Le docteur Lazar Paskuli parmi ses patients au centre culturel
de Zemun, à Belgrade. “Tant que je viendrai ici,
le monde aura encore un sens”, déclare ce médecin
âgé de 72 ans.
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Contemplant Belgrade depuis son modeste appartement au huitième
étage d’un immeuble, Slavka Sermats ne peut s’empêcher
de songer que, parmi les deux millions d’habitants de
la capitale serbe, bien peu ont connaissance de son existence
– et encore moins s’en soucient. (p9083)
Slavka en compagnie de sa voisine Zhivka et de Jelica, une volontaire
de la Croix-Rouge qui lui rend visite une fois par semaine.
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Slavka en compagnie de sa voisine Zhivka
et de Jelica, une volontaire de la Croix-Rouge qui lui rend
visite une fois par semaine. (p9084)
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Assistance vitale pour les personnes âgées de Belgrade
28 février 2003
par Rita Plotnikova, Belgrade
Chaque lundi, le docteur Lazar Paskuli,
âgé de 72 ans, se rend au centre culturel du quartier de Zemun. Depuis
qu'il a pris sa retraite en 1995, ce volontaire de la Croix-Rouge
y retrouve ses contemporains, auxquels il offre ses compétences et
sa compassion. "Souvent, remarque-t-il, une bonne conversation philosophique
est le meilleur des remèdes pour les maux que sont la vieillesse et
la solitude."
Dans les pays balkaniques, aux prises avec la douloureuse transition
vers l'économie de marché, l'insécurité sociale s'accentue d'année
en année, en particulier pour les personnes âgées. En Serbie et au
Monténégro, les plus de 65 ans représentent aujourd'hui 15,7 % de
la population. Selon des études récentes, 59,5 % des retraités vivent
en dessous du seuil de pauvreté et, parmi eux, 52 % n'ont pas les
moyens d'acheter à manger et 47 % souffrent de maladies chroniques.
Bien que le gouvernement serbe ait mis en œuvre une Stratégie de réduction
de la pauvreté, il n'est pas en mesure de satisfaire tous les besoins
sociaux, aussi des pans entiers de la communauté restent-ils démunis
face à l'invalidité, la vieillesse ou la misère. En 2001, la Croix-Rouge
a relancé son programme d'aide à domicile conduit par des volontaires
qui visitent régulièrement des personnes âgées particulièrement vulnérables,
parmi lesquelles Slavka Sermats.
Chaque jour, Slavka contemple la ville depuis la fenêtre de sa petite
chambre au huitième étage d'un triste immeuble de banlieue. Sans doute
ne peut-elle s'empêcher de songer que, parmi les deux millions d'habitants
de la capitale serbe, bien peu ont connaissance de son existence -
et encore moins s'en soucient. Âgée de 75 ans, elle a une santé précaire
et n'a pas revu les membres de sa famille depuis leur exil vers d'autres
pays il y a maintenant treize ans.
Sa retraite mensuelle s'élève à environ 50 euros. "Je commence toujours
par payer mon loyer, mais, ensuite, il ne reste pas grand-chose."
Qu'est-ce qui est le plus dur dans son existence? "La vieillesse.
Le manque d'argent", répond-elle, avant d'ajouter: "La solitude".
Il n'y a que deux personnes qui lui donnent le courage de s'accrocher:
Zhivka, sa voisine, et Jelica, la volontaire de la Croix-Rouge qui
lui rend visite une fois par semaine. Jelica est une femme pleine
de vie, qui n'a que quelques années de moins que Slavka. "Je viendrais
de toute façon la voir", déclare-t-elle, "mais, avec la Croix-Rouge,
je peux faire beaucoup plus."
Le programme d'aide à domicile de la Croix-Rouge yougoslave a pris
un nouvel élan en 2001, quand la diminution de l'assistance humanitaire
internationale lui a permis de diminuer les ressources consacrées
à la distribution, et de recentrer ses efforts sur les services conventionnels
au sein de la communauté. Aujourd'hui, 77 de ses sections serbes et
monténégrines - soit près de la moitié du total - sont engagées dans
cette activité. Près de 1700 volontaires ont été formés pour accomplir
le travail et, à la fin de 2002, le nombre des bénéficiaires avait
doublé pour atteindre 8740.
À Vrbas, en Voïvodine, on croise désormais un peu partout des jeunes
gens en uniforme Croix-Rouge qui sillonnent les rues de la ville à
bicyclette. "Durant leurs visites", explique Tania Gluscevic, coordinatrice
du programme, "ils contrôlent la pression sanguine, font la conversation,
les courses et la lecture du journal, autant de petits services qui
sont d'un profond réconfort pour des dizaines de personnes qui vivaient
jadis dans la dignité, mais qui se sentent aujourd'hui oubliées et
abandonnées."
Ce travail a aussi ses moments douloureux. "Il ne se passe pas de
mois sans que nous ayons à pleurer au moins un de nos bénéficiaires",
note Tania. "Cependant, nous pouvons nous consoler à l'idée que nous
avons rendu leurs derniers moments aussi agréables que possible."
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