L’expérience a appris aux Mozambicains à
ne pas prendre à la légère une alerte au
cyclone. Les ravages des deux inondations à grande échelle
provoquées en 2000 et 2001 par des tempêtes tropicales
sont encore présents dans toutes les mémoires.
Aussi, quand les autorités ont annoncé le 27 février
qu’un cyclone faisait route vers les basses plaines du
sud et qu’il risquait de balayer tous les grands bassins
fluviaux, l’avertissement a été pris très
au sérieux par les habitants des provinces de Sofala,
Inhambane, Gaza, Manica et Maputo.
La Croix-Rouge du Mozambique s’est quant à elle
placée automatiquement en état d’urgence.
Une cellule de crise a immédiatement été
convoquée au siège à Maputo et plusieurs
centaines d’employés et de volontaires des sections
provinciales concernées sont restés depuis lors
en alerte permanente. En liaison directe avec les organes gouvernementaux
de gestion des catastrophes et avec la délégation
régionale de la Fédération internationale
à Harare, elle aussi mobilisée 24 heures sur 24,
la Société nationale a suivi de six heures en
six heures les évolutions de Japhet.
Pendant trois jours, le cyclone a louvoyé au large des
côtes, donnant lieu à des pluies torrentielles
accompagnées de vents violents dans les provinces du
sud. Son comportement erratique a causé de sérieuses
inquiétudes, surtout lorsque, après avoir changé
de cap à plusieurs reprises, il s’est engagé
sur la même trajectoire que son terrible prédécesseur
Eline qui, en 2000, avait fait plus de 700 morts, 544 000 personnes
déplacées et des milliards de dollars de dommages.
Finalement, Japhet a touché terre tard dans la nuit de
dimanche, se dirigeant droit vers le Zimbabwe. S’il n’a
entraîné que des dégâts mineurs durant
sa traversée du Mozambique, le risque d’inondations
demeure aigu, les précipitations continuant sans faiblir.
Le Zimbabwe et l’Afrique du Sud ont également enregistré
des pluies extrêmement abondantes.
Selon les rapports initiaux des sections provinciales de la
Croix-Rouge, la région d’Inhambane semble avoir
été la plus durement touchée. Des quantités
de gens ont été blessés par des branchages
et des débris projetés par le vent, et un enfant
a été électrocuté. Les lignes de
courant et de téléphone ont été
coupées dans de vastes secteurs des villes d’Inhambane
et de Vilanculos, des routes bloquées par des arbres
déracinés, et plusieurs écoles et cliniques
sérieusement endommagées.
Une centaine de volontaires sont déployés à
travers toute la province, travaillant en étroite collaboration
avec les pouvoirs publics pour fournir aux sinistrés
l’assistance dont ils ont besoin. Les membres de l’équipe
régionale d’intervention en cas de catastrophe
aident pour leur part la section provinciale à évaluer
l’étendue des dégâts, afin d’établir
s’il est nécessaire de renforcer la mobilisation
de la Croix-Rouge.
La section Croix-Rouge de la province de Manica signale de son
côté des coupures de courant répétées
à cause du mauvais temps. Certaines régions ont
également été privées d’eau
et de téléphone, ce qui complique singulièrement
l’évaluation de la situation. La province de Sofala
a quant à elle subi six jours consécutifs de pluies
torrentielles et de vents violents, mais la situation est sous
contrôle.
Fernanda Teixeira, secrétaire général de
la Croix-Rouge du Mozambique, est absolument catégorique:
les efforts de préparation aux catastrophes et les systèmes
d’alerte rapide mis en place ont contribué de manière
déterminante à limiter l’impact du cyclone
Japhet. Le fait est que les autorités, relayées
par les employés et volontaires locaux de la Croix-Rouge,
ont lancé l’alarme en temps opportun et régulièrement
informé la population de l’évolution de
la situation. “Surtout, les gens ont respecté les
consignes qui leur étaient données en restant
chez eux et en gardant les écoliers à la maison”,
souligne le secrétaire général. “Cette
fois, nous n’avons même pas eu à déplorer
de pertes en mer.”
Fernanda Teixeira se félicite du niveau de préparation
de sa Société nationale en prévision des
situations d’urgence. Une catastrophe ferroviaire survenue
en août de l’année dernière avait
mis en évidence la nécessité d’une
communication plus systématique. “Nous avons donc
mis en place une procédure comportant des contacts radio
réguliers avec nos sections provinciales, dont les informations
significatives sont transmises à une cellule de crise
établie au siège. Chacun connaît sa place
et son rôle, et le système fonctionne de façon
très satisfaisante.”
Holger Leipe, coordinateur de la gestion des catastrophes à
la délégation régionale de la Fédération
internationale à Harare, partage la satisfaction du secrétaire
général de la Croix-Rouge du Mozambique. “L’expérience
et les leçons des dramatiques inondations de 2000 et
2001, combinées au professionnalisme des membres de l’équipe
régionale d’intervention en cas de catastrophe,
ont clairement porté leurs fruits, pour le profit de
la région toute entière”, affirme-t-il.
Les Sociétés nationales du Mozambique, du Zimbabwe
et de l’Afrique du Sud, ainsi que la délégation
régionale à Harare, resteront en état d’alerte
et de vigilance maximum vis-à-vis des risques d’inondations
jusqu’à ce que la menace soit officiellement écartée.
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Les
ravages des deux inondations à grande échelle
provoquées en 2000 et 2001 par des tempêtes
tropicales sont encore présents dans toutes les
mémoires. Aujourd’hui, les autorités
et la Croix-Rouge mozambicaines sont bien préparées
en prévision de telles catastrophes (p9110).
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Les
entrepôts de la Croix-Rouge, comme celui de Beira,
stockent en permanence des articles de première
nécessité pour pouvoir répondre à
toute urgence (p7403).
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