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Renforcement de l’assistance Croix-Rouge à Aceh
3 janvier 2005
Ian Woolverton à Medan
L’opération de secours de la Fédération internationale sur l’île indonésienne de Sumatra est pour le moment concentrée autour de la ville de Meulaboh, sur la côte ouest de la province d’Aceh. On estime qu’au moins 40 000 de ses habitants ont péri lors du terrible tsunami qui a ravagé le littoral la semaine dernière.

Selon la Croix-Rouge, les dommages dans ce secteur s’étendent jusqu’à trois kilomètres à l’intérieur des terres. Près du rivage, la destruction est totale.

“La région est couverte de débris en tous genres et les bâtiments et les routes ont subi d’énormes dégâts”, rapporte Sara Escudero, ingénieur spécialisée dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement qui travaille au sein d’une équipe d’évaluation et de coordination sur le terrain (FACT).

“De nombreux bateaux ont été projetés sur la terre ferme par la formidable puissance du raz-de-marée. L’odeur de putréfaction est omniprésente. Malgré tous les efforts déployés pour évacuer les cadavres, il reste sans doute des centaines, voire des milliers de corps enfouis sous les décombres”, ajoute-t-elle.

Jusqu’à présent, les organisations humanitaires ont eu le plus grand mal à accéder au littoral occidental de Sumatra Nord, en raison des dommages subis par les voies de communication terrestre et les pistes des aéroports, du manque de transports aériens adaptés aux conditions et des distances considérables à parcourir.

Quelque cinquante volontaires locaux de la Croix-Rouge indonésienne ont toutefois travaillé sans relâche à Meulaboh depuis la catastrophe, aidant à évacuer les cadavres et prodiguant les premiers secours aux blessés. Mais, maintenant, ils sont au bord de l’épuisement physique et psychologiquement très éprouvés.
Consciente de l’ampleur des besoins auxquels il faudra faire face, la Fédération internationale a commencé à déployer des unités d’intervention d’urgence (ERU).

L’une d’entre elles, mise à disposition par la Croix-Rouge du Japon, pourra assurer des soins de santé de base à près de 30 000 personnes. Une autre, mobilisée par la Croix-Rouge espagnole, fournira chaque jour de l’eau potable à quelque 60 000 bénéficiaires. La Croix-Rouge française a elle aussi détaché dans la région une équipe spécialisée dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement qui offrira des services similaires.

Ce dispositif sera complété par une unité de la Croix-Rouge allemande spécialisée dans l’assistance médicale d’urgence et par une équipe de logistique de la Croix-Rouge danoise.

Dans l’intervalle, la Croix-Rouge indonésienne prévoit d’expédier deux camions de cinq tonnes chacun chargés d’articles de secours. Ce ne sont là que les premières étapes d’une opération d’assistance à très grande échelle mise sur pied par la Fédération internationale et par la Société nationale au bénéfice de la population de Meulaboh et de diverses communautés de la région qui s’étend au sud de la ville.

“Cependant que d’autres agences concentrent leurs efforts sur le secteur de Banda Aceh, tout au nord, nous ne devons pas négliger les énormes besoins de milliers de personnes vulnérables vivant dans d’autres parties de la province, en matière d’abris, d’eau potable, de nourriture et de médicaments”, déclare Jürgen Weyand, chef de l’équipe d’évaluation de la Fédération internationale.

“Il est vital que nous acheminions des secours sur la côte ouest, notamment à Meulaboh, où ces besoins sont particulièrement aigus. De là, nous pourrons nous déployer le long du littoral occidental afin de porter assistance à tous ceux qui en ont besoin.”

De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge, opérant lui aussi en étroite collaboration avec la Croix-Rouge indonésienne, s’active plus spécialement dans le nord de Sumatra – à Banda Aceh et dans ses environs – et le long de la côte est. Les trois organisations travaillent en liaison permanente et la Fédération internationale maintient également des contacts réguliers avec les autorités indonésiennes.

L’une des priorités de l’opération consiste à procurer aux sinistrés de l’eau potable en quantité suffisante, afin de limiter les risques de maladies véhiculées par l’eau. Dans ce domaine, la Croix-Rouge assurera l’approvisionnement de quelque 120 000 sans-abri.

“Après ce genre de catastrophe, l’eau provenant des sources d’approvisionnement normales regorge de bactéries. La consommation d’eau contaminée provoque des diarrhées, puis la déshydratation, avec une issue souvent fatale pour les enfants, en particulier les plus jeunes. C’est pourquoi, afin d’éviter des morts supplémentaires, nous devons le plus rapidement possible procurer de l’eau potable à un maximum de bénéficiaires”, explique Jürgen Weyand.

L’unité d’intervention d’urgence de la Croix-Rouge espagnole spécialisée dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement, qui compte parmi ses six membres un géologue, un chimiste et un biologiste dont la tâche consiste à localiser un réservoir d’eau à purifier pour les besoins de la consommation, devrait à cet égard assurer un service vital dans la région.

Moyennant une source d’approvisionnement suffisante, l’équipe estime être en mesure de produire chaque jour quelque 300 000 litres d’eau de haute qualité pour les besoins d’établissements médicaux, ou jusqu’à 500 000 litres d’eau potable permettant de couvrir les besoins de près de 60 000 personnes.

“La source d’approvisionnement peut être un lac, une rivière ou un simple étang, cela n’a pas d’importance. L’eau sera pompée dans un vaste réservoir gonflable où elle subira un processus de purification qui ne prend que quelques heures”, explique Iñigo Vila, 32 ans, chef de l’ERU de la Croix-Rouge espagnole.

“Ensuite, nous stockerons séparément l’eau purifiée, puis la distribuerons aux communautés affectées avec l’aide des centaines de volontaires de la Croix-Rouge indonésienne mobilisés dans la région.”
Un médecin soigne un enfant dans la province d’Aceh, la région la plus durement touchée par le tsunami du 26 décembre. (REUTERS/Yusuf Ahmad, avec l’aimable autorisation de www.Alertnet.org)
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