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Un “soldat humanitaire” rend leur dignité aux morts de Meulaboh
12 mai 2005
Teresita P. Usapdin à Meulaboh
Enfant, inspiré par la vision d’un homme courageux prêt à tout pour protéger son peuple et servir son pays, Zarkasyi rêvait de devenir soldat. Il n’est pas devenu soldat, mais il a néanmoins accompli, sous une forme différente, sa vocation de servir la communauté. Agé aujourd’hui de 36 ans, il travaille depuis plus de dix ans comme volontaire à la Croix-Rouge indonésienne et a déjà eu à maintes reprises l’occasion de remplir sa mission de “soldat humanitaire” dans des situations d’urgence.

Quand le terrible tsunami a frappé sa ville natale de Meulaboh, sur la côte occidentale de la province d’Aceh, le 26 décembre dernier, Zarkasyi a été parmi les premiers à se porter au secours de ses voisins. Aussitôt après avoir mis en sûreté sa femme et leurs deux enfants, il est retourné sur le théâtre de la dévastation pour tenter de sauver les rescapés prisonniers des amas de boue et de décombres.

Réalisant que des centaines de personnes avaient été emportées par la gigantesque vague, il a décidé de se mettre en congé de son emploi de fonctionnaire afin de consacrer tout son temps aux efforts d’assistance.

Quatre mois plus tard, il continue de distribuer des secours aux sinistrés et d’aider à rechercher les personnes portées manquantes, parmi lesquelles ses propres parents.

Le gouvernement ayant confié à la Croix-Rouge indonésienne la tâche de retrouver les disparus et de récupérer les corps des victimes, Zarkasyi consacre toutes ses journées à cette activité particulièrement éprouvante.

“J’estime qu’il est de mon devoir de tout faire pour tenter d’élucider le sort des disparus, qu’ils soient vivants ou morts, afin que leurs familles retrouvent la paix de l’esprit”, déclare-t-il. Avec son équipe de trente volontaires, il a déjà recueilli plus de 4600 cadavres, en majorité des enfants.

Malgré les indispensables précautions – vaccin contre le tétanos, gants et masque de protection – Zarkasyi confesse que ce travail présente de sérieux risques sanitaires, les corps étant à des stades plus ou moins avancés de décomposition.

“Mais leur état n’enlève rien au fait que ce sont toujours des êtres humains à qui nous devons le respect”, affirme-t-il avec force. “Il est essentiel qu’ils soient rendus à leurs familles ou qu’ils reçoivent une sépulture digne lorsque l’identification est impossible.”

Membre de l’équipe de Zarkasyi et volontaire à la Croix-Rouge indonésienne depuis plus de six ans, Faisal Mulyadi, qui a lui-même perdu sa mère et un jeune frère dans la catastrophe, fait écho aux paroles de son collègue.

“C’est un drôle de travail que nous faisons là. A chaque fois que nous retrouvons un corps, nous éprouvons un sentiment mêlé de tristesse et de joie. De tristesse, parce qu’une vie a été brutalement enlevée, de joie, car nous allons pouvoir rendre sa dignité au disparu.”

Zarkasyi et ses collègues ne sont pas près de manquer de travail. Capitale du district d’Aceh Barat, Meulaboh comptait environ 140 000 habitants avant la catastrophe; 40 233 ont péri, 2911 sont toujours portés disparus et 56 497 ont perdu leur foyer.

A ce jour, la Fédération internationale et ses Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont fourni une assistance à 12 928 familles (plus de 64 000 personnes) du district, sous forme de secours alimentaires et non alimentaires, de services de santé et de soutien psychologique. Jelma de la Peña, qui dirige le bureau de la Fédération à Meulaboh, précise que son équipe continue d’évaluer les besoins d’urgence et de relèvement dans les zones sinistrées, en étroite collaboration avec les membres de la Croix-Rouge indonésienne et des autres Sociétés nationales engagées dans l’opération.
Quand le tsunami a frappé sa ville natale de Meulaboh, Zarkasyi a été parmi les premiers à se porter au secours de ses voisins. Il continue aujourd’hui encore de servir sa communauté (p12853)

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