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Tchad : les camions de la Croix-Rouge portent assistance aux réfugiés
9 mars 2004
Gauthier Lefèvre, au Tchad oriental
L’effort international d’assistance aux réfugiés soudanais à l’est du Tchad a reçu une importante contribution avec le déploiement dans la région de 14 camions de la Croix-Rouge du Tchad. Vingt de ces camions ont atterris à N’Djamena le mois dernier. Ils ont été donnés par la Croix-Rouge de Norvège en réponse à l’appel international de 2.3 millions de francs suisses (US$ 1.8 million) lancé par la Fédération en décembre 2003.

Basés actuellement à Abéché, le centre nerveux de l’opération, 14 camions de la Croix-Rouge du Tchad se sont mis au travail la semaine dernière en transportant 45 tonnes de matériel de forage pour Norwegian Church Aid, l’un des 13 partenaires de l’importante opération. La livraison de ce matériel de forage a immédiatement porté ses fruits avec la découverte d’une source d’eau utilisable au camp de Touloum quelques jours plus tard. Jusqu’à maintenant, les 5 000 réfugiés qui y vivent dépendaient du transport d’eau jusqu’au camp par camion.

Sur le chemin du retour, les camions ont transféré 260 réfugiés vers Kounoungo, un autre camp du HCR à 100 kilomètres plus au sud. Le 28 février dernier, la petite Fatme, six ans, est devenue la première réfugiée à monter à bord d’un de ces anciens véhicules de l’armée norvégienne, qui commencent une nouvelle vie d’action humanitaire.
Accompagnée pendant les quatre heures du trajet épuisant par des volontaires de la Croix-Rouge, qui apportent un visage humain à l’opération d’assistance, Fatme a reçu des dates, des cacahouètes et de l’eau à son arrivée, en attendant dans une zone ombragée de passer par le long mais nécessaire processus de contrôle médical, d’enregistrement puis de distribution d’aide non alimentaire de base.

Fatme est arrivée au Tchad en janvier dernier, accompagnée de sa mère, sa tante, et ses sept frères et sœurs, ayant tous moins de 14 ans, lorsque des cavaliers armés ont mis le feu à son village dans la province du Darfur, à l’ouest du Soudan, tuant son père et deux de ses oncles. Sa famille a marché pendant cinq jours sous couvert de la nuit pour se mettre en sécurité de l’autre côté de la frontière, dans la ville de Tine au nord est du Tchad. Après un mois à vivre dans un abri de fortune fait de branchages et de matériel de récupération, toute la famille a repris la route pour demander assistance à la communauté internationale au camp de Touloum.

Aujourd’hui, Fatme est installée dans l’un des six camps du HCR qui seront mis en place pour accueillir les réfugiés. Fatme n’est que l’une de 110.000 soudanais, pour la plupart des femmes et des enfants, qui se sont réfugiés au Tchad. Ils sont actuellement dispersés tout au long des 500 kilomètres de frontière aride entre les deux pays. D’autres continuent de passer la frontière chaque jour, fuyant les violents combats qui ont lieu au Darfur depuis l’année dernière.

Jusqu’à maintenant, le niveau de malnutrition et de maladie est resté heureusement bas, et la population locale a pu fournir une assistance de base aux nouveaux venus. Les organisations humanitaires ont cependant constaté une forte augmentation du nombre de cas dans les dernières semaines, soulignant l’urgence d’organiser des distributions d’aide alimentaire et non alimentaire, ainsi que de mettre en place des infrastructures d’eau et d’assainissement adéquates.

Jusqu’ici, moins de 10 000 réfugiés ont été installés dans les trois camps déjà opérationnels, à Touloum, Kounoungo et Farchana, où ils ont accès à l’aide humanitaire. Le HCR compte assister jusqu’à 45 000 réfugiés dans les camps, en fonction de leur réussite à trouver des sources d’eau pour chacun d’entre eux. C’est la difficulté majeure de l’opération : malgré une étude hydrographique préalable de la zone, seuls trois forages sur dix ont jusqu’ici produit une source d’eau exploitable.

Dans le sud de la zone d’urgence, où les réfugiés ont réussi à garder une grande partie de leur bétail avec eux, le problème de l’eau est particulièrement sérieux, réduisant le nombre de réfugiés qui peuvent être accueillis dans chaque camp. Dans le nord, le terrain plus aride encore n’a pu nourrir les quelques animaux que les réfugiés ont amenés. Des dizaines de carcasses de bétail pourrissent au soleil et empuantissent l’air. Mais la perte de leurs bêtes n’est pas le souci majeur des réfugiés. « Il est plus important de sauver nos enfants que nos animaux, » confie l’un des rares hommes, Osman Adam Abdallah, aux travailleurs humanitaires.

La saison des pluies menace comme une épée de Damoclès. Les pluies torrentielles qui s’abattront sur la région de juin à août, gonflant les rivières et coupant les routes, compliqueront considérablement les opérations. Alors que le HCR pré-positionne l’aide humanitaire pour les camps en anticipation des pluies, il est clair que de nombreux réfugiés devront être assistés en dehors, à la frontière. Pour cette délicate mission, beaucoup compteront sur les camions six roues motrices de la Croix-Rouge du Tchad, qui ont déjà prouvé leur capacité tout-terrain dans l’opération de sécurité alimentaire en Afrique australe au cours des deux dernières années.
La grande majorité des 110.000 soudanais qui se sont réfugiés au Tchad sont des femmes et des enfants. (p11310)
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Moins de 10 000 réfugiés ont été installés dans les trois camps déjà opérationnels, à Touloum, Kounoungo et Farchana. Le HCR compte assister jusqu’à 45 000 réfugiés dans les camps, en fonction de leur réussite à trouver des sources d’eau pour chacun d’entre eux. (p11321)
Une des premières affectations des camions a été le transport de réfugiés vers les camps, où ils ont accès à une aide humanitaire. La plupart sont actuellement dispersés tout au long des 500 kilomètres de frontière aride entre le Soudan et le Tchad. (p11315)
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