Nous
sommes mardi. Mary Tanda arrive au domicile d’un “client”
qui vit avec le VIH/sida. Son premier soin consiste à
s’assurer que le patient ne souffre pas d’escarres.
Découvrant un début de nécrose sur le flanc
gauche, elle s’empresse de le traiter.
Ensuite, elle explique aux membres de la famille que le patient
doit être tourné régulièrement pour
éviter ces problèmes et leur montre comment soigner
les éventuelles escarres. Mary travaille dans le cadre
du programme de soins à domicile de la Croix-Rouge du
Zimbabwe pour les personnes vivant avec le VIH/sida. Ses patients
sont des “clients”.
Comme Mary, des dizaines d’autres auxiliaires de santé
visitent chaque semaine les bénéficiaires du programme
à qui ils prodiguent des soins de base. Ils procurent
également aux familles des médicaments essentiels,
parfois de la nourriture, et leur apprennent à s’occuper
de leurs malades.
Loveness Samugadza, coordinatrice du programme à Chitungwiza,
explique que les soins infirmiers à domicile constituent
un élément primordial du soutien offert par la
Croix-Rouge du Zimbabwe aux familles touchées par la
pandémie. “Nous leur apprenons à traiter
les escarres, à faire la toilette des patients et à
les alimenter”, précise-t-elle.
Avant de quitter la maison de son client, Mary inspecte sa trousse
afin de vérifier que tous les médicaments sont
bien à leur place. Elle s’assure également
que son uniforme – robe bleue, tricot bleu et chaussures
marron – est aussi immaculé qu’au moment
où elle l’a enfilé quelques heures plus
tôt, puis elle remonte sur sa bicyclette pour poursuivre
sa tournée.
“L’hygiène est très importante lorsqu’on
s’occupe de malades. Si on n’est pas extrêmement
méticuleux, on risque de transmettre des germes aux patients
ou d’attraper soi-même des agents infectieux. C’est
la première leçon que nous apprenons dans nos
cours de formation aux soins à domicile”, poursuit
Loveness.
Avant de prendre ses fonctions actuelles, Loveness a enseigné
les premiers secours pendant onze ans à la Croix-Rouge
du Zimbabwe.
Depuis le lancement en 1992 de son programme de soins à
domicile pour les personnes vivant avec le VIH/sida, la Croix-Rouge
du Zimbabwe a toujours attaché une attention prioritaire
à cette formation.
La connaissance des méthodes de premiers secours est
exigée de tous les volontaires recrutés comme
auxiliaires de santé, car elle est à la base des
soins à domicile, elle développe le sentiment
de compassion vis-à-vis des malades, elle sensibilise
aux règles d’hygiène et à d’autres
principes essentiels pour le bien-être des clients et
de leurs familles. “Les premiers secours ouvrent l’esprit
sur les besoins des gens et sur la meilleure façon d’y
répondre”, résume Loveness.
Emma Kundishora, secrétaire général de
la Croix-Rouge du Zimbabwe, confirme le rôle crucial des
premiers secours. “La pandémie du VIH/sida pose
à notre pays d’énormes défis. Pour
notre part, nous avons jugé que les soins à domicile
représentaient une des meilleures contributions possibles
à la lutte contre la maladie et notre expérience
des premiers secours a constitué un point de départ
idéal pour développer ce programme”, explique-t-elle.
De fait, la Croix-Rouge du Zimbabwe assure des services de formation
aux premiers secours depuis 1981 dans chacune des dix provinces
du pays, avec pour objectif principal de limiter l’impact
des accidents et des catastrophes en enseignant des gestes vitaux
aux membres de la communauté.
Plus de 100 instructeurs dispensent des cours très variés
allant des principes de base aux techniques les plus avancées,
en passant par la spécialisation en milieu industriel
et minier, la prévention des accidents, les soins à
domicile et la formation des formateurs. Le diplôme de
premiers secours de la Société nationale est un
visa précieux pour obtenir un emploi infirmier dans les
institutions de santé gouvernementales.
La Croix-Rouge du Zimbabwe déploie des efforts soutenus
pour toucher les communautés les plus vulnérables.
Parmi celles qui sont éloignées de tout centre
médical, par exemple, les cours sont dispensés
gratuitement.
Chaque année, quelque 25 000 personnes sont ainsi initiées
aux premiers secours communautaires. La Croix-Rouge conduit
également des cours de formation payants dans le secteur
privé, en particulier auprès d’entreprises
engagées dans des activités industrielles à
risque, comme l’extraction minière. Cette formation
touche environ 60 000 personnes par an en moyenne.
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Mary
travaille dans le cadre du programme de soins à
domicile de la Croix-Rouge du Zimbabwe pour les personnes
vivant avec le VIH/sida. Ses patients sont des “clients”.
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La
Croix-Rouge du Zimbabwe assure des services de formation
aux premiers secours depuis 1981 dans chacune des dix
provinces du pays. (p13250)
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