Tremblement
de terre de Bam: un an après, des milliers de victimes ont
encore besoin d’un soutien psychologique
20
décembre 2004
Un
an après le terrible séisme du 26 décembre 2003
qui avait fait plus de 26.000 morts et près de 75.000 sans-abri,
détruisant à 85 % la ville de Bam, au sud-est de l’Iran,
des milliers de personnes souffrent toujours du choc psychologique
provoqué par la tragédie. Dans une agglomération
qui compte environ 120 000 habitants, il n’est pratiquement
pas un rescapé qui n’ait perdu un parent, un ami ou autre
proche.
L’impact psychologique de la catastrophe se traduit notamment
par des troubles du sommeil, l’incapacité à assumer
des fonctions sociales courantes, des crises de colère et des
violences domestiques, ainsi que par une augmentation dramatique de
la toxicomanie. Tous ces symptômes sont combattus grâce
à un programme novateur de soutien psychologique mis en place
par le Croissant-Rouge de l’Iran. Jamais avant l’opération
de Bam le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge n’avait
mobilisé une assistance psychologique immédiate d’une
telle ampleur en faveur d’une communauté sinistrée.
“Douze mois plus tard, les signes de dévastation sont
toujours évidents, non seulement dans les bâtiments,
mais aussi dans les esprits”, note Mohammed Mukhier, chef de
la délégation de la Fédération internationale
des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
en Iran. L’incorporation d’activités de soutien
psychologique dans une opération de secours dès la phase
initiale pourrait servir de modèle dans d’autres circonstances
similaires, estime le délégué.
“Notre expérience en Iran pourrait s’avérer
précieuse lors de futures catastrophes où qu’elles
se produisent, et nous devrions nous appliquer à fournir un
soutien psychologique non seulement aux victimes, mais aussi au personnel
de secours.”
Les membres des équipes de soutien psychologique du Croissant-Rouge
ont eu des entretiens avec plus de 20.000 sinistrés de Bam.
Immédiatement après la catastrophe, ils ont visité
près de 4.000 familles hébergées sous tentes
afin d’évaluer leurs besoins en la matière. Sur
les quelque 9.300 personnes pour lesquelles un encadrement a été
jugé nécessaire, plus de 5.600 ont bénéficié
à ce jour de séances individuelles ou collectives de
conseils.
Le programme de soutien psychologique comprend également des
thérapies de groupe, des ateliers de peinture, de couture et
d’informatique, ainsi que des activités de thérapie
par le jeu pour les enfants. Ces efforts bénéficient
de l’appui des Sociétés de la Croix-Rouge islandaise,
danoise et italienne et ils sont en grande partie financés
par l’ECHO, l’agence humanitaire de l’Union européenne.
“Le but des activités de groupe consiste à encourager
les gens à parler de leur expérience plutôt que
de la reléguer dans un coin obscur de leur cerveau”,
explique Madame Aghdas Coffee, responsable du programme du Croissant-Rouge
de l’Iran à Bam.
Aujourd’hui encore, on continue d’enregistrer de nouveaux
cas. Durant le mois de septembre 2004, un centre de conseil du Croissant-Rouge
à Bam a reçu 129 nouvelles personnes souffrant de troubles
de stress post-traumatique. Les problèmes psychologiques sont
exacerbés par l’augmentation de la consommation de drogue
observée à la suite de la catastrophe, consommation
favorisée par le fait que Bam se trouve sur la route de la
drogue en provenance de l’Afghanistan et du Pakistan.
D’une magnitude de 6,5 sur l’échelle de Richter,
le séisme de décembre 2003, dont l’épicentre
avait été localisé en plein coeur de cette cité
vieille de près de 3000 ans, avait réduit à l’état
de décombres 131 écoles et la totalité des établissements
de santé de l’agglomération. Avec l’appui
de la Fédération internationale et de Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du monde entier, le Croissant-Rouge
de l’Iran administre aujourd’hui l’hôpital
des urgences de Bam – à l’origine un hôpital
de campagne installé trois jours après la tragédie
par les Sociétés de la Croix-Rouge finlandaise et norvégienne.
Une fois reconstruit l’hôpital général,
cette structure temporaire sera reconvertie en une unité d’urgence
mobile qui pourra être déployée lors de futures
catastrophes, non seulement en Iran, mais aussi dans les pays voisins.
La Fédération internationale et le Croissant-Rouge de
l’Iran ont mobilisé des ressources internationales pour
la construction de dix écoles, d’un centre de santé
urbain qui devrait entrer en fonction durant le second semestre de
2005, ainsi que d’un poste de secours routier.
La Fédération internationale aide par ailleurs le Croissant-Rouge
de l’Iran à consolider ses programmes de préparation
aux catastrophes, à Bam et sur l’ensemble du territoire.
La Société nationale s’est engagée dans
un ambitieux programme de formation pour ses secouristes et a entrepris
de reconstituer ses stocks de secours d’urgence.
Comme le souligne Mohammed Mukhier, la priorité pour les mois
à venir demeure toutefois d’aider la population traumatisée
de Bam à soigner ses profondes blessures psychologiques.
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