L’effort
international d’assistance aux réfugiés
soudanais à l’est du Tchad a reçu une importante
contribution avec le déploiement dans la région
de 14 camions de la Croix-Rouge du Tchad. Vingt de ces camions
ont atterris à N’Djamena le mois dernier. Ils ont
été donnés par la Croix-Rouge de Norvège
en réponse à l’appel international de 2.3
millions de francs suisses (US$ 1.8 million) lancé par
la Fédération en décembre 2003.
Basés actuellement à Abéché, le
centre nerveux de l’opération, 14 camions de la
Croix-Rouge du Tchad se sont mis au travail la semaine dernière
en transportant 45 tonnes de matériel de forage pour
Norwegian Church Aid, l’un des 13 partenaires de l’importante
opération. La livraison de ce matériel de forage
a immédiatement porté ses fruits avec la découverte
d’une source d’eau utilisable au camp de Touloum
quelques jours plus tard. Jusqu’à maintenant, les
5 000 réfugiés qui y vivent dépendaient
du transport d’eau jusqu’au camp par camion.
Sur le chemin du retour, les camions ont transféré
260 réfugiés vers Kounoungo, un autre camp du
HCR à 100 kilomètres plus au sud. Le 28 février
dernier, la petite Fatme, six ans, est devenue la première
réfugiée à monter à bord d’un
de ces anciens véhicules de l’armée norvégienne,
qui commencent une nouvelle vie d’action humanitaire.
Accompagnée pendant les quatre heures du trajet épuisant
par des volontaires de la Croix-Rouge, qui apportent un visage
humain à l’opération d’assistance,
Fatme a reçu des dates, des cacahouètes et de
l’eau à son arrivée, en attendant dans une
zone ombragée de passer par le long mais nécessaire
processus de contrôle médical, d’enregistrement
puis de distribution d’aide non alimentaire de base.
Fatme est arrivée au Tchad en janvier dernier, accompagnée
de sa mère, sa tante, et ses sept frères et sœurs,
ayant tous moins de 14 ans, lorsque des cavaliers armés
ont mis le feu à son village dans la province du Darfur,
à l’ouest du Soudan, tuant son père et deux
de ses oncles. Sa famille a marché pendant cinq jours
sous couvert de la nuit pour se mettre en sécurité
de l’autre côté de la frontière, dans
la ville de Tine au nord est du Tchad. Après un mois
à vivre dans un abri de fortune fait de branchages et
de matériel de récupération, toute la famille
a repris la route pour demander assistance à la communauté
internationale au camp de Touloum.
Aujourd’hui, Fatme est installée dans l’un
des six camps du HCR qui seront mis en place pour accueillir
les réfugiés. Fatme n’est que l’une
de 110.000 soudanais, pour la plupart des femmes et des enfants,
qui se sont réfugiés au Tchad. Ils sont actuellement
dispersés tout au long des 500 kilomètres de frontière
aride entre les deux pays. D’autres continuent de passer
la frontière chaque jour, fuyant les violents combats
qui ont lieu au Darfur depuis l’année dernière.
Jusqu’à maintenant, le niveau de malnutrition et
de maladie est resté heureusement bas, et la population
locale a pu fournir une assistance de base aux nouveaux venus.
Les organisations humanitaires ont cependant constaté
une forte augmentation du nombre de cas dans les dernières
semaines, soulignant l’urgence d’organiser des distributions
d’aide alimentaire et non alimentaire, ainsi que de mettre
en place des infrastructures d’eau et d’assainissement
adéquates.
Jusqu’ici, moins de 10 000 réfugiés ont
été installés dans les trois camps déjà
opérationnels, à Touloum, Kounoungo et Farchana,
où ils ont accès à l’aide humanitaire.
Le HCR compte assister jusqu’à 45 000 réfugiés
dans les camps, en fonction de leur réussite à
trouver des sources d’eau pour chacun d’entre eux.
C’est la difficulté majeure de l’opération
: malgré une étude hydrographique préalable
de la zone, seuls trois forages sur dix ont jusqu’ici
produit une source d’eau exploitable.
Dans le sud de la zone d’urgence, où les réfugiés
ont réussi à garder une grande partie de leur
bétail avec eux, le problème de l’eau est
particulièrement sérieux, réduisant le
nombre de réfugiés qui peuvent être accueillis
dans chaque camp. Dans le nord, le terrain plus aride encore
n’a pu nourrir les quelques animaux que les réfugiés
ont amenés. Des dizaines de carcasses de bétail
pourrissent au soleil et empuantissent l’air. Mais la
perte de leurs bêtes n’est pas le souci majeur des
réfugiés. « Il est plus important de sauver
nos enfants que nos animaux, » confie l’un des rares
hommes, Osman Adam Abdallah, aux travailleurs humanitaires.
La saison des pluies menace comme une épée de
Damoclès. Les pluies torrentielles qui s’abattront
sur la région de juin à août, gonflant les
rivières et coupant les routes, compliqueront considérablement
les opérations. Alors que le HCR pré-positionne
l’aide humanitaire pour les camps en anticipation des
pluies, il est clair que de nombreux réfugiés
devront être assistés en dehors, à la frontière.
Pour cette délicate mission, beaucoup compteront sur
les camions six roues motrices de la Croix-Rouge du Tchad, qui
ont déjà prouvé leur capacité tout-terrain
dans l’opération de sécurité alimentaire
en Afrique australe au cours des deux dernières années.
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| La
grande majorité des 110.000 soudanais qui se sont
réfugiés au Tchad sont des femmes et des
enfants. (p11310) |
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| Basés
actuellement à Abéché, le centre
nerveux de l’opération, 20 camions tout-terrain
norvégiens ont été donnés
à la Croix-Rouge du Tchad afin de transporter du
matériel et des réfugiés. (p11314)
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| Une
volontaire de la Croix-Rouge du Tchad accueille les réfugiés
dans le camp de Kounoungo. À l'ombre, ils attendent
de passer par le long mais nécessaire processus
de contrôle médical, d’enregistrement
puis de distribution d’aide. (p11318) |
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| Moins
de 10 000 réfugiés ont été
installés dans les trois camps déjà
opérationnels, à Touloum, Kounoungo et Farchana.
Le HCR compte assister jusqu’à 45 000 réfugiés
dans les camps, en fonction de leur réussite à
trouver des sources d’eau pour chacun d’entre
eux. (p11321) |
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| Une
des premières affectations des camions a été
le transport de réfugiés vers les camps,
où ils ont accès à une aide humanitaire.
La plupart sont actuellement dispersés tout au
long des 500 kilomètres de frontière aride
entre le Soudan et le Tchad. (p11315) |
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