À
six heures du matin, un groupe se rassemble à l’extérieur
du centre médical du Comité International de Secours
(IRC) au camp de réfugiés d’Oure Cassoni.
Des femmes en robes colorées, des vieillards en tuniques
blanches salies par le désert, et des enfants portant
des vêtements trop grands ou trop petits se serrent ensemble
à l’ombre.
Parmi eux, Mubarrak Timan, trois ans, attend patiemment son
tour de voir l’infirmier. Sa mère explique qu’il
souffre de diarrhée depuis quatre jours, probablement
à cause de parasites transmis par l’eau sale.
« La diarrhée représente 30% des cas que
nous constatons, » affirme Ibrahim Nai, l’infirmier
soudanais qui reçoit Mubarrak après plusieurs
heures d’attente. « L’eau qu’ils ont
reçu vient directement du wadi gonflé par la pluie.
Elle est boueuse et impropre à la consommation. »
Ouvert il y a seulement deux semaines, le camp vient d’installer
des réservoirs pour traiter 180 000 litres d’eau,
soit dix jours de stock à ce niveau de population. C’est
une bonne nouvelle. « Nous devrions observer une diminution
significative des maladies liées à l’eau
dans les semaines à venir, » anticipe Ibrahim.
L’eau n’est qu’un des problèmes de
santé auxquels sont confrontés les réfugiés
dans les conditions extrêmes du pays. Alors que le transport
par route devient de plus en plus imprévisible en raison
des pluies torrentielles, le Programme Alimentaire Mondial (PAM)
connaît des difficultés à satisfaire les
besoins en nourriture de la population réfugiée.
La valeur nutritionnelle quotidienne est tombée à
1920 kilocalories par personne en juillet, bien en dessous des
2100 recommandés par les standards internationaux. Dans
cette situation, la moindre perte de fluide due à la
diarrhée ou à une autre infection suffit à
provoquer la malnutrition.
D’après une étude récente, le taux
de malnutrition aigue globale est de 27%, celui de malnutrition
aigue sévère de 2%.
La Croix-Rouge du Tchad et la Fédération internationale
se préoccupent en priorité de l’état
de santé des réfugiés et de leur accès
à l’eau potable et aux services d’assainissement.
Avec l’afflux dans l’est du Tchad de près
de 200 000 réfugiés soudanais, qui a poussé
à leurs limites les ressources humanitaires disponibles,
la Fédération internationale a annoncé
un relèvement significatif de son propre appel d’urgence.
La Fédération, qui avait lancé en décembre
2003 un appel initial de 2,3 millions de francs suisses (1,45
million €), cherche maintenant à recueillir 14,58
millions de francs suisses (9,3 millions €) pour ses opérations
au Tchad.
Tout en continuant d’acheminer l’aide humanitaire
en partenariat avec les agences des Nations unies comme elles
l’ont fait depuis le début de la crise, la Fédération
et la Croix-Rouge du Tchad vont prendre en charge l’aménagement
et l’administration d’un nouveau camp, à
Tréguine.
Situé non loin des camps de Farchana et de Breidjing
installés par le Haut-Commissariat des Nations unies
pour les réfugiés (HCR), il pourra accueillir
quelque 20 000 réfugiés.
Chaque jour, le centre de nutrition thérapeutique opéré
par Médecins Sans Frontières (MSF) au camp d’Iridimi
accueille près de 40 enfants, qui reçoivent chacun
trois rations de biscuits riches en protéines jusqu’à
ce qu’ils soient pleinement rétablis. Hadija Yusuk
Ishak, 25 ans, vient au centre avec deux de ses quatre enfants
depuis une semaine.
« Mes enfants Islam et Hawa ont passé quatre jours
à l’hôpital d’Iriba, » confie-t-elle,
la larme à l’œil. « Ils étaient
si maigres qu’ils ne pouvaient presque plus bouger. »
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Mubarrak
Timan, trois ans, attend patiemment son tour de voir l’infirmier.
Sa mère explique qu’il souffre de diarrhée,
un problème qui inquiète constemment l'aide
humanitaire dans l'est du Tchad (p11826)
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Les
volontaires de la croix-rouge du Tchad aideent les réfugiés
à descendre des camions au camp d'Oure Cassoni
(courtesy Jiro Ose)
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Beaucoup
de réfugiés ont du se résoudre à
boire de l'eau contaminée ce qui explique les cas
de diarrhée. Assurer l'eau potable et de bonnes
conditions sanitaires sont les priorités de la
Fédération internationale. (pcourtesy Jiro
Ose)
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Deux
des enfants d' Hadija Yusuk Ishak souffent de malnutrition.
Ci-dessus, elle est assise en dehors du centre de nutrition
thérapeutique au camp d'Irimi (p11827)
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Les
tempêtes de sable ont été un problème
constant dans cette zone aride de la frontière.
Bien que maintenant se soit les pluies qui sont en train
de causer des problèmes à l'aide humaniraire.(
courtesy Jiro Ose)
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