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Volontaire à Aceh, une expérience enrichissante
5 août 2005
par Teresita P. Usapdin dans le district de Pidie, Aceh, Indonésie
Agée de 28 ans, Jenny Kwok est une professionnelle pleine de vie et d’enthousiasme. Chaussée de mocassins, elle court sans relâche d’un baraquement à l’autre, contrôlant l’état des puits, des latrines, des canalisations et des décharges publiques, un plan et un stylo à la main, un appareil photo accroché à l’épaule.

Jenny est ingénieur spécialisée dans les questions environnementales. Volontaire, elle a été détachée en juin 2005 par la Croix-Rouge de Hong Kong afin d’aider les habitants de la province indonésienne d’Aceh frappés par le tsunami du 26 décembre 2004. Son travail a pris un sens nouveau au contact des familles résidant dans les camps d’hébergement temporaire du district de Pidie et, jour après jour, Jenny s’enrichit elle-même en découvrant les ressources mises en oeuvre par les sinistrés pour surmonter leurs éprouves.

Vêtue d’une tunique à manches longues, un foulard sur la nuque et les yeux masqués par de grandes lunettes noires sous sa casquette à visière, Jenny s’active inlassablement avec ses collègues de la Croix-Rouge indonésienne, malgré la chaleur accablante. Elle inspecte les moindres recoins des camps, n’hésitant pas à ramper sous les baraquements lorsque c’est nécessaire pour s’assurer du bon fonctionnement des réseaux d’écoulement des eaux usées et autres installations sanitaires.

Elle veille au remplacement de toutes les fosses septiques provisoires par des cuves en ciment qui seront soigneusement vidangées tous les trois mois afin d’éviter d’éventuelles infiltrations d’eau polluée dans le sol. Elle signale les emplacements où il conviendrait d’installer des latrines et des lavoirs supplémentaires pour mieux répondre aux besoins des résidents et s’efforce de sensibiliser ces derniers à l’importance du tri des ordures, les encourageant notamment à séparer les déchets organiques des matières inorganiques.

“Nous l’appelons Miss Energie, parce qu’elle est infatigable”, rapporte Mega Handayani, une de ses collègues de la Croix-Rouge indonésienne. “Et elle sourit tout le temps, si bien qu’on a parfois tendance à oublier qu’elle accomplit un labeur extrêmement pénible.”

La Croix-Rouge de Hong Kong travaille main dans la main avec la Croix-Rouge française, la Croix-Rouge indonésienne et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour améliorer l’approvisionnement en eau et l’hygiène dans les dix-huit camps d’hébergement temporaire du district de Pidie où résident quelque 11 000 familles au total.

Aux yeux de Jenny, le plus important est que la Croix-Rouge rend à tous ces gens leur dignité en leur assurant un environnement salubre, propice à une vie plus saine et plus heureuse. En dépit des mises en garde de ses amis qui lui faisaient valoir les désagréments et les risques auxquels elle s’exposerait en se rendant dans une région dévastée, Jenny n’a pas hésité à quitter son emploi à Hong Kong pour cette mission humanitaire en Indonésie – et elle s’en félicite.

“Venir ici pour aider les familles éprouvées par le tsunami est la meilleure chose que j’ai faite dans ma vie. Je ne me suis jamais sentie aussi utile et aussi comblée à la fois”, commente-t-elle en croquant un morceau de gâteau de riz offert par les villageois. “Et les gens sont si chaleureux et si amicaux”, ajoute-t-elle.

Jenny tient à rendre hommage à son collègue M. Kuan, un ingénieur spécialisé dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement dont les années d’expérience du terrain ont grandement facilité sa tâche. Elle loue également la coopération et le soutien de ses collègues de la Croix-Rouge indonésienne qui lui fournissent de précieux conseils et informations, contribuant ainsi à rendre son travail plus aisé et mieux organisé.

“Je ne gagne, certes, pas beaucoup d’argent, mais je m’enrichis d’une expérience que l’argent ne peut pas acheter”, souligne la jeune femme. “En ce sens, cette mission est pour moi d’un profit inappréciable.”

Agé de 27 ans, Frédéric Gros, ingénieur en eau et assainissement détaché par la Croix-Rouge française, partage le sentiment de Jenny. “Savoir que mon travail contribue à procurer chaque jour de l’eau potable à des milliers de familles est extrêmement gratifiant”, déclare-t-il avec un large sourire en se préparant pour une nouvelle dure journée de labeur.

Une semaine seulement après le tsunami, l’unité d’intervention d’urgence de la Croix-Rouge française était à pied d’oeuvre dans le district de Pidie. Depuis, elle n’a cessé de renforcer ses capacités, portant sa production quotidienne d’eau potable à 290 000 litres pour pourvoir aux besoins de quelque 23 000 familles sur 42 sites au total, que ce soit en approvisionnant les citernes des camps d’hébergement temporaire ou en livrant le précieux liquide par camion dans les villages environnants.

“De l’eau pour la vie – je suis vraiment heureux de participer à une tâche aussi essentielle”, poursuit Frédéric, soulignant au passage les liens étroits qui unissent l’eau et l’environnement. “Un bon environnement fournit une eau de qualité, un mauvais environnement de l’eau médiocre. C’est pourquoi je m’intéresse également à l’un et à l’autre.”

S’il aime son travail et éprouve une profonde sympathie pour les familles déplacées, le jeune délégué confesse toutefois une certaine nostalgie de la vie en France – en particulier de ses vins et de ses fromages. “Mais ça n’est pas si important. Dans un endroit où les gens sourient et où les enfants jouent malgré leurs terribles épreuves, un verre d’eau pure peut être aussi délicieux que du vin.”


Comme les autres résidents des camps d’hébergement temporaire, Dewy Susenti utilise l’eau purifiée fournie par la Croix-Rouge française pour la lessive et la cuisine.
Comme les autres résidents des camps d’hébergement temporaire, Dewy Susenti utilise l’eau purifiée fournie par la Croix-Rouge française pour la lessive et la cuisine. Photo de Virgil Grandfield et Tess Usapdin/Fédération internationale (p13034)

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Ces femmes du district de Pidie tressent des nattes pour gagner un peu d’argent. Photo de Virgil Grandfield et Tess Usapdin/Fédération internationale (p13035)

Jenny Kwok, volontaire de la Croix-Rouge de Hong Kong montre à ses collègues comment enregistrer les données dans l’ordinateur.
Jenny Kwok, volontaire de la Croix-Rouge de Hong Kong montre à ses collègues comment enregistrer les données dans l’ordinateur. Photo de Virgil Grandfield et Tess Usapdin/Fédération internationale (p13036)

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