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Santé des Réfugiés au Tchad
28 juillet 2004
Gauthier Lefèvre au Tchad oriental
À six heures du matin, un groupe se rassemble à l’extérieur du centre médical du Comité International de Secours (IRC) au camp de réfugiés d’Oure Cassoni. Des femmes en robes colorées, des vieillards en tuniques blanches salies par le désert, et des enfants portant des vêtements trop grands ou trop petits se serrent ensemble à l’ombre.

Parmi eux, Mubarrak Timan, trois ans, attend patiemment son tour de voir l’infirmier. Sa mère explique qu’il souffre de diarrhée depuis quatre jours, probablement à cause de parasites transmis par l’eau sale.

« La diarrhée représente 30% des cas que nous constatons, » affirme Ibrahim Nai, l’infirmier soudanais qui reçoit Mubarrak après plusieurs heures d’attente. « L’eau qu’ils ont reçu vient directement du wadi gonflé par la pluie. Elle est boueuse et impropre à la consommation. »

Ouvert il y a seulement deux semaines, le camp vient d’installer des réservoirs pour traiter 180 000 litres d’eau, soit dix jours de stock à ce niveau de population. C’est une bonne nouvelle. « Nous devrions observer une diminution significative des maladies liées à l’eau dans les semaines à venir, » anticipe Ibrahim.

L’eau n’est qu’un des problèmes de santé auxquels sont confrontés les réfugiés dans les conditions extrêmes du pays. Alors que le transport par route devient de plus en plus imprévisible en raison des pluies torrentielles, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) connaît des difficultés à satisfaire les besoins en nourriture de la population réfugiée.

La valeur nutritionnelle quotidienne est tombée à 1920 kilocalories par personne en juillet, bien en dessous des 2100 recommandés par les standards internationaux. Dans cette situation, la moindre perte de fluide due à la diarrhée ou à une autre infection suffit à provoquer la malnutrition.

D’après une étude récente, le taux de malnutrition aigue globale est de 27%, celui de malnutrition aigue sévère de 2%.
La Croix-Rouge du Tchad et la Fédération internationale se préoccupent en priorité de l’état de santé des réfugiés et de leur accès à l’eau potable et aux services d’assainissement.

Avec l’afflux dans l’est du Tchad de près de 200 000 réfugiés soudanais, qui a poussé à leurs limites les ressources humanitaires disponibles, la Fédération internationale a annoncé un relèvement significatif de son propre appel d’urgence.

La Fédération, qui avait lancé en décembre 2003 un appel initial de 2,3 millions de francs suisses (1,45 million €), cherche maintenant à recueillir 14,58 millions de francs suisses (9,3 millions €) pour ses opérations au Tchad.

Tout en continuant d’acheminer l’aide humanitaire en partenariat avec les agences des Nations unies comme elles l’ont fait depuis le début de la crise, la Fédération et la Croix-Rouge du Tchad vont prendre en charge l’aménagement et l’administration d’un nouveau camp, à Tréguine.

Situé non loin des camps de Farchana et de Breidjing installés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il pourra accueillir quelque 20 000 réfugiés.

Chaque jour, le centre de nutrition thérapeutique opéré par Médecins Sans Frontières (MSF) au camp d’Iridimi accueille près de 40 enfants, qui reçoivent chacun trois rations de biscuits riches en protéines jusqu’à ce qu’ils soient pleinement rétablis. Hadija Yusuk Ishak, 25 ans, vient au centre avec deux de ses quatre enfants depuis une semaine.

« Mes enfants Islam et Hawa ont passé quatre jours à l’hôpital d’Iriba, » confie-t-elle, la larme à l’œil. « Ils étaient si maigres qu’ils ne pouvaient presque plus bouger. »
Mubarrak Timan, trois ans, attend patiemment son tour de voir l’infirmier. Sa mère explique qu’il souffre de diarrhée, un problème qui inquiète constemment l'aide humanitaire dans l'est du Tchad (p11826)
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