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Volontaire sans frontières, du Soudan au Tchad
7 juillet 2005
Rosemarie North à Hadjer Hadid, dans l’est du Tchad
Jusqu’au début de 2004, Adam Mahamat Dahab, 51 ans, était président de la section du Darfour du Croissant-Rouge soudanais. Une nuit de février, à 4 heures du matin, son village de Terbeba a été attaqué. Il s’est enfui avec sa famille et de nombreux autres habitants du village. Pendant six mois, il a vécu à la frontière entre le Soudan et le Tchad avec ses trois épouses et leurs neuf enfants.

Ensuite, la famille a eu la chance d’être transférée au camp qui venait de s’ouvrir à Tréguine. Administré par la Croix-Rouge, celui-ci héberge aujourd’hui quelque 14 500 réfugiés de la province soudanaise du Darfour. C’est là que l’engagement humanitaire antérieur d’Adam a refait surface.

“Quand je suis arrivé ici, les gens avaient besoin d’aide. Ils ont toujours besoin d’aide. C’est pourquoi j’ai décidé de faire ce que je faisais déjà avant de fuir mon pays.” Au Soudan, Adam avait suivi une formation aux premiers secours et appris comment prévenir des maladies potentiellement mortelles comme la poliomyélite, la tuberculose et la rougeole. “Je ne fais que continuer ici le travail que je faisais au Soudan”, commente Adam, qui s’est porté volontaire au sein du service de santé du camp de Tréguine.

“Ici”, poursuit-il, “nous sommes confrontés aux mêmes problèmes: coqueluche, fièvre et autres maladies chroniques. Pour limiter les risques, nous nous efforçons de promouvoir une bonne hygiène et d’identifier les enfants qui requièrent des soins, en les faisant hospitaliser lorsque c’est nécessaire. Mon but, comme volontaire, est d’éradiquer toutes les maladies présentes dans le camp, aussi bien parmi les enfants que parmi les adultes.”

Montrant son badge d’identification de la Croix-Rouge du Tchad, Adam affirme qu’il se sent parfaitement à l’aise dans cette organisation, bien qu’il ait troqué le croissant contre la croix. “Cela ne fait aucune différence”, déclare-t-il. “La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge font partie du même mouvement. Ils poursuivent les mêmes objectifs et accomplissent les mêmes tâches.”

Adam juge tout naturel de représenter sa communauté, expliquant que ses voisins du village de Terbeba ont eu beaucoup de mal à s’adapter à la vie du camp. Contraints de fuir en hâte dans la nuit, les habitants n’ont pas pu emporter les biens qui leur auraient rendu l’exil plus facile, et ils n’ont guère l’occasion de gagner de l’argent pour faire des achats sur le marché de la ville voisine, Hadjer Hadid, où les échanges se font en devises soudanaises.

Au camp, les réfugiés reçoivent le minimum vital: 2100 calories par personne et par jour. Les rations sont prévues pour durer deux semaines dans une chaleur étouffante et sous la menace permanente des termites et autres parasites. C’est pourquoi elles ne comprennent ni viande fraîche, ni fruits, ni légumes verts. Certains réfugiés troquent une partie de leurs rations au marché contre des aliments frais et autres produits essentiels.

“Nous sommes perturbés, parce que nous avons changé de régime alimentaire. Certains d’entre nous mangent mal, parce qu’ils revendent leurs rations pour s’acheter d’autres denrées. Tous les réfugiés voudraient avoir davantage de légumes et de viande.”

Dans le camp, Adam s’efforce de résoudre les différends parmi ses compagnons. “Il y a beaucoup d’habitants de Terbeba, à Tréguine. J’ignore leur nombre exact. Quand un problème se présente, j’essaie de calmer les esprits.”

Eelko Brouwer, chef de la délégation de la Fédération internationale au Tchad, souligne que des individus comme Adam sont une source d’inspiration. “L’élément humain est ce qui compte le plus pour nous dans le Mouvement”, explique-t-il.

“C’est très encourageant de voir que les gens gardent leur foi dans nos principes fondateurs même quand ils ont dû fuir leur foyer parce que ces mêmes principes avaient été violés. Je crois qu’il y a là un message essentiel pour tous les partenaires du Mouvement, à savoir, que nous ne devons pas nous arrêter aux frontières. Nous devrions coordonner nos efforts au Soudan et au Tchad afin de faciliter le retour au pays d’Adam et de tous ses compagnons d’exil.”

En attendant, Adam a beaucoup à faire. Un problème le préoccupe tout particulièrement: les mouches qui grouillent partout et harcèlent en permanence les habitants du camp. Il espère trouver une solution, peut-être en vaporisant les latrines et les tentes.

“Tout ce qui est de nature à porter atteinte à la santé des habitants du camp est pour moi inacceptable”, commente-t-il.
“La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge font partie du même mouvement. Ils poursuivent les mêmes objectifs et accomplissent les mêmes tâche”, déclare Adam.
“La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge font partie du même mouvement. Ils poursuivent les mêmes objectifs et accomplissent les mêmes tâche”, déclare Adam. (p1299)
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Les volontaires de la Croix-Rouge, dont beaucoup sont eux-mêmes des réfugiés, veillent sur la santé de tous les exilés soudanais au Tchad, comme ici au centre de nutrition du camp de Tréguine. (p13000)
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