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Le désir d’aider pousse les volontaires à Aceh
15 février 2005
Yrsa Grüne à Aceh
Son père a d’abord dit non, mais Eka ne renonce pas facilement. Volontaire de la Croix-Rouge indonésienne à Yogyakarta depuis deux ans, elle tenait à aller à Banda Aceh pour aider la population sinistrée par le tsunami dévastateur de décembre dernier. Son père a fini par céder et, aujourd’hui, la jeune femme de 22 ans est à Banda Aceh pour deux semaines encore.

“Ça s’est fait petit à petit. Mes parents ont compris que cette mission ne présentait pas de véritable danger”, raconte-t-elle avec un grand sourire. Eka est l’aînée de quatre enfants – son prénom signifie “la première”. Elle a récemment obtenu son diplôme d’anglais à l’université Ahmad Dahlan de Yogyakarta. “J’aime lire en anglais et c’est une langue qui permet de communiquer partout dans le monde actuel.”

Lorsqu’elle rentrera chez elle, Eka compte chercher un poste de professeur d’anglais dans une école secondaire. A ses moments libres, elle voyage avec ses amis et pratique l’escalade. “Nous avons gravi le plus haut sommet de ma région, le Marbabu”, déclare-t-elle fièrement.

C’est par un camarade étudiant que la jeune femme a entendu parler de la Croix-Rouge indonésienne. Estimant que l’organisation faisait un bon travail, elle a décidé de s’intéresser de plus près à sa Société nationale et au Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans son ensemble. Depuis deux ans, elle compte au nombre des milliers de volontaires de la Croix-Rouge indonésienne.

Eka était déjà venue à Aceh en 2003 à l’occasion d’une réunion d’étudiants membres de l’organisation. Mais, cette fois, la situation est bien différente. Eka prend ses repas et dort dans la cour du siège de la Société nationale à Banda Aceh, en compagnie de ses camarades volontaires.

Depuis son arrivée, elle fait office d’interprète pour les membres des équipes de logistique déployées dans la ville dévastée, facilitant ainsi la coordination entre la Fédération internationale et la Croix-Rouge indonésienne. Elle assure également des tâches administratives dans l’immeuble de la société Toyota que se partagent depuis plusieurs semaines les deux organisations.

Chaque jour, elle accompagne aussi ses collègues chargés de récupérer les corps des victimes. Quand je lui demande si elle et ses amis ne font pas des cauchemars à cause de ce travail particulièrement pénible, Eka répond sans la moindre hésitation par la négative. “La mort est un aspect de cette réalité. Quand vous avez compris cela, il n’y a pas de place pour les états d’âme.”

La jeune femme conclut par les même mots que j’ai déjà entendus dans la bouche de nombreux volontaires de la Croix-Rouge indonésienne: “Ce qui compte, c’est de se rendre utile”.
Eka, volontaire de la Croix-Rouge indonésienne, a ressenti le besoin impérieux de partir pour Banda Aceh afin d’assister les victimes du tsunam (p12603)

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Eka seconde les équipes de logistique à Aceh, assurant des services d’interprète et des tâches administratives (p12605)

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