L’opération
de secours de la Fédération internationale sur
l’île indonésienne de Sumatra est pour le
moment concentrée autour de la ville de Meulaboh, sur
la côte ouest de la province d’Aceh. On estime qu’au
moins 40 000 de ses habitants ont péri lors du terrible
tsunami qui a ravagé le littoral la semaine dernière.
Selon la Croix-Rouge, les dommages dans ce secteur s’étendent
jusqu’à trois kilomètres à l’intérieur
des terres. Près du rivage, la destruction est totale.
“La région est couverte de débris en tous
genres et les bâtiments et les routes ont subi d’énormes
dégâts”, rapporte Sara Escudero, ingénieur
spécialisée dans l’approvisionnement en
eau et l’assainissement qui travaille au sein d’une
équipe d’évaluation et de coordination sur
le terrain (FACT).
“De nombreux bateaux ont été projetés
sur la terre ferme par la formidable puissance du raz-de-marée.
L’odeur de putréfaction est omniprésente.
Malgré tous les efforts déployés pour évacuer
les cadavres, il reste sans doute des centaines, voire des milliers
de corps enfouis sous les décombres”, ajoute-t-elle.
Jusqu’à présent, les organisations humanitaires
ont eu le plus grand mal à accéder au littoral
occidental de Sumatra Nord, en raison des dommages subis par
les voies de communication terrestre et les pistes des aéroports,
du manque de transports aériens adaptés aux conditions
et des distances considérables à parcourir.
Quelque cinquante volontaires locaux de la Croix-Rouge indonésienne
ont toutefois travaillé sans relâche à Meulaboh
depuis la catastrophe, aidant à évacuer les cadavres
et prodiguant les premiers secours aux blessés. Mais,
maintenant, ils sont au bord de l’épuisement physique
et psychologiquement très éprouvés.
Consciente de l’ampleur des besoins auxquels il faudra
faire face, la Fédération internationale a commencé
à déployer des unités d’intervention
d’urgence (ERU).
L’une d’entre elles, mise à disposition par
la Croix-Rouge du Japon, pourra assurer des soins de santé
de base à près de 30 000 personnes. Une autre,
mobilisée par la Croix-Rouge espagnole, fournira chaque
jour de l’eau potable à quelque 60 000 bénéficiaires.
La Croix-Rouge française a elle aussi détaché
dans la région une équipe spécialisée
dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement
qui offrira des services similaires.
Ce dispositif sera complété par une unité
de la Croix-Rouge allemande spécialisée dans l’assistance
médicale d’urgence et par une équipe de
logistique de la Croix-Rouge danoise.
Dans l’intervalle, la Croix-Rouge indonésienne
prévoit d’expédier deux camions de cinq
tonnes chacun chargés d’articles de secours. Ce
ne sont là que les premières étapes d’une
opération d’assistance à très grande
échelle mise sur pied par la Fédération
internationale et par la Société nationale au
bénéfice de la population de Meulaboh et de diverses
communautés de la région qui s’étend
au sud de la ville.
“Cependant que d’autres agences concentrent leurs
efforts sur le secteur de Banda Aceh, tout au nord, nous ne
devons pas négliger les énormes besoins de milliers
de personnes vulnérables vivant dans d’autres parties
de la province, en matière d’abris, d’eau
potable, de nourriture et de médicaments”, déclare
Jürgen Weyand, chef de l’équipe d’évaluation
de la Fédération internationale.
“Il est vital que nous acheminions des secours sur la
côte ouest, notamment à Meulaboh, où ces
besoins sont particulièrement aigus. De là, nous
pourrons nous déployer le long du littoral occidental
afin de porter assistance à tous ceux qui en ont besoin.”
De son côté, le Comité international de
la Croix-Rouge, opérant lui aussi en étroite collaboration
avec la Croix-Rouge indonésienne, s’active plus
spécialement dans le nord de Sumatra – à
Banda Aceh et dans ses environs – et le long de la côte
est. Les trois organisations travaillent en liaison permanente
et la Fédération internationale maintient également
des contacts réguliers avec les autorités indonésiennes.
L’une des priorités de l’opération
consiste à procurer aux sinistrés de l’eau
potable en quantité suffisante, afin de limiter les risques
de maladies véhiculées par l’eau. Dans ce
domaine, la Croix-Rouge assurera l’approvisionnement de
quelque 120 000 sans-abri.
“Après ce genre de catastrophe, l’eau provenant
des sources d’approvisionnement normales regorge de bactéries.
La consommation d’eau contaminée provoque des diarrhées,
puis la déshydratation, avec une issue souvent fatale
pour les enfants, en particulier les plus jeunes. C’est
pourquoi, afin d’éviter des morts supplémentaires,
nous devons le plus rapidement possible procurer de l’eau
potable à un maximum de bénéficiaires”,
explique Jürgen Weyand.
L’unité d’intervention d’urgence de
la Croix-Rouge espagnole spécialisée dans l’approvisionnement
en eau et l’assainissement, qui compte parmi ses six membres
un géologue, un chimiste et un biologiste dont la tâche
consiste à localiser un réservoir d’eau
à purifier pour les besoins de la consommation, devrait
à cet égard assurer un service vital dans la région.
Moyennant une source d’approvisionnement suffisante, l’équipe
estime être en mesure de produire chaque jour quelque
300 000 litres d’eau de haute qualité pour les
besoins d’établissements médicaux, ou jusqu’à
500 000 litres d’eau potable permettant de couvrir les
besoins de près de 60 000 personnes.
“La source d’approvisionnement peut être un
lac, une rivière ou un simple étang, cela n’a
pas d’importance. L’eau sera pompée dans
un vaste réservoir gonflable où elle subira un
processus de purification qui ne prend que quelques heures”,
explique Iñigo Vila, 32 ans, chef de l’ERU de la
Croix-Rouge espagnole.
“Ensuite, nous stockerons séparément l’eau
purifiée, puis la distribuerons aux communautés
affectées avec l’aide des centaines de volontaires
de la Croix-Rouge indonésienne mobilisés dans
la région.”
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Un
médecin soigne un enfant dans la province d’Aceh,
la région la plus durement touchée par le
tsunami du 26 décembre. (REUTERS/Yusuf Ahmad, avec
l’aimable autorisation de www.Alertnet.org)
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Ce
village proche de la côte de Sumatra a été
entièrement ravagé par le raz-de-marée.
(REUTERS/Philip A. McDaniel, avec l’aimable autorisation
de www.Alertnet.org)
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Des
femmes chargées de riz font la queue en attendant
une distribution d’eau à Aceh. (REUTERS/Kim
Kyung-Hoon, avec l’aimable autorisation de www.Alertnet.org)
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