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Une île “verte” pour les rescapés du tsunami aux Maldives
29 décembre 2005
Par Stacey M. Winston, Fédération internationale, à Male’ aux Maldives
(Interviews: Seeniya Saeed et Sonath Abdul Sattar; traduction du dhivehi: Azza Hameed)
Un an après le tsunami qui a bouleversé le paysage des Maldives et ravagé une multitude d’existences, la Fédération internationale s’apprête à lancer son plus vaste projet individuel de construction.

A 9 h 23 du matin, ce funeste 26 décembre 2004, le raz-de-marée a balayé l’archipel, faisant plus de 3600 sans-abri parmi les habitants de Kandholhudhoo. Leur île ayant été totalement dévastée, les familles sinistrées ont uni leurs ressources pour organiser rapidement l’évacuation de la population vers cinq îles voisines.

Consciente des énormes besoins des communautés déplacées, mais aussi de la fragilité de l’écosystème de l’archipel, la Fédération internationale s’est engagée à aménager une nouvelle île “verte”, écologiquement viable, pour ces rescapés. “Les habitants de Kandholhudhoo voulaient deux choses: rester ensemble et ne pas quitter l’atoll de Raa”, explique Jerry Talbot, chef de la délégation de la Fédération internationale aux Maldives. “Deux îles répondaient à ces exigences – celle de Dhuvaafaru a finalement été choisie.”

Sur cette étendue vierge couverte de verdure, la Fédération internationale, opérant en coopération avec le gouvernement des Maldives, bâtira par étapes quelque 600 maisons, des bâtiments administratifs, un centre communautaire et une salle à usages multiples, un terrain de sport, quatre écoles et une pension, le tout pour un budget de 25 millions de dollars des Etats-Unis. A cela s’ajoutera un hôpital qui sera construit par la Croix-Rouge allemande, ainsi qu’un complexe d’édifices de deux étages comprenant une école destiné à accueillir la population en cas d’inondations ou de raz-de-marée.

La Fédération internationale attache une importance particulière à l’équilibre écologique de Dhuvaafaru. A chacune des phases de l’aménagement de l’île, on veillera à la protection des sites archéologiques et autres éléments du patrimoine, et les arbres et autres ressources naturelles importantes seront soigneusement préservés pour les besoins des nouveaux habitants.

Aménager une communauté insulaire pour plus de 3600 personnes exige du temps, mais les premiers pas ont déjà été accomplis. Des sites ont été défrichés, des routes dessinées et des emplacements sélectionnés pour les futures habitations. Le démarrage proprement dit de cet ambitieux projet de construction est prévu pour le début de 2006.

Soucieuse de mettre en place des sources d’énergie renouvelables, la Fédération internationale installera des panneaux solaires pour l’alimentation électrique des édifices communautaires et pour l’éclairage public. De son côté, la Croix-Rouge canadienne étudie la faisabilité d’un réseau d’éoliennes qui assurerait la production de courant pour l’ensemble de l’île. “Les différents systèmes seront raccordés au réseau électrique collectif, de manière à ce que tous les habitants puissent profiter de ces nouvelles sources d’énergie”, précise Jerry Talbot.

L’approvisionnement en eau et l’assainissement représentent un autre volet essentiel du développement de Dhuvaafaru. Chaque foyer recevra un équipement spécial qui lui permettra de recueillir l’eau de pluie pour la boisson. “Ce dispositif sera complété par un système de redistribution collectif qui prendra le relais lorsque les précipitations seront insuffisantes”, note Selina Shan, responsable du programme eau et assainissement de la Fédération internationale aux Maldives. “Ainsi, la communauté sera assurée de disposer d’un approvisionnement constant pour les besoins quotidiens, même en période de sécheresse.”

Les nouvelles habitations seront par ailleurs équipées d’un réseau d’égouts afin de permettre une élimination écologique des eaux usées et d’éviter la contamination des nappes souterraines.

Comme dans tous les pays affectés par le tsunami, la route du relèvement sera longue et difficile, en particulier pour les gens qui continuent de résider dans des camps de personnes déplacées et autres abris provisoires. De fait, beaucoup d’anciens habitants de Kandholhudhoo s’inquiètent de savoir quand leur nouvelle île sera habitable.

“Lorsque je passe au large de l’île, je peux voir des gens affairés à défricher le terrain. J’attends avec impatience le jour où tous les habitants de Kandholhudhoo seront à nouveau réunis”, déclare Ibrahim Mohamed, un commerçant de 47 ans.

L’aménagement complet d’une île entière constitue sans conteste un des projets de relèvement les plus ambitieux jamais entrepris par la Fédération internationale. “Pour avoir un sens, encore faut-il que ces structures contribuent réellement à la reconstruction des existences des sinistrés”, souligne Jerry Talbot.

D’ici 2007, Dhuvaafaru devrait être un lieu accueillant et sûr où Ibrahim et les autres sinistrés pourront envisager l’avenir avec confiance.

Aux Maldives, le 26 décembre 2005 a été entièrement dédié au recueillement et à la mémoire de la tragédie. Tout au long de la journée, les habitants ont évoqué non seulement les pertes et souffrances causées par le tsunami, mais aussi le chemin accompli au cours de l’année écoulée vers le relèvement et la reconstruction. Les progrès réalisés et les défis restant à relever sont au coeur d’un rapport conjoint publié à l’occasion de ce premier anniversaire par le gouvernement des Maldives, la Fédération internationale, les Nations unies et la Banque mondiale.

Ce document peut être téléchargé sur le site Internet de la Fédération voir www.ifrc.org/tsunami - document PDF - 2.6Mb - 39 pages (en anglais).

Approvisionnement en eau. Dhuvaafaru est une des 79 îles des Maldives dont les habitants recevront des équipements spéciaux destinés à recueillir l'eau de pluie pour la boisson.
Approvisionnement en eau. Dhuvaafaru est une des 79 îles des Maldives dont les habitants recevront des équipements spéciaux destinés à recueillir l’eau de pluie pour la boisson.
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