Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC) Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC)
Rechercher :

Nouvelles
 
IMPRIMER
Accueil nouvelles
Nouvelles
Communiqués
de presse
Discours
Points de vue
Audio et vidéo
Situation critique pour des millions de Kenyans frappés par la sécheresse
28 décembre 2005
Anthony Mwangi, nord-est du Kenya
Suite au manque de précipitations durant la saison humide qui s’étend d’octobre à décembre, quelque 2,5 millions d’habitants du nord-est du Kenya ont un urgent besoin de nourriture et d’autres formes d’assistance. Environ 30 pour 100 du bétail a déjà péri et, dans le seul district de Mandera, 95 pour 100 des puits, des réservoirs et autres plans d’eau de surface sont à sec. En consultation avec la Croix-Rouge du Kenya, la Fédération internationale prépare un appel international qui sera lancé dans les jours à venir.

Dans chacun des villages poussiéreux traversés par le convoi de véhicules, l’atmosphère est imprégnée de la puanteur des carcasses d’animaux. Suite au manque de précipitations, la situation est critique dans les régions de Mandera et Wajir, au nord-est du Kenya. Les moyens de subsistance et les vies de milliers d’éleveurs nomades sont gravement menacés.

En 2004, plus d’un million d’habitants de dix-huit districts avaient déjà eu besoin d’une aide alimentaire à cause de la sécheresse. Depuis, la pluie a continué de faire défaut et ce sont maintenant quelque 2,5 millions de personnes qui nécessitent d’urgence de la nourriture et autres formes d’assistance.

Une équipe d’évaluation a parcouru le 22 décembre 2005 les districts de Mandera et Wajir afin de déterminer les besoins consécutifs à la sécheresse. Elle se composait de Laban Kitele, président du comité de gestion des catastrophes de la Croix-Rouge du Kenya, de Farid Abdulkadir, directeur du département de la préparation et des interventions en cas de catastrophe, du ministre kenyan des Programmes spéciaux (en charge des catastrophes), de députés des districts affectés et de fonctionnaires gouvernementaux.

“Trente pour cent du bétail a déjà succombé et le reste du cheptel est gravement menacé”, rapportait alors Waweru Kimani, fonctionnaire du district de Mandera. “Il est à craindre que la sécheresse s’aggrave dans les semaines à venir, car on n’attend pas de pluie avant avril 2006”, ajoutait-il.

Boniface Musila, de l’hôpital de Mandera, signalait pour sa part que dix personnes, en majorité des enfants, avaient déjà succombé à des complications liées à la malnutrition. “D’autres mourront si les secours ne sont pas immédiatement mis en oeuvre”, avertissait-il.

Il n’existe qu’un seul centre de thérapie nutritionnelle à Mandera et sa capacité d’accueil est normalement limitée à 40 enfants. “Soixante enfants sont actuellement hospitalisés au centre pour des problèmes de malnutrition aiguë, de kwashiorkor (une forme de malnutrition causée par une carence de protéines), de dysenterie et de diarrhée résultant de la sécheresse”, poursuivait le docteur Musila.

Un rapport gouvernemental note que le pourcentage d’enfants menacés ou souffrant de malnutrition est sensiblement supérieur à la normale. Certains enfants sont en soins intensifs et leurs familles, cruellement démunies, sont contraintes de payer de coûteux traitements.

Le docteur Musila appelle à une intervention extérieure d’urgence. “La situation n’est pas simplement mauvaise, elle est réellement désastreuse. Nous avons un besoin pressant d’assistance dans nos centres de santé et de nourriture pour les adultes. Il est également impératif de sauver un maximum d’animaux d’élevage.”

Craignant que la crise n’entraîne des affrontements entre les différentes communautés aux rares points d’eau encore alimentés, le docteur Musila souligne que des fonds sont requis dans les plus brefs délais pour creuser des puits instantanés et mettre en place des réservoirs à travers tout le district. De fait, suite à la médiocrité des précipitations saisonnières entre octobre et décembre, 95 pour 100 des puits, réservoirs et autres plans d’eau de surface de Mandera sont à sec et les maigres réserves ne suffisent plus aux besoins combinés du bétail et des humains.

Dans certains secteurs dépourvus de puits instantanés et de services de livraison par camions-citernes, la distance à parcourir pour s’approvisionner, qui varie d’ordinaire entre quatre et six kilomètres, a doublé. De même, le temps d’attente aux puits est passé de une à deux heures en temps normal à douze, voire dix-huit heures. De nombreuses familles en sont réduites à vendre leurs bêtes à moins de 10 pour 100 de leur valeur et, dans les grands centres, l’effondrement du marché du bétail a réduit à la misère de nombreux habitants.

Pour répondre à la crise, la Croix-Rouge du Kenya a débloqué 4 millions de Ksh (US$ 550 000 / € 465 000) afin de racheter des dromadaires, des vaches, des chèvres et des montons menacés de famine, d’améliorer le régime alimentaire des populations affectées et de les aider à subvenir aux besoins des animaux restants en attendant l’amélioration des pâtures et de l’approvisionnement en eau. Abbas Gullet, secrétaire général de la Société nationale, note que c’est la première fois que la Croix-Rouge du Kenya achète à des éleveurs des bêtes affamées.

“Cette option nous est apparue comme la plus appropriée pour aider les communautés pastorales à surmonter la crise, car elle ménage la dignité des bénéficiaires tout en leur donnant les moyens de subvenir à leurs besoins les plus pressants”, commente-t-il. Initialement mis en oeuvre dans le district de Mandera, ce programme sera bientôt étendu aux régions de Wagir Marasabit, Kagiado, Garissa et Espolo.

Abiba Bora, 55 ans, fait partie des nombreux éleveurs plongés dans le dénuement par la perte de son bétail. Hélas, le programme de rachat de la Croix-Rouge a été lancé trop tard pour sauver son troupeau. Avec vingt-et-un petits enfants à nourrir, elle ne sait pas où se tourner pour obtenir de l’aide. “Je ne sais pas ce que je vais faire à présent. J’ai peur que mes dernières chèvres ne périssent à leur tour”, déclare-t-elle.

Or, ces animaux sont l’unique ressource de la famille.

Même les dromadaires, qui peuvent tenir des semaines sans boire, commencent à mourir. “C’est un signe patent de la gravité de la situation”, observe Farid Abdulkadir, directeur du département de la préparation et des interventions en cas de catastrophe à la Croix-Rouge du Kenya. “Nous en appelons à tous les Kenyans pour fournir une aide alimentaire à leurs compatriotes sinistrés, en espérant que cette période de Noël incitera à la générosité toutes les personnes de bonne volonté”, commente-t-il.

La Croix-Rouge du Kenya continuera quoi qu’il en soit de faire tout son possible pour éviter que la sécheresse n’entraîne d’autres pertes. Premier partenaire du gouvernement pour l’opération d’assistance dans le district de Kwale, elle y assure actuellement des distributions de secours au bénéfice de quelque 87 000 personnes.

En plus de l’aide alimentaire, elle va mettre en place des livraisons d’eau pour les animaux et les humains et s’employer à construire ou remettre en état des systèmes d’approvisionnement.

Pour sa part, la Fédération international a débloqué plus de 425 000 francs suisses (€ 273 000 / US$ 325 000) de son Fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe afin de financer des aides immédiates et des évaluations détaillées des besoins. En consultation avec la Croix-Rouge du Kenya, elle prépare un appel international qui sera publié dans les jours à venir.
Suite au manque de précipitations durant la saison humide qui s’étend d’octobre à décembre, quelque 2,5 millions d’habitants du nord-est du Kenya ont un urgent besoin de nourriture et d’autres formes d’assistance.
Suite au manque de précipitations durant la saison humide qui s’étend d’octobre à décembre, quelque 2,5 millions d’habitants du nord-est du Kenya ont un urgent besoin de nourriture et d’autres formes d’assistance. Environ 30 pour 100 du bétail a déjà péri.(p13679)
LIENS CONNEXES
Activités au Kenya
Lire d'autres nouvelles
Dans certains secteurs dépourvus de puits instantanés et de services de livraison par camions-citernes, la distance à parcourir pour s’approvisionner, qui varie d’ordinaire entre quatre et six kilomètres, a doublé.
Dans certains secteurs dépourvus de puits instantanés et de services de livraison par camions-citernes, la distance à parcourir pour s’approvisionner, qui varie d’ordinaire entre quatre et six kilomètres, a doublé. De même, le temps d’attente aux puits est passé de une à deux heures en temps normal à douze, voire dix-huit heures. (p13679)
Abiba Bora, 55 ans, fait partie des nombreux éleveurs plongés dans le dénuement par la perte de son bétail.
Abiba Bora, 55 ans, fait partie des nombreux éleveurs plongés dans le dénuement par la perte de son bétail. (p13677)
IMPRIMER