Depuis
des mois, les tempêtes tropicales et les ouragans qui
ont balayé Haïti ont permis à la Croix-Rouge
de se forger et de renforcer une expérience précieuse
dans les interventions d’urgence et dans l’élaboration
de plans de préparation aux catastrophes.
Des centaines de volontaires de la Croix-Rouge haïtienne
(CRH) ont été mobilisés lors des passages
des cyclones Dennis, puis Emily, pour apporter une assistance
d’urgence aux victimes et pour aider à l’évaluation
des besoins.
Ils ont également participé à l’évacuation
des sinistrés, comme par exemple dans la commune de Saint
Marc, lors du passage de l’ouragan Emily, qui a entraîné
la mort d’au moins cinq personnes et fait une trentaine
de blessés, la plupart des enfants.
La Fédération Internationale a lancé le
15 juillet un appel d’urgence afin d’appuyer la
Croix-Rouge haïtienne et les sociétés nationales
d’autres pays des Caraïbes affectés par «
Emily » pour l’assistance aux victimes de ce phénomène.
Plus de 800 familles y sont sinistrées et leurs besoins
prioritaires comprennent des ustensiles de cuisine, des articles
d’hygiène, des fournitures scolaires, des matelas
et des couvertures. La Fédération compte fournir
des articles d’hygiène à 1.000 familles
vulnérables (5.000 personnes) qui seront distribués
par la Croix-Rouge haïtienne.
Ces distributions seront couvertes par l’appel d’urgence
qui a été lancé par la Fédération
internationale le 15 juillet dernier, pour 758.000 francs suisses
(585,500 US$/486.400 €), afin de porter secours aux sinistrés
des cyclones Dennis et Emily, dans plusieurs îles, dont
La Grenade, la Jamaïque et Haïti.
La Fédération compte également poursuivre
les programmes d’appui au développement de la capacité
de la Croix-Rouge haïtienne, par exemple en matière
de recrutement de volontaires et de maintenance du réseau
de télécommunications de la Croix-Rouge haïtienne,
dont les travaux ont débuté l’année
dernière. L’efficacité des systèmes
de communication radio est essentielle, car elle permet des
contacts réguliers et permanents avec les comités
locaux sur le terrain.
Lors du passage du Cyclone Dennis au début de juillet
2005, 500 volontaires des comités régionaux ont
été mobilisés pour porter secours aux sinistrés.
Le cyclone a fait 56 morts, 24 disparus, 36 blessés,
et plus de 2300 sinistrés, et a emporté de nombreuses
têtes de bétail et dévasté de vastes
plantations de bananes. Dans ses opérations de secours,
la CRH a bénéficié de l’appui plusieurs
autres Sociétés de la Croix-Rouge (canadienne,
française et espagnole) et du CICR, ansi que de l’Unité
panaméricaine de réponse aux désastres
de la Fédération, basée à Panama.
Après le passage de la tempête tropicale Jeanne,
en septembre 2005, la ville des Gonaïves, était
devenue un véritable cimetière, avec 1800 morts,
800 disparus et de nombreuses maisons détruites par les
inondations. La Croix-Rouge haïtienne a réalisé
d’importants ouvrages dans certains quartiers avec l’appui
de la Fédération internationale et d’autres
Sociétés nationales de la Croix-Rouge, comme la
réhabilitation de 600 latrines et la construction de
100 nouvelles latrines dans les quartiers Allumette et Yvon,
deux bidonvilles fortement peuplés.
Aux Gonaïves, la Croix-Rouge haïtienne, avec ses sept
comités locaux et ses 200 volontaires actifs, développe
plusieurs activités : transfusion sanguine, santé
communautaire, sensibilisation contre le VIH/SIDA avec 17 pairs
éducateurs formés par la Fédération
en juin dernier, diffusion des Principes de la Croix-Rouge,
secours en cas de désastres, service ambulancier (activité
phare) avec une vingtaine d’ambulanciers formés
par la Croix-Rouge française et des activités
pour les jeunes, dont une équipe de basketball inscrite
au championnat local.
Les volontaires de Gonaïves ont rendu de grands services
à la communauté, après le passage de Jeanne.
Gislaine Cherisma, célibataire et mère de 4 enfants,
vit dans une baraque de 2 pièces dont le sol est en terre
battue dans le quartier Allumette. Son fils âgé
de 7 ans est toujours porté disparu.
Il lui a échappé quand elle tentait d’évacuer
tous ses enfants dans la nuit du désastre. Gislaine a
découvert la Croix-Rouge lors du passage de Jeanne. «J’ai
été enregistrée comme sinistrée.
Les volontaires m’ont remis une carte de sinistré
et j’ai reçu un réchaud à gaz et
des ustensiles de cuisine».
Elle a été impressionnée par la serviabilité
des volontaires et leur humanisme. «Vous savez, dans des
pareils cas, on a souvent besoin non seulement d’un soutien
matériel mais aussi d’un réconfort moral.
Autrement dit, on a besoin de gestes de compassion et la Croix-Rouge
haïtienne me l’a démontrée ».
Outre le réchaud et les ustensiles, Gislaine a bénéficié
depuis juin 2005, d’une latrine construite par la CRH
avec l’appui de la Fédération.
«Aujourd’hui, je suis à l’abri des
maladies et je suis épargnée de longs déplacements»,
affirme-t-elle.
D’autre part, la Croix-Rouge haïtienne a 13 comités
régionaux et plus de 5000 volontaires, et mène
de nombreux programmes en partenariat avec plusieurs sociétés
nationales , dont les Croix-Rouge allemande, américaine,
canadienne, espagnole, française et néerlandaise,
ainsi qu’avec le CICR.
Elle a élaboré un plan national de développement
dont les priorités comprennent la santé et les
soins communautaires, la gestion des catastrophes, le service
ambulancier et le développement organisationnel.
Toutefois, l’appel annuel lancé par la Fédération
internationale en décembre 2004 et mis à jour
en juin 2005 pour mettre ce plan en œuvre n’est couvert
qu’à 12,5 %. Des fonds supplémentaires seront
donc nécessaires pour permettre à la Croix-Rouge
haïtienne de relever les défis que l’avenir
lui réserve, dont les conséquences de la saison
cyclonique 2005 ainsi que celles du cycle récurrent de
violence que connaît le pays.
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Le
niveau d'eau a atteint environ 1m de hauteur.L'inondation
de saint Marc a forcé les habitants de cette maison
à évacuer. (p13025)
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L'impuissance
de l'homme devant les forces de la nature. Une grande
masse de boue entraînée par l'inondation
a obligé les habitants à fuir le foyer.
Photo: Fédération internationale (p13026)
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Après
l'inondation de Saint Marc, le Comité local de
la Croix-Rouge haïtienne évalue les besoins
des sinistrés avec l'appui de la Fédération.
Photo: Fédération internationale (p13027)
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Après
la pluie, les inondations ont entraîné aussi
les éboulements. Le constat des dégâts
causés par le désastre. Une équipe
de la Croix-Rouge haïtienne évalue les besoins.
Photo: Fédération internationale (p13024)
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