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la suite du terrible tsunami du 26 décembre 2004 qui
a causé la mort de milliers d’Indonésiens,
la Croix-Rouge de Timor-Est a décidé de venir
en aide à ses anciens compatriotes et nouveaux voisins.
En avril 2005, elle a détaché à Simeulue
une équipe spécialisée dans l’approvisionnement
en eau et l’assainissement, mettant ainsi sur pied la
première mission à l’étranger de
la Croix-Rouge de la plus jeune nation de la planète.
Quand João Pinto Suarez, aujourd’hui technicien
à la Croix-Rouge de Timor-Est, était âgé
de huit ans, la Croix-Rouge indonésienne avait amené
des vivres dans son village en proie à la famine. “Mon
coeur avait été touché par l’action
de la Croix-Rouge”, raconte-t-il. “Je m’étais
promis que je rejoindrais un jour ses rangs. Je voulais aider
d’autres gens, comme la Croix-Rouge indonésienne
l’avait fait pour ma famille à Timor-Est.”
Il y a dix ans, João s’est effectivement enrôlé
à la Croix-Rouge indonésienne, au sein de la section
de Timor-Est, où il a reçu une formation spécialisée
dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement
et dans l’hygiène publique. Cinq années
plus tard, il a pu mettre ses compétences au service
de la Croix-Rouge de Timor-Est créée en 2000 sous
les auspices du Comité international de la Croix-Rouge
(CICR), deux ans avant que cette ancienne colonie portugaise
ne devienne officiellement membre de l’Organisation des
Nations Unies.
C’est ainsi que João a pris part à la première
mission internationale de la Croix-Rouge de Timor-Est suite
au séisme et au tsunami de décembre dernier puis
à la violente réplique qui a secoué certaines
régions de l’Indonésie en mars 2005. Ce
faisant, il a trouvé l’occasion rêvée
de venir en aide à ses anciens compatriotes et nouveaux
voisins, tout comme la Croix-Rouge indonésienne l’avait
fait autrefois pour sa propre communauté.
Début avril, il s’est rendu en compagnie de collègues
de sa Société nationale, de la Croix-Rouge australienne
et de la Croix-Rouge indonésienne sur l’île
de Simeulue, où il a participé à une mission
d’évaluation de trois semaines en vue de futurs
programmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement,
tout en faisant bénéficier les volontaires locaux
et autres membres des communautés locales de ses connaissances
spécialisées.
“Quand nous sommes arrivés à Simeulue”,
raconte-t-il, “j’ai été atterré
par l’ampleur de la désolation.” L’équipe
a trouvé le bureau local de la Croix-Rouge indonésienne
gravement endommagé par les séismes, y compris
la violente réplique du 28 mars dont l’épicentre
avait été localisé à la pointe sud-orientale
de l’île. “Nous nous sommes installés
sous tente à l’extérieur du bâtiment
parce que c’était plus sûr en raison des
dégâts et du fait que la terre continuait de trembler
à intervalles rapprochés.”
Arrivés à Simeulue sur un vol de la Fédération
internationale, João et ses collègues ont dû
rallier par bateau les différentes communautés
sinistrées, les routes et les ponts de l’île
ayant été rendus impraticables par les séismes
et les raz-de-marée. Le capitaine du bateau avait lui-même
perdu sa maison lors du tsunami qui a frappé Simeulue
avec la même violence qu’ailleurs, même si
les pertes humaines ont été relativement réduites,
avec moins de dix morts seulement. Ce bilan modeste s’expliquerait
par le fait que les habitants ont su reconnaître les signes
avant-coureurs de la catastrophe et réagir de la manière
appropriée, grâce à la transmission orale
d’un ancien événement similaire. Les dommages
matériels, au demeurant, ont été considérables.
L’équipe de la Croix-Rouge a vécu à
bord du bateau treize jours durant, tout en s’employant
à mesurer les dégâts et à déterminer
avec les sinistrés la nature de leurs besoins prioritaires,
notamment en matière d’approvisionnement en eau
et d’assainissement. Ces évaluations ont couvert
une vingtaine de villages. Selon João, la qualité
de l’eau y était très médiocre. “L’eau
de Simeulue est très sale et impropre à la consommation,
parce que les sources ont été polluées
à cause des secousses sismiques”, explique-t-il.
L’équipe a localisé six emplacements potentiels
pour la mise en service de réseaux d’adduction
par gravité. Dans ce type de réseau, l’eau
s’écoule naturellement depuis la source jusqu’en
bout de chaîne, sans pompe ni traitement. Même lorsque
l’eau est purifiée avant distribution, la Croix-Rouge
encourage quoi qu’il en soit les utilisateurs à
faire bouillir systématiquement l’eau destinée
à la boisson et à la cuisine.
João et ses collègues ont également identifié
trois autres systèmes d’approvisionnement en eau
sérieusement endommagés par les séismes
et par le manque d’entretien, mais qui méritaient
néanmoins d’être remis en état. Encore
une fois, João insiste sur son désir de payer
en retour les indonésiens pour ce qu’ils avaient
transmis à Timor-Est. “Nous voulions apprendre
aux volontaires et aux villageois à mettre en place des
systèmes très simples, comme nous le faisons dans
mon pays où les membres de la communauté prennent
part à tout le processus. En participant à chaque
étape du travail, on apprend à faire fonctionner
le système et, par conséquent, à le réparer
en cas de besoin.”
João Pinto Suarez est satisfait de ce qu’il a pu
accomplir en si peu de temps au nom de la Croix-Rouge de Timor-Est
dans le cadre de sa première mission internationale.
À titre personnel, je suis heureux d’avoir pu me
rendre utile, parce que les indonésiens sont les plus
proches voisins des timorais”, conclut-il.
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En
mars 2005, une violente réplique a secoué
les îles de Nias et Simeulue, déjà
durement éprouvées par le séisme
de décembre 2004. La Croix-Rouge de Timor-Est a
mis sur pied sa première mission à l’étranger
afin de porter assistance aux sinistrés. Photo:
Fédération internationale (p-IDN0423)
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Fournir
à la population de Simeulue une eau propre à
la consommation est le principal objectif du projet mené
conjointement par la Croix-Rouge de Timor-Est et la Croix-Rouge
australienne. Photo: Fédération internationale
(p12955)
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