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Indonésie : Une aide pour toute la famille
9 février 2005
Ian Woolverton à Banda Aceh
Le visage inexpressif, les yeux perdus dans le vague, Khamisah, 35 ans, est assise sur les gradins du stade de football de Lhong Raya à Banda Aceh. Ses beaux-parents ont péri dans le raz-de-marée.

A côté d'elle, sa petite fille joue avec un paquet de biscuits enveloppés dans un rutilant plastique. Tout près de là, à l'hôpital de la Croix-Rouge, son mari Yusfarida est allongé sur un brancard. Mâchoire bloquée, une perfusion au poignet, il est gravement atteint par le tétanos.

"Je suis très inquiète pour lui", confesse Khamisah. "Son état ne cesse d'empirer, je ne peux pas le laisser seul."

Yusfarida, 45 ans, est originaire de Teunom. Quand le raz-de-marée est arrivé, de gigantesques vagues l'ont emporté, détruisant sa maison et sa santé. Une blessure mal soignée s'est infectée et le tétanos s'est déclaré.

Cette maladie, qui provoque convulsions, tremblements et difficultés respiratoires, est souvent mortelle. Yusfarida a eu de la chance dans son malheur. Il y a dix jours, des médecins et des infirmiers de la Croix-Rouge allemande ont installé à Teunom un dispensaire de soins de base où il a été traité cinq jours durant pour sa blessure et contre le tétanos.

Mais cette clinique, qui soigne quelque 200 patients par jour, n'est pas équipée pour les cas graves. C'est pourquoi la Croix-Rouge a décidé d'évacuer Yusfarida sur un hôpital de campagne aménagé à Banda Aceh.

Le lendemain, un hélicoptère l'a transféré dans la capitale provinciale avec sa femme et sa fille, ainsi qu'avec un autre patient souffrant d'un cas moins sérieux de tétanos.

Situé à une quinzaine de minutes de l'aéroport, à la périphérie de la ville, l'hôpital administré par la Croix-Rouge de Norvège en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge compte une centaine de lits répartis dans des dizaines de tentes. Il dispose d'une salle de radiographie, de deux salles d'opération, d'une zone stérile et d'un service de soins intensifs, d'une unité spécialisée dans les maladies véhiculées par l'eau, d'une banque du sang et d'un laboratoire, ainsi que d'un service d'obstétrique et de gynécologie, d'un service de soins ambulatoires et d'une unité de pédiatrie.

Trente-deux médecins, infirmiers et techniciens de la Croix-Rouge font marcher cet imposant établissement. Kare Lovsiakken, d'Oslo, y travaille en qualité d'anesthésiste. "Nous avons ouvert hier. Jusqu'à présent, nous avons surtout assuré des traitements ambulatoires, mais nous avons déjà une vingtaine de patients hospitalisés", explique cet homme robuste aux yeux protégés par des lunettes noires, un stéthoscope autour du cou.

Transporté sur un brancard de l'hélicoptère de la Croix-Rouge à l'unité des soins intensifs où il a été mis sous oxygène et antibiotique après injection d'antisérum et piqûre antitétanique, Yusfarida sera suivi vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Malgré les soins sophistiqués dont il peut bénéficier ici, le personnel ne cache pas son inquiétude sur ce cas. "Son état est très sérieux", confesse Kare. "Il est trop tôt pour dire si il se rétablira complètement." Les prochains jours seront critiques.

Quoi qu'il en soit, Yusfarida restera hospitalisé pendant quelques semaines. Une chose, en tout cas, est sûre: son évacuation médicale par la Croix-Rouge lui a sauvé la vie.

En principe, l'équipe norvégienne doit demeurer trois mois à Banda Aceh, mais elle est prête à prolonger son séjour aussi longtemps qu'il sera nécessaire. "Notre mission pourrait durer jusqu'à un an. Tout dépendra des besoins et de l'évolution de la situation", commente Kare avec un haussement d'épaules.

Cependant, la femme de Yusfarida et sa fillette n'ont nulle part où s'installer à Banda Aceh. Khamisah a bien des parents à Banda Aceh, mais elle ne sait pas où ils se trouvent, ni même s'ils ont survécu au tsunami.

"Ne vous faites pas de souci pour elles", déclare un médecin de la Croix-Rouge de Norvège avec un sourire rassurant. "Nous prendrons soin de toute la famille."
Khamisah est assise avec sa fille sur les gradins du stade de football de Lhong Raya à Banda Aceh. Tout près de là, à l’hôpital de la Croix-Rouge, son mari Yusfarida est soigné contre le tétanos. (p12574)
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Gravement atteint par le tétanos, Yusfarida a été évacué de Teunom vers l’hôpital de campagne de la Croix-Rouge de Norvège à Banda Aceh. (p12575)
D’une capacité de 100 lits, l’hôpital de campagne de Banda Aceh a été installé tout près du stade de football. Il est administré par la Croix-Rouge de Norvège, en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge. (p12576)
Le personnel de la Croix-Rouge de Norvège, qui comprend dans ses rangs l’anesthésiste Kare Lovsiakken (à gauche), assure des soins médicaux aux victimes du tsunami. (p12577)
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