Enfant,
inspiré par la vision d’un homme courageux prêt
à tout pour protéger son peuple et servir son
pays, Zarkasyi rêvait de devenir soldat. Il n’est
pas devenu soldat, mais il a néanmoins accompli, sous
une forme différente, sa vocation de servir la communauté.
Agé aujourd’hui de 36 ans, il travaille depuis
plus de dix ans comme volontaire à la Croix-Rouge indonésienne
et a déjà eu à maintes reprises l’occasion
de remplir sa mission de “soldat humanitaire” dans
des situations d’urgence.
Quand le terrible tsunami a frappé sa ville natale de
Meulaboh, sur la côte occidentale de la province d’Aceh,
le 26 décembre dernier, Zarkasyi a été
parmi les premiers à se porter au secours de ses voisins.
Aussitôt après avoir mis en sûreté
sa femme et leurs deux enfants, il est retourné sur le
théâtre de la dévastation pour tenter de
sauver les rescapés prisonniers des amas de boue et de
décombres.
Réalisant que des centaines de personnes avaient été
emportées par la gigantesque vague, il a décidé
de se mettre en congé de son emploi de fonctionnaire
afin de consacrer tout son temps aux efforts d’assistance.
Quatre mois plus tard, il continue de distribuer des secours
aux sinistrés et d’aider à rechercher les
personnes portées manquantes, parmi lesquelles ses propres
parents.
Le gouvernement ayant confié à la Croix-Rouge
indonésienne la tâche de retrouver les disparus
et de récupérer les corps des victimes, Zarkasyi
consacre toutes ses journées à cette activité
particulièrement éprouvante.
“J’estime qu’il est de mon devoir de tout
faire pour tenter d’élucider le sort des disparus,
qu’ils soient vivants ou morts, afin que leurs familles
retrouvent la paix de l’esprit”, déclare-t-il.
Avec son équipe de trente volontaires, il a déjà
recueilli plus de 4600 cadavres, en majorité des enfants.
Malgré les indispensables précautions –
vaccin contre le tétanos, gants et masque de protection
– Zarkasyi confesse que ce travail présente de
sérieux risques sanitaires, les corps étant à
des stades plus ou moins avancés de décomposition.
“Mais leur état n’enlève rien au fait
que ce sont toujours des êtres humains à qui nous
devons le respect”, affirme-t-il avec force. “Il
est essentiel qu’ils soient rendus à leurs familles
ou qu’ils reçoivent une sépulture digne
lorsque l’identification est impossible.”
Membre de l’équipe de Zarkasyi et volontaire à
la Croix-Rouge indonésienne depuis plus de six ans, Faisal
Mulyadi, qui a lui-même perdu sa mère et un jeune
frère dans la catastrophe, fait écho aux paroles
de son collègue.
“C’est un drôle de travail que nous faisons
là. A chaque fois que nous retrouvons un corps, nous
éprouvons un sentiment mêlé de tristesse
et de joie. De tristesse, parce qu’une vie a été
brutalement enlevée, de joie, car nous allons pouvoir
rendre sa dignité au disparu.”
Zarkasyi et ses collègues ne sont pas près de
manquer de travail. Capitale du district d’Aceh Barat,
Meulaboh comptait environ 140 000 habitants avant la catastrophe;
40 233 ont péri, 2911 sont toujours portés disparus
et 56 497 ont perdu leur foyer.
A ce jour, la Fédération internationale et ses
Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
ont fourni une assistance à 12 928 familles (plus de
64 000 personnes) du district, sous forme de secours alimentaires
et non alimentaires, de services de santé et de soutien
psychologique. Jelma de la Peña, qui dirige le bureau
de la Fédération à Meulaboh, précise
que son équipe continue d’évaluer les besoins
d’urgence et de relèvement dans les zones sinistrées,
en étroite collaboration avec les membres de la Croix-Rouge
indonésienne et des autres Sociétés nationales
engagées dans l’opération.
|
 |
 |
|
Quand
le tsunami a frappé sa ville natale de Meulaboh,
Zarkasyi a été parmi les premiers à
se porter au secours de ses voisins. Il continue aujourd’hui
encore de servir sa communauté (p12853)
|
|
|
|
|
 |
|
Zarkasyi
et ses collègues volontaires de la Croix-Rouge
indonésienne poursuivent l’éprouvante
tâche de la recherche des cadavres parmi les décombres
de Meulaboh (p12856)
|
|
 |
|
“Quand
nous retrouvons le corps d’une victime, nous pouvons
lui rendre sa dignité”, déclare Faisal
Mulyadi, volontaire à la Croix-Rouge indonésienne
(p12855)
|
|
 |
|
Après une dure journée de travail, Zarkasyi
et son collègue Faisal Mulyadi s’accordent
un moment de répit au camp de la Fédération
internationale (p12854)
|
|