Depuis
cinq ans, Samaratunge, veuve, vivait de l’élevage
de volailles. Cette activité assurait la subsistance
de la famille et payait la scolarité de ses deux filles.
Samaratunge avait investi plus de 180 000 Rs. (environ 18 000
dollars) dans son exploitation, mais c’était peu
de chose encore au regard des efforts consentis pour la faire
fructifier. “C’était un énorme travail,
mais j’étais déterminée à
gagner suffisamment d’argent pour offrir une vie décente
à mes filles”, déclare-t-elle.
Le 26 décembre 2004, tout cela a été réduit
à néant en l’espace de quelques secondes
par le tsunami. Le raz-de-marée qui a traversé
sa maison a tué toutes ses poules et emporté pratiquement
tous ses biens personnels. Par chance, Samaratunge et ses deux
filles ont survécu, mais elles n’avaient plus aucun
moyen de subsistance.
On estime que quelque 150 000 personnes ont été
ainsi privées de leurs ressources par la catastrophe,
et que 40 000 veuves, orphelins, vieillards et handicapés
auront besoin d’un soutien de longue durée, voire
permanent, pour compenser cette perte. Le Mouvement de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge a vite compris que la restauration des
moyens de subsistance constituait un élément clé
du processus de relèvement et, aujourd’hui, il
fournit un soutien à des milliers de sinistrés
comme Samaratunge.
Dans le cadre d’un projet conjoint de la Croix-Rouge espagnole
et de la Croix-Rouge du Sri Lanka, Samaratunge reçoit
une formation et une aide matérielle pour cultiver des
plantes ornementales, ce qui lui permettra à terme de
reconquérir une certaine autonomie. Au total, 200 habitants
du district bénéficient de ce programme d’activités
rémunératrices axées sur la production
de champignons, de plantes ornementales et d’aliments
préparés tels que confitures et chutney.
“J’utiliserai une partie du jardin de ma belle-soeur
pour cultiver des palmiers, des géraniums et des orchidées”,
explique Samaratunge. “J’espère gagner assez
d’argent en vendant ces plantes pour monter un nouvel
élevage de volailles sur ma propre parcelle.”
“Nous avons travaillé en étroite collaboration
avec le bureau du département sri lankais de l’Agriculture
et avec la Croix-Rouge du Sri Lanka pour identifier les cultures
les plus appropriées et les marchés potentiels
pour la vente des produits”, indique Marta Alejano Monge,
déléguée de la Croix-Rouge espagnole en
charge du développement des moyens de subsistance.
La Croix-Rouge espagnole a mis en oeuvre un autre projet de
longue haleine visant à relancer l’industrie locale
de la cannelle dans le district de Galle, au sud du pays. La
culture de la cannelle occupait une place très importante
dans la région et les ravages causés par le tsunami
sur près de 50 hectares de plantations a porté
un coup très rude aux revenus de centaines d’habitants.
Le département de l’Agriculture a consenti à
fournir un appui technique à ce projet qui vise à
promouvoir une production de qualité et des méthodes
de transformation sûres et respectueuses de l’environnement.
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge sont engagés dans
un large éventail d’activités rémunératrices
domestiques qui profiteront tout particulièrement aux
femmes. Cela va des projets d’agriculture et d’élevage
de volailles, de porcs et d’abeilles aux ateliers de tissage
et de fabrication de dentelle, en passant par la création
de pépinières et de jardins potagers, ou encore
la production de compost. Dans la mesure du possible, ces projets
sont intégrés dans les programmes de relèvement
généraux conduits par le Mouvement.
Dans le district de Tangalle, au sud du pays, 64 maisons ont
été bâties sur un nouveau site de réinstallation.
La Croix-Rouge néerlandaise y soutient un projet de corderie
destiné à procurer des revenus aux femmes locales,
dont beaucoup ont été contraintes d’abandonner
leurs activités antérieures. Une soixantaine d’entre
elles ont reçu des machines à tresser pour fabriquer
des cordes à base de fibres de coco. L’une d’elles,
Siriwathee, produit chaque jour une quarantaine de longueurs
de corde qu’elle vend à des agriculteurs locaux,
ce qui lui rapporte environ 50 dollars par mois.
“Avant le tsunami, mon mari était pêcheur,
mais, maintenant, il n’a plus guère de travail.
L’argent que je gagne nous permet d’acheter des
articles de base pour la maison et pour nos enfants”,
commente-t-elle.
En dépit des efforts considérables déployés
afin de relancer le secteur de la pêche, la répartition
des barques et des équipements n’a pas toujours
été équitable et certaines communautés
ont été négligées. La Croix-Rouge
britannique vient d’achever la distribution de 39 bateaux
“Beach Seine” au sein d’une petite communauté
de Batticaloa, sur la côte orientale du Sri Lanka. Il
s’agit d’embarcations spécialement destinées
à la pêche au filet dans les eaux peu profondes
qui longent le littoral. Chacune permet à une trentaine
de pêcheurs de pratiquer leur métier. Un accord
novateur a été conclu avec la Fédération
locale des propriétaires de bateaux en vue de privilégier
les employés du secteur dont les revenus sont souvent
très modestes dans le cadre des pêcheries traditionnelles.
La Fédération internationale a également
mis sur pied des projets multilatéraux axés sur
le développement des compétences et la formation
professionnelle parmi les sans-abri et les personnes déplacées
qui résident dans des camps provisoires. En décembre,
un programme a été lancé en coopération
avec le département de la formation professionnelle afin
d’initier aux métiers du bâtiment un millier
de rescapés du tsunami. Au cours des six prochains mois,
53 cours d’une semaine chacun seront organisés
dans les trois districts concernés. A l’issue de
la formation, chaque participant recevra un assortiment d’outils
qui augmentera ses chances de trouver un emploi.
“Pour que les gens puissent se remettre au travail, il
est indispensable de leur inculquer de nouvelles connaissances
ou de leur dispenser des cours de perfectionnement”, note
Marjukka Antila, qui coordonne le programme de restauration
des moyens de subsistance de la Fédération internationale.
“Les demandes sont très nombreuses, ce qui constitue
un signe des plus encourageants.”
|
 |
 |
|
Siriwathee
(à gauche sur la photo) achève la fabrication
d’un rouleau de corde. La Croix-Rouge néerlandaise
soutient un projet de corderie destiné à
accroître les revenus des femmes réinstallées
dans une nouvelle communauté aménagée
par le Mouvement dans le district de Hambantota, au sud
du Sri Lanka.
Photo: Patrick Fuller/Fédération internationale
(p13670)
|
|
|
|
|
 |
|
Samaratunge
(à gauche) apprend à cultiver des plantes
ornementales. Les participants à ce projet mis
sur pied par la Croix-Rouge espagnole et la Croix-Rouge
du Sri Lanka bénéficient d’une formation
et d’aides matérielles qui leur permettront
d’acquérir une certaine autonomie.
Photo: Rukshan Ratnam/Fédération internationale
(p13669)
|
|
 |
|
La
Croix-Rouge britannique vient d’achever la distribution
de 39 bateaux “Beach Seine” au sein d’une
petite communauté de Batticaloa, sur la côte
orientale du Sri Lanka. Il s’agit d’embarcations
spécialement destinées à la pêche
au filet dans les eaux peu profondes qui longent le littoral.
Photo: Tarun Sarwal/Croix-Rouge britannique (p13688)
|
|