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La préparation porte ses fruits au Mozambique

le 5 mars 2003
Solveig Olafsdottir à Maputo
L’expérience a appris aux Mozambicains à ne pas prendre à la légère une alerte au cyclone. Les ravages des deux inondations à grande échelle provoquées en 2000 et 2001 par des tempêtes tropicales sont encore présents dans toutes les mémoires.

Aussi, quand les autorités ont annoncé le 27 février qu’un cyclone faisait route vers les basses plaines du sud et qu’il risquait de balayer tous les grands bassins fluviaux, l’avertissement a été pris très au sérieux par les habitants des provinces de Sofala, Inhambane, Gaza, Manica et Maputo.

La Croix-Rouge du Mozambique s’est quant à elle placée automatiquement en état d’urgence. Une cellule de crise a immédiatement été convoquée au siège à Maputo et plusieurs centaines d’employés et de volontaires des sections provinciales concernées sont restés depuis lors en alerte permanente. En liaison directe avec les organes gouvernementaux de gestion des catastrophes et avec la délégation régionale de la Fédération internationale à Harare, elle aussi mobilisée 24 heures sur 24, la Société nationale a suivi de six heures en six heures les évolutions de Japhet.

Pendant trois jours, le cyclone a louvoyé au large des côtes, donnant lieu à des pluies torrentielles accompagnées de vents violents dans les provinces du sud. Son comportement erratique a causé de sérieuses inquiétudes, surtout lorsque, après avoir changé de cap à plusieurs reprises, il s’est engagé sur la même trajectoire que son terrible prédécesseur Eline qui, en 2000, avait fait plus de 700 morts, 544 000 personnes déplacées et des milliards de dollars de dommages.

Finalement, Japhet a touché terre tard dans la nuit de dimanche, se dirigeant droit vers le Zimbabwe. S’il n’a entraîné que des dégâts mineurs durant sa traversée du Mozambique, le risque d’inondations demeure aigu, les précipitations continuant sans faiblir. Le Zimbabwe et l’Afrique du Sud ont également enregistré des pluies extrêmement abondantes.

Selon les rapports initiaux des sections provinciales de la Croix-Rouge, la région d’Inhambane semble avoir été la plus durement touchée. Des quantités de gens ont été blessés par des branchages et des débris projetés par le vent, et un enfant a été électrocuté. Les lignes de courant et de téléphone ont été coupées dans de vastes secteurs des villes d’Inhambane et de Vilanculos, des routes bloquées par des arbres déracinés, et plusieurs écoles et cliniques sérieusement endommagées.

Une centaine de volontaires sont déployés à travers toute la province, travaillant en étroite collaboration avec les pouvoirs publics pour fournir aux sinistrés l’assistance dont ils ont besoin. Les membres de l’équipe régionale d’intervention en cas de catastrophe aident pour leur part la section provinciale à évaluer l’étendue des dégâts, afin d’établir s’il est nécessaire de renforcer la mobilisation de la Croix-Rouge.

La section Croix-Rouge de la province de Manica signale de son côté des coupures de courant répétées à cause du mauvais temps. Certaines régions ont également été privées d’eau et de téléphone, ce qui complique singulièrement l’évaluation de la situation. La province de Sofala a quant à elle subi six jours consécutifs de pluies torrentielles et de vents violents, mais la situation est sous contrôle.

Fernanda Teixeira, secrétaire général de la Croix-Rouge du Mozambique, est absolument catégorique: les efforts de préparation aux catastrophes et les systèmes d’alerte rapide mis en place ont contribué de manière déterminante à limiter l’impact du cyclone Japhet. Le fait est que les autorités, relayées par les employés et volontaires locaux de la Croix-Rouge, ont lancé l’alarme en temps opportun et régulièrement informé la population de l’évolution de la situation. “Surtout, les gens ont respecté les consignes qui leur étaient données en restant chez eux et en gardant les écoliers à la maison”, souligne le secrétaire général. “Cette fois, nous n’avons même pas eu à déplorer de pertes en mer.”

Fernanda Teixeira se félicite du niveau de préparation de sa Société nationale en prévision des situations d’urgence. Une catastrophe ferroviaire survenue en août de l’année dernière avait mis en évidence la nécessité d’une communication plus systématique. “Nous avons donc mis en place une procédure comportant des contacts radio réguliers avec nos sections provinciales, dont les informations significatives sont transmises à une cellule de crise établie au siège. Chacun connaît sa place et son rôle, et le système fonctionne de façon très satisfaisante.”

Holger Leipe, coordinateur de la gestion des catastrophes à la délégation régionale de la Fédération internationale à Harare, partage la satisfaction du secrétaire général de la Croix-Rouge du Mozambique. “L’expérience et les leçons des dramatiques inondations de 2000 et 2001, combinées au professionnalisme des membres de l’équipe régionale d’intervention en cas de catastrophe, ont clairement porté leurs fruits, pour le profit de la région toute entière”, affirme-t-il.

Les Sociétés nationales du Mozambique, du Zimbabwe et de l’Afrique du Sud, ainsi que la délégation régionale à Harare, resteront en état d’alerte et de vigilance maximum vis-à-vis des risques d’inondations jusqu’à ce que la menace soit officiellement écartée.

Les ravages des deux inondations à grande échelle provoquées en 2000 et 2001 par des tempêtes tropicales sont encore présents dans toutes les mémoires (p9110).
Les ravages des deux inondations à grande échelle provoquées en 2000 et 2001 par des tempêtes tropicales sont encore présents dans toutes les mémoires. Aujourd’hui, les autorités et la Croix-Rouge mozambicaines sont bien préparées en prévision de telles catastrophes (p9110).
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