Une
des priorités de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
au lendemain du tsunami a consisté à fournir des
abris temporaires aux milliers de personnes déplacées.
Maintenant que l’urgence cède la place aux efforts
de relèvement de longue haleine, la construction de logements
permanents va pouvoir démarrer.
C’est la saison de la mousson au Sri Lanka. Tout le long
du littoral, on peut voir chaque jour des files de centaines
de personnes attendant patiemment, dans une chaleur accablante,
de recevoir des secours de la Croix-Rouge. Leurs visages ouverts
et souriants ne laissent rien deviner de l’horreur qu’ils
ont vécue.
Dans le district d’Ampara, au sud du pays, des dizaines
de huttes provisoires jalonnent la route côtière,
à quelques mètres en retrait des ruines de la
ville de Komari, autrefois si pittoresque. Ces huttes et les
tentes qui les entourent forment un camp pour personnes déplacées
comme il en existe des dizaines sur le littoral sri-lankais.
Amerasingham Thangarasa, un ouvrier proche de la cinquantaine,
partage un abri en bois couvert de tôle avec sa femme
Wimala et leurs dix enfants. En dépit de la précarité
de sa situation, il est heureux que sa famille soit sauve et
en sécurité grâce à l’assistance
fournie par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.
Amerasingham habitait à Komari, à une trentaine
de mètres du rivage. Quand le tsunami a balayé
la côte ce funeste dimanche matin de décembre 2004,
il était parti chercher du travail. Sa femme et ses enfants
ont pu échapper à la fureur de l’océan,
mais la maison a été totalement détruite.
Tharanga Pradeep, coordinateur des secours de la Croix-Rouge
du Sri Lanka à Ampara, rapporte que, dans les 48 heures
qui ont suivi la tragédie, les volontaires de la Société
nationale ont sillonné le district en tous sens afin
de porter assistance aux sinistrés. Une des priorités
consistant à procurer des abris aux rescapés,
ils ont rapidement entrepris de distribuer des tentes, des matelas,
des jerricanes pour l’eau et des ustensiles de cuisine.
La tente qui avait été allouée à
Amerasingham et à sa famille flanque la hutte édifiée
depuis lors. Elle sert aujourd’hui à abriter les
maigres biens récupérés dans la maison
en ruine et quelques articles de secours fournis par la Croix-Rouge.
Chaque jour, Amerasingham se promène dans le camp, saisissant
le moindre emploi qui se présente et aidant les autres
résidents à aménager leurs foyers provisoires.
Tout en étant parfaitement conscient de la chance qu’a
eu sa famille, il n’en est pas moins inquiet pour l’avenir.
Son fils aîné, au moins, a trouvé du travail
à Colombo, la capitale, et il envoie régulièrement
un peu d’argent pour améliorer l’ordinaire.
Par ailleurs, de nombreux anciens voisins ont également
survécu et résident dans le même camp, ce
qui entretient un certain sentiment de sécurité
et de familiarité. Néanmoins, la situation reste
précaire et Amerasingham se fait beaucoup de souci pour
ses enfants, dont l’âge s’échelonne
de 3 à 22 ans. La plupart fréquentent une école
voisine, mais l’un d’eux reste encore très
choqué par la catastrophe et a toujours peur de l’océan.
Accroupi à l’abri d’un immense arbre, Amerasingham
regarde ses enfants jouer. Son désir le plus cher est
de pouvoir bientôt leur offrir à nouveau un véritable
foyer. Il n’aura peut-être pas trop longtemps à
patienter, la Fédération internationale ayant
entrepris de bâtir des maisons pour quelque 15 000 familles
déplacées par le tragique tsunami.
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Amerasingham,
sa femme Wimala et trois de leurs dix enfants devant la
hutte qui abrite provisoirement la famille à Komari,
sur la côte orientale du Sri Lanka. Photo: Fédération
internationale (p12951)
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