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Indonésie: soigner les blessures invisibles
18 juillet 2005
Karl Schuler à Aceh, Indonésie.
“Je m’appelle Rosmawati. Soyez les bienvenus à Seubun Ayoen”. Agée de 32 ans, Rosmawati accueille ses visiteurs avec une gentillesse qui laisse transparaître une impressionnante énergie. Elle est la porte-parole des vingt-cinq familles qui vivent depuis le 26 décembre dernier dans ce campement de huttes en bois accrochées au flanc de la colline, dans l’ombre luxuriante des palmiers.

Les visiteurs ne sont pas des étrangers pour Rosmawati, qui a noué une relation de confiance avec Meric Goezden, délégué du Croissant-Rouge turc. Tout au long des mois qui ont suivi la catastrophe, elle a activement participé au programme psychosocial mené conjointement par la Société nationale turque et par la Croix-Rouge indonésienne.

“Lorsque nous avons créé un groupe de soutien pour les enfants de Seubun Ayoen au début de l’année, Rosmawati s’est spontanément jointe à nous”, raconte Meric. “En tant que mère de deux enfants, elle sait combien il est important de donner aux plus jeunes la possibilité d’exprimer leurs angoisses. Peinture, dessin et jeux les aident à évacuer leurs peurs et leur agressivité. “Les premiers dessins représentaient la vague meurtrière, des gens qui prenaient la fuite, des hélicoptères. A présent, les enfants sont apaisés et dessinent plus volontiers leur nouvelle maison, des fleurs et des oiseaux”, explique le délégué.

Autrefois, Rosmawati contribuait au revenu familial en vendant des pâtisseries maison. Après la catastrophe, elle a mis sur pied une cuisine communautaire dans le camp. De cuisiner ensemble permet aux femmes de partager leurs souffrances et autres sentiments. Un groupe de femmes a également été constitué. Ses membres se réunissent chaque semaine avec les spécialistes de la Croix-Rouge. De leur côté, les hommes se rassemblent régulièrement autour d’un café dans le cadre d’un groupe de discussion animé par Iwan Marwan, un psychologue originaire d’Aceh employé par la Croix-Rouge indonésienne. “Il est essentiel d’assurer un soutien aux femmes et aux enfants, mais nous ne devons pas oublier non plus qu’un événement aussi dramatique est traumatisant aussi pour les hommes, bien que ceux-ci aient généralement plus de mal à en parler”, note Iwan.

Seubun Ayoen est l’un des vingt-cinq camps et villages de la zone côtière de Lhokgna, à l’ouest de Banda Aceh, dans lesquels la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge conduisent leurs activités de soutien psychosocial. En outre, des spécialistes visitent régulièrement les écoles et orphelinats de la région. Au cours des derniers mois, quelque 13 600 femmes, hommes et enfants au total ont pu bénéficier d’une assistance. Le 8 mai, Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, un tournoi de football a opposé les équipes d’adolescents de seize camps. Cette manifestation a été une véritable fête pour la population de toute la région.

Meric Goezden, qui, depuis le terrible tremblement de terre de 1999 à Izmit, en Turquie, s’est essentiellement consacré à la mise en place de services de soutien psychosocial, se dit très impressionné par les habitants d’Aceh. “Très peu de personnes ont manifesté des symptômes suffisamment alarmants pour nécessiter un traitement psychomédical de longue haleine. Les femmes, en particulier, font preuve d’une remarquable force de caractère. En dépit des conditions d’existence très précaires qui prévalent dans les camps, elles envisagent l’avenir avec énergie et confiance.”

Trois des dix spécialistes du soutien psychosocial qui avaient été déployés durant la phase d’urgence travaillent désormais à plein temps pour la Croix-Rouge indonésienne. Ils s’emploient plus spécialement à encadrer le personnel enseignant et médical, ainsi que les chefs locaux. Des individus comme Rosmawati sont aujourd’hui les véritables moteurs du relèvement communautaire.
Les activités de groupe permettent aux enfants de surmonter peu à peu leur traumatisme. Peinture, dessin et jeux les aident à évacuer leurs peurs et leur agressivité. Les premiers dessins représentaient la vague meurtrière, des gens qui prenaient la fuite, des hélicoptères. A présent, les enfants sont apaisés et dessinent plus volontiers leur nouvelle maison, des fleurs et des oiseaux.
Les activités de groupe permettent aux enfants de surmonter peu à peu leur traumatisme. Peinture, dessin et jeux les aident à évacuer leurs peurs et leur agressivité. Les premiers dessins représentaient la vague meurtrière, des gens qui prenaient la fuite, des hélicoptères. A présent, les enfants sont apaisés et dessinent plus volontiers leur nouvelle maison, des fleurs et des oiseaux. Photo: Fédération internationale/K. Schuler (p13020)

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Rosmawati, représentante de la communauté, et Iwan Marwan, spécialiste du soutien psychosocial, dans le camp provisoire de Seubun Ayoen. Après la tragédie, Rosmawati a mis sur pied une cuisine communautaire dans le camp. De cuisiner ensemble permet aux femmes de partager leurs souffrances et autres sentiments.
Rosmawati, représentante de la communauté, et Iwan Marwan, spécialiste du soutien psychosocial, dans le camp provisoire de Seubun Ayoen. Après la tragédie, Rosmawati a mis sur pied une cuisine communautaire dans le camp. De cuisiner ensemble permet aux femmes de partager leurs souffrances et autres sentiments.
Photo: Fédération internationale/K. Schuler (p13019)

Ces femmes et ces enfants résident dans un camp d’hébergement provisoire à Banda Aceh. Les activités communautaires organisées dans le cadre du programme de soutien psychosocial mené conjointement par le Croissant-Rouge turc et la Croix-Rouge indonésienne sont essentielles pour aider les sinistrés à reprendre confiance dans la vie après le traumatisme infligé par le tsunami.
Ces femmes et ces enfants résident dans un camp d’hébergement provisoire à Banda Aceh. Les activités communautaires organisées dans le cadre du programme de soutien psychosocial mené conjointement par le Croissant-Rouge turc et la Croix-Rouge indonésienne sont essentielles pour aider les sinistrés à reprendre confiance dans la vie après le traumatisme infligé par le tsunami. Photo: Fédération internationale/K. Schuler (p13021)
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