousin, Abdulreza Hosseini.
La fillette passe beaucoup de temps à jouer avec sa cousine
Mahla, âgée de quatre ans. Avec un sourire, elle
déclare: “L’année prochaine, quand
j’aurai sept ans, j’irai à l’école
et me ferai de nouvelles amies.”
Les deux garçons sauvés des décombres de
sa maison ont été accueillis chez des parents
dans des villages des environs.
Avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge,
le Croissant-Rouge de l’Iran s’efforce de retrouver
la trace de personnes portées disparues et de réunir
les familles séparées.
S’agissant des enfants qui n’ont plus personne pour
s’occuper d’eux, il s’emploie, avec le concours
de la Fédération internationale, à leur
fournir hébergement, soutien psychologique, éducation
et autres soins.
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| Mehrnaz
a perdu ses parents et ses deux sœurs aînées
dans le tremblement de terre de Bam (p11003)
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Mehrnaz
en compagnie de son oncle qui l’a retirée
des décombres de sa maison (p11002).
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| Le
Croissant-Rouge de l’Iran prend soin des enfants
touchés par la catastrophe, en particulier des
quelque 1850 d’entre eux qui n’ont plus de
famille (p11005) |
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