Les
raz-de-marée ont créé un vaste éventail
de problèmes psychologiques au Sri Lanka. La Croix-Rouge
danoise va s’efforcer de répondre à ces
besoins très divers. Déjà engagée
dans un programme psychosocial en faveur des victimes du conflit
à Ampara et à Jaffna, elle prévoit en effet
d’étendre ce soutien aux sinistrés de la
côte orientale affectés par la catastrophe de décembre
dernier, entre Trincomalee au nord et Hambantota au sud.
Le docteur Margriet Blaauw travaille pour le Centre de référence
de la Fédération internationale pour le soutien
psychosocial. Sise au Danemark, cette institution est hébergée
par la Société nationale, particulièrement
active dans ce domaine d’activité. Margriet Blaauw
a récemment effectué une mission d’évaluation
au Sri Lanka, où elle a rencontré des sinistrés
ainsi que des employés et des volontaires de la Croix-Rouge
dans plusieurs districts.
Elle souligne que la catastrophe a eu des effets variés
sur différents groupes de personnes et que tout l’éventail
des besoins doit être pris en compte dans l’élaboration
du programme d’assistance.
Ainsi, les pêcheurs sont confrontés à des
sentiments conflictuels vis-à-vis de la mer, dont ils
craignent maintenant la violence tout en sachant qu’elle
demeure leur unique source de revenus. En d’autres termes,
ils sont cruellement partagés entre la nécessité
d’assurer la subsistance de leurs familles et leur propre
peur.
Selon le docteur Blaauw, les hommes sont aussi vulnérables
psychologiquement que les femmes et les enfants, mais ils sont
souvent plus difficiles à atteindre. “La plupart
de ceux que j’ai rencontrés étaient très
agités. Ils voulaient parler et parlaient effectivement
de toutes sortes de choses, mais pas de la mer. Nous nous efforçons
de les persuader que leurs émotions sont parfaitement
normales”, explique-t-elle.
Les femmes sont elles aussi confrontées à des
difficultés spécifiques. Celles qui ont perdu
mari, père et frères sont en proie à un
profond sentiment d’insécurité. “L’inquiétude
pour leur avenir est très aiguë. Beaucoup de femmes
nous ont confié qu’elles sont sujettes à
de violentes crises de larmes, à des maux de tête
et des raideurs de la nuque, à l’insomnie et aux
cauchemars”, rapporte Margriet Blaauw.
Quant aux enfants, certains ont peur de rentrer à la
maison, d’autres sont angoissés à l’idée
de retourner à l’école sans manuels ni fournitures,
ou avec des vêtements inadéquats.
“Les adultes sont très absorbés par leurs
épreuves et leurs soucis. Pour les enfants, il est essentiel
de mettre en place des activités qui occupent leur esprit”,
ajoute-t-elle.
Si les besoins psychologiques des sinistrés sont importants,
il en va de même pour les personnes engagées dans
les opérations d’assistance, notamment les volontaires
de la Croix-Rouge.
“Alors qu’ils se dépensent sans compter,
beaucoup sont hantés par le sentiment qu’ils n’en
font pas assez”, note le docteur Blaauw qui, à
l’issue de sa mission, a recommandé les services
suivants:
- soutien général, premiers secours psychologiques
et autres activités d’encadrement au bénéfice
de tous les sinistrés;
- conseils pour les personnes éprouvant des difficultés
particulières à surmonter le choc;
- programmes pour les enfants en milieu scolaire;
- activités psychosociales pour les hommes comme pour
les femmes, avec l’appui de conseillers locaux sélectionnés;
- formation au soutien psychosocial de volontaires soigneusement
choisis.
Pour conclure, Margriet Blaauw souligne qu’il est crucial
d’associer activement les personnes affectées aux
activités psychosociales mises en place à leur
intention.
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Parmi
leurs multiples tâches, les volontaires de la Croix-Rouge
du Sri Lanka s’emploient à fournir conseils
et réconfort aux sinistrés (p12341)
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Le
docteur Margriet Blaauw, de la Croix-Rouge danoise, a
formulé un programme d’aide psychosociale
en faveur des victimes du tsunami (p12578)
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Les
enfants reçoivent un soutien spécialisé,
comme dans ce centre de la Croix-Rouge du Sri Lanka à
Hambantota (p-LKA0084)
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