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Les habitants de Nias ont à nouveau un foyer

25 juillet 2005
Ian Woolverton, Croix-Rouge australienne, sur l’île de Nias.
“Je vous souhaite de nombreuses années de bonheur dans votre nouveau foyer”, déclare Robert Tickner, directeur de la Croix-Rouge australienne, en remettant à Joshua, sa femme Rosinta et leurs trois enfants la clé de leur maison à Sirombu. Bâti sur une étroite langue de terre de la côte sud-ouest de l’île de Nias, leur ancien village avait été dévasté par les raz-de-marée du 26 décembre dernier, comme beaucoup d’autres communautés du littoral.

Le tsunami avait fait quelque 300 morts et causé d’énormes dommages matériels à Nias, située au large de la côte occidentale de Sumatra. Ce jour-là, Joshua et les siens avaient eu de la chance, toutefois: la maison familiale avait résisté aux assauts des vagues en furie, ne subissant que des dégâts mineurs. Mais le pire était à venir. En mars, une réplique d’une magnitude de 8,7 sur l’échelle de Richter a ébranlé l’île, détruisant églises, écoles, boutiques et autres édifices. Des communautés entières ont été anéanties.

A travers toute l’île, les routes ravagées témoignent encore de la puissance dévastatrice du séisme. Semées de nids-de-poule géants, ravinées et défoncées, elles ressemblent plutôt à des pistes de fortune ou à des lits de rivière asséchés. De part et d’autre de ces chaussées étroites et tortueuses, des familles campent à l’abri de bâches en plastique bleu ou sous des tentes montées à côté des ruines de leurs maisons – dons d’organismes d’assistance qui n’étaient destinés qu’à un usage très provisoire.

Selon les Nations unies, le séisme de mars a fait plus de 1000 morts et des centaines de familles de sans-abri, parmi lesquelles celle de Joshua. Déjà affaiblis par le tsunami, les bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes. Joshua était chez lui quand cette seconde catastrophe a réduit sa maison en un amas informe de ciment, de verre brisé et de bois. “Perdre notre maison a été très dur”, raconte-t-il, “mais, grâce à Dieu, nous étions tous sains et saufs.”

Répugnant à quitter les lieux, la famille a campé trois mois durant sur une parcelle d’herbe et de terre à côté de la maison en ruine. Aujourd’hui, enfin, Joshua et les siens vont pouvoir commencer véritablement à reconstruire leurs existences, comme d’autres sinistrés. Avec le soutien de la Fondation Zero to One, la Croix-Rouge australienne a en effet aidé à construire sur l’île de Nias de 254 maisons, neuf ponts, deux écoles, trois stations de traitement de l’eau et un centre de premiers secours, dans le cadre d’un projet d’une valeur de 600 000 dollars australiens.

La famille de Joshua a été la première a emménager dans son nouveau foyer. Au cours des mois à venir, des centaines d’autres bénéficiaires s’installeront dans ces logements bâtis grâce aux dons collectés par la Croix-Rouge parmi la population australienne. Beaucoup de maisons restent à construire, mais leurs fondations sont déjà bien visibles sur le terrain verdoyant choisi à proximité de l’ancien village. Au regard des standards occidentaux, ces demeures peuvent sembler bien modestes, mais, pour la communauté locale, leur valeur est inestimable.

“Je suis originaire de Sirombu”, confie Fona Marundrury, en sueur sous le soleil implacable de midi. Courtier de bourse à Jakarta, cet homme de 39 ans est un membre hautement respecté de la communauté. Lorsqu’un cousin lui a téléphoné pour l’informer que Nias avait été frappée par le tsunami, il s’est précipité sur l’île pour aider les sinistrés. “J’ai été vraiment inquiet quand j’ai appris la nouvelle”, raconte-t-il. “Je n’arrivais pas à savoir ce qui était arrivé aux miens. Personne ne pouvait me renseigner. La seule chose à faire était donc de venir sur place.”

Fona s’est envolé pour Nias dès le 27 décembre. A l’aéroport de Binaka, sur la côte orientale de l’île, il a loué une motocyclette et roulé trois heures durant pour franchir les 50 kilomètres qui le séparaient de Sirombu. Il était une des premières personnes à atteindre la communauté sinistrée. Ce qu’il y a découvert l’a bouleversé. La plupart des maisons étaient détruites. Par bonheur, le bilan humain a été moins grave qu’on aurait pu le craindre: moins de quarante morts dans le village.

“Sirombu est bâti sur une langue de terre très étroite, ce qui fait qu’il a été pris en étau par les vagues. La péninsule avait pratiquement disparu sous les eaux. Le village a été un des plus durement touchés de l’île”, rapporte Fona.

Le projet de construction de logements de la Croix-Rouge australienne à Sirombu est une des plus belles réussites de l’opération tsunami à ce jour. Trois mois seulement après la fin de la phase d’urgence, des familles de sans-abri ont déjà pu emménager dans leurs nouvelles maisons. Pour en arriver là, il a d’abord fallu mener à bien un processus intensif de planification et de consultation communautaire. Avant de poser la moindre pierre, la Croix-Rouge et la Fondation Zero to One ont mené des discussions approfondies avec les chefs locaux afin de préciser les besoins particuliers de la population en matière de logement.

Installés sur les bancs à moitié cassés d’une église privée de son toit par le tremblement de terre, anciens, notables et chefs de famille ont longuement palabré. Selon Fona, quelque 200 familles ont participé au processus. “Il y avait de nombreuses questions à débattre”, raconte-t-il. “Voulait-on des maisons en bois, ou en maçonnerie? Etait-on d’accord pour construire à distance des routes et de l’océan? Est-ce que le modèle d’habitation proposé convenait aux intéressés? La consultation a été très positive.”

Les impératifs professionnels ont contraint Fona à s’absenter plus souvent qu’il ne l’aurait voulu. Mais, chaque week-end, durant les six derniers mois, il s’est imposé le long et pénible voyage depuis Jakarta afin de participer aux efforts. Il est particulièrement fier d’avoir pu contribuer à la rénovation de la maison de son enfance. “Je suis très heureux d’être ici et de prendre part au travail. Et je remercie Dieu pour l’aide que nous a apporté la Croix-Rouge”, commente-t-il.

De l’autre côté de la route, Rosinta et ses trois enfants – Joshua, 11 ans, Ekwivalen, 7 ans, et Obina, 5 ans – ne se lassent pas d’admirer leur nouvelle maison. Tout le voisinage est venu leur souhaiter la bienvenue et il y a foule dans la pièce principale, où on a servi le thé, le poulet et le riz.

Le projet ne sera pas achevé avant quelques mois. De nombreuses familles de Sirombu devront supporter un peu plus longtemps l’incommodité des abris temporaires, mais, bientôt, toutes seront enfin relogées. “Cela signifie beaucoup pour nous tous de retrouver un endroit que nous pouvons appeler notre foyer”, conclut Joshua, retenant à grand peine ses larmes.

Robert Tickner, directeur de la Croix-Rouge australienne, remet à Joshua et à Rosinta la clef de leur nouvelle maison dans le village de Sirombu. Affaiblie par le séisme et le tsunami du 26 décembre, leur ancienne demeure n’avait pas résisté au violent tremblement de terre qui a frappé l’île de Nias en mars 2005. (p13030)
Robert Tickner, directeur de la Croix-Rouge australienne, remet à Joshua et à Rosinta la clef de leur nouvelle maison dans le village de Sirombu. Affaiblie par le séisme et le tsunami du 26 décembre, leur ancienne demeure n’avait pas résisté au violent tremblement de terre qui a frappé l’île de Nias en mars 2005. Photo: Fédération internationale (p13030)

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Les travaux se poursuivent à Nias, où la Croix-Rouge australienne et la Fondation Zero to One construisent 254 maisons d’habitation, neuf ponts, deux écoles, trois stations de traitement de l’eau et un centre de premiers secours. (p13032)
Les travaux se poursuivent à Nias, où la Croix-Rouge australienne et la Fondation Zero to One construisent 254 maisons d’habitation, neuf ponts, deux écoles, trois stations de traitement de l’eau et un centre de premiers secours. Photo: Fédération internationale (p13032)

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