Avec le lever du soleil commence une nouvelle journée
de distributions pour les équipes de secours de la Croix-Rouge
sur le littoral oriental du Sri Lanka. À Ampara, on a
récemment mis en oeuvre une phase de relèvement
comportant la fourniture d’articles de première
nécessité au bénéfice de 1000 à
1500 familles par jour.
“La Croix-Rouge nous a beaucoup aidés”, déclare
Markantu Yukearswan. Avec sa femme et leurs deux enfants, ils
font partie des 1144 familles qui bénéficieront
aujourd’hui d’une distribution de produits de première
nécessité dans un camp provisoire. Six jours par
semaine, l’équipe locale de la Croix-Rouge fournit
des articles d’hygiène et des assortiments pour
bébés aux sinistrés d’Ampara. Avec
plus de 10 000 morts, ce district a été le plus
durement touché du pays par le terrible tsunami de décembre
2004.
L’équipe d’Ampara a progressivement mis en
place un système très élaboré de
distributions de secours. Chaque jour, les résidents
des trois divisions administratives locales sont dirigés
par les volontaires de la Croix-Rouge du Sri Lanka vers trois
secteurs différents bien délimités où
ils reçoivent les cartes d’enregistrement qui leur
donneront droit à des colis d’articles d’hygiène.
Pendant ce temps, des volontaires de la Société
nationale et de la Croix-Rouge danoise spécialisés
dans le soutien psychosocial encadrent de petits groupes d’enfants
dans un espace réservé où ont été
installés des nattes et des jouets. Bientôt, les
enfants bavardent familièrement avec eux, se lancent
des balles en plastique, jouent au cricket, soufflent dans des
ballons gonflables, pendant que d’autres volontaires parcourent
tranquillement les files d’attente, accompagnant les personnes
âgées et les femmes enceintes aux premiers rangs.
Tout témoigne d’un profond souci du bien-être
des bénéficiaires, à commencer par le choix
d’un petit bosquet d’arbres pour les protéger
des ardeurs du soleil.
“La participation aux distributions nous permet de faire
plus ample connaissance avec les gens, de leur prodiguer informations
et conseils, et de cerner plus précisément leurs
besoins psychosociaux”, note K. L. Nusath, coordinateur
du programme de soutien psychosocial de la Croix-Rouge du Sri
Lanka et de la Croix-Rouge danoise. “En étant présents
ici, nous pouvons aussi leur offrir d’autres formes d’assistance.
Si, par exemple, un homme a perdu son emploi, je peux le renseigner
sur les programmes de soutien aux moyens de subsistance. De
même, quand nous voyons une femme enceinte, nous lui demandons
si elle a consulté un médecin et, dans la négative,
nous l’adressons à la clinique”, ajoute-t-il.
La qualité de l’encadrement se vérifie lorsqu’un
frémissement dans une file d’attente attire l’attention
de l’équipe. Une femme âgée vient
de perdre connaissance. Aussitôt, les volontaires apportent
un matelas et allongent la patiente en surélevant ses
jambes au moyen d’une chaise. Tharanga Pradeep, coordinateur
des secours de la Croix-Rouge du Sri Lanka à Ampara,
prend son pouls et conclut qu’elle a besoin d’une
assistance médicale. Ce diagnostic déclenche une
nouvelle mobilisation parmi les volontaires qui, avec le concours
de Tracy Raines, déléguée de la Croix-Rouge
américaine, portent la vieille femme jusqu’à
un véhicule Croix-Rouge, lequel s’ébranle
aussitôt en direction du plus proche hôpital. Avec
tout cela, les volontaires de la Croix-Rouge n’ont pas
oublié d’enregistrer les documents de la femme
et de sa fille, à qui ils ont donné l’assurance
que ses colis de secours seraient mis de côté jusqu’à
son retour de l’hôpital.
A quelques mètres de là, le travail s’est
poursuivi sans la moindre perturbation. Mme S. Vigneswari, récemment
rentrée de Djeddah, en Arabie saoudite, où elle
travaillait à l’époque de la catastrophe,
attend son tour pour se faire enregistrer. “J’ai
perdu mon unique petit-fils dans le tsunami”, raconte-t-elle,
ajoutant que la maison de sa fille a été détruite.
Sans emploi et avec sa fille à charge, la vie n’est
pas facile. “L’assistance de la Croix-Rouge est
la bienvenue, elle nous procure toutes sortes de produits dont
nous manquons cruellement.”
Mme M. Poornama, une femme d’un certain âge, mère
de sept enfants, s’agenouille par terre, les mains posées
sur son colis de la Croix-Rouge. A son tour elle nous raconte
comment elle a perdu mari et foyer dans la tragédie.
A l’évocation du disparu, ses yeux s’emplissent
de larmes. “Les distributions de la Croix-Rouge nous sont
d’un grand secours”, déclare-t-elle. “Elles
pourvoient à nos besoins les plus pressants et nous permettent
d’aller de l’avant.”
En quelques heures à peine, 1144 familles ont reçu
leurs assortiments d’articles d’hygiène.
Quelques volontaires de la Croix-Rouge du Sri Lanka restent
sur place, attendant le retour de la fille de la femme victime
d’un malaise afin de lui remettre ses colis. Par bonheur,
l’alerte est passée et la mère se remet
tranquillement à l’hôpital.
Le succès des opérations de secours et de relèvement
à Ampara s’explique en bonne partie par l’engagement
et l’étroite coopération de toutes les composantes
du Mouvement: le CICR, la Fédération internationale
ainsi que les Sociétés nationales américaine,
danoise et, surtout sri-lankaise, dont les volontaires et les
employés ont été mobilisés dès
la première heure.
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L’équipe
de secours de la Croix-Rouge à Ampara, à
l’est du Sri Lanka, a récemment démarré
la phase de relèvement de son opération
d’assistance au bénéfice des victimes
du tsunami. Chaque jour, elle distribue des articles essentiels
à quelque 1000 à 1500 familles. Photo: Fédération
internationale (p12949)
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Pendant
toute la durée des distributions de secours, des
volontaires de la Croix-Rouge veillent sur les enfants
et organisent des jeux à leur intention.Photo:
F édération internationale (p12950)
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