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En cas d’urgence, appelez le 188
12 avril 2006
Par Teresita Usapdin à Aceh, Indonésie. Photos Amalia Soemantri
En extase devant son bébé qui tète avec avidité, la jeune femme est l’incarnation même de la jeune mère comblée. Elle caresse tendrement les cheveux de son enfant, embrasse ses petites mains, chatouille délicatement le bout de son nez jusqu’à ce qu’il tressaille et laisse échapper un désarmant sourire.

“N’est-il pas charmant? Harris, mon prince Harris.” Radieuse, Murasiah frotte son visage contre celui de son bambin de six semaines. “Il a le plus beau sourire que j’ai jamais vu”, affirme-t-elle.

Agée de 23 ans, l’heureuse maman fait partie des nombreux rescapés du tsunami qui ont bénéficié du service d’ambulance mis sur pied par la Croix-Rouge indonésienne à Banda Aceh. Elle évoque le jour de son accouchement, le 9 février 2006.

“J’avais des contractions douloureuses depuis de longues heures déjà et j’attendais mon mari, qui était parti en quête d’un moyen de transport sur la route principale, distante d’environ un kilomètre de notre foyer.” C’est Abdurrahman, son mari, qui a aménagé l’abri de fortune où réside le jeune couple dans le coin le plus reculé du centre d’hébergement provisoire du village d’Alue Naga, après que le tsunami eut emporté non seulement la maison familiale, mais aussi deux frères et une soeur de Murasiah.

“Ensuite, je ne souviens plus de rien jusqu’au moment où on m’a allongée à l’intérieur d’un long véhicule dans lequel mon mari et deux autres personnes me tenaient et me réconfortaient. Plus tard, j’ai appris que c’était une ambulance de la Croix-Rouge. Elle nous a sauvé la vie à tous les deux, mon bébé et moi”, conclut-elle en embrassant à nouveau le petit Harris, dont le regard brille comme s’il comprenait les paroles de sa mère.

L’ambulance de la Croix-Rouge indonésienne a été appelée par un voisin du couple, qui a composé le numéro 188 spécialement réservé aux urgences. Murasiah raconte que cette personne avait été elle-même informée de l’existence du service par un ami transféré un jour en toute hâte à l’hôpital en raison de problèmes respiratoires.

Le service d’ambulances de la Croix-Rouge compte quatre véhicules entièrement équipés qui ont été fournis par le Croissant-Rouge de l’Arabie saoudite, l’organisation taïwanaise de la Croix-Rouge et Scheider Electric, une entreprise privée. Le projet a été lancé en octobre 2005 au sein des sections Croix-Rouge de Banda Aceh et d’Aceh Besar et l’information diffusée par le biais du bouche à oreille.

En janvier 2006, les Sociétés nationales norvégienne, australienne et allemande et la Croix-Rouge de Hong Kong, qui soutiennent le projet en coordination avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ont décidé de créer un centre d’appels téléphoniques d’urgence – le 188 – afin de rendre le service plus accessible à la population.

En février, la Croix-Rouge irlandaise s’est à son tour jointe au projet en finançant une émission de radio hebdomadaire d’une heure à Banda Aceh, dans le but, entre autres, d’améliorer encore l’information du public. Depuis le lancement du projet, plus de 300 patients en ont bénéficié, en majorité des victimes d’accidents de la route et des personnes sujettes à des problèmes respiratoires ou cardiaques.

Le service d’ambulances est assuré par une quarantaine d’employés et de volontaires de la Croix-Rouge indonésienne qui opèrent vingt-quatre heures sur vingt-quatre par rotations. La permanence téléphonique reçoit un à trois appels par jour, une moyenne qui tend toutefois à augmenter à mesure que l’information circule.

Dans la province d’Aceh, les ambulances de la Croix-Rouge servaient autrefois essentiellement à évacuer les corps de victimes du conflit armé. Aussitôt après le tsunami du 26 décembre 2004, elles ont été réaffectées au transport des victimes de la catastrophe, et, depuis la récente signature par les parties belligérantes d’un accord qui devrait mettre fin aux hostilités, ce service a pris une nouvelle dimension.

Vera Watti, 29 ans, qui coordonne le service d’ambulances de Banda Aceh depuis maintenant six ans et qui a pris une part très active au dispositif d’intervention en cas de catastrophe de la Croix-Rouge indonésienne, se félicite de cette évolution. “Autrefois, commente-t-elle, notre tâche consistait principalement à évacuer des cadavres. A présent, nous contribuons à sauver des vies. Depuis le démarrage du projet, aucun de nos patients n’est décédé.”

Cut Murnita, 23 ans, volontaire depuis quatre ans, a perdu des nièces et des neveux lors du tsunami. Elle aussi trouve son travail extrêmement gratifiant. “Chaque fois que nous pouvons répondre à une urgence et prodiguer les premiers secours à un patient, c’est pour moi une grande satisfaction”, déclare-t-elle.

“Mais je suis plus heureuse encore de savoir que la personne que nous avons amené à l’hôpital a survécu. Parfois, il m’arrive de penser à mes nièces et neveux luttant pour leurs vies et je voudrais avoir été là pour les secourir.”

Priyatna, 30 ans, chef de l’équipe d’Aceh Besar et volontaire de la Croix-Rouge indonésienne depuis 1999, se dit fier d’appartenir au Mouvement. “J’apprécie la neutralité de la Croix-Rouge, surtout en temps de conflit armé. Pendant des années, nous avons été les seuls à pouvoir accéder aux zones de guerre et à pouvoir recueillir les victimes sans crainte d’être attaqués.”

“Aujourd’hui, je suis plus satisfait encore de mon travail. Nous ne faisons pas que ramasser des cadavres, nous sauvons des vies”, ajoute-t-il.

Marliana, 16 ans, a été secourue un jour par le service d’ambulances de la Croix-Rouge indonésienne lorsqu’elle souffrait de problèmes respiratoires. Son souhait est de devenir un jour elle aussi volontaire au sein de l’organisation. “Si des gens peuvent me sauver la vie, je peux le faire pour d’autres. Je veux apprendre les premiers secours pour être en mesure d’aider à mon tour des personnes en difficulté”, déclare-t-elle.

Devant l’essor encourageant du service d’ambulances de la Croix-Rouge indonésienne, les Sociétés nationales partenaires envisagent d’étendre leur soutien à d’autres régions de la province d’Aceh, comme Calang, Teunom, Meulaboh et Nagan Raya.

“L’avenir est très prometteur”, souligne Pa Bustari, président de la section d’Aceh de la Croix-Rouge indonésienne. “Grâce au 188, nous allons pouvoir répondre à un nombre accru d’appels d’urgence.”

Murasiah a été transportée en urgence à l'hôpital dans une ambulance de la Croix-Rouge pour donner le jour à son fils Harris.
Murasiah a été transportée en urgence à l’hôpital dans une ambulance de la Croix-Rouge pour donner le jour à son fils Harris. (p13923)

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Le service d’ambulances de la Croix-Rouge compte quatre véhicules entièrement équipés qui ont été fournis par le Croissant-Rouge de l’Arabie saoudite, l’organisation taïwanaise de la Croix-Rouge et Scheider Electric, une entreprise privée. (p13922)

Le service d'ambulances est assuré par une quarantaine d'employés et de volontaires de la Croix-Rouge indonésienne qui opèrent vingt-quatre heures sur vingt-quatre par rotations.
Le service d’ambulances est assuré par une quarantaine d’employés et de volontaires de la Croix-Rouge indonésienne qui opèrent vingt-quatre heures sur vingt-quatre par rotations.
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Vera Watti est heureuse de travailler au centre d'appels d'urgence, sachant qu'elle peut ainsi contribuer à sauver des vies.
Vera Watti est heureuse de travailler au centre d’appels d’urgence, sachant qu’elle peut ainsi contribuer à sauver des vies. (p13920)

Marliana, qui a été transportée en urgence à l'hôpital par une ambulance de la Croix-Rouge indonésienne suite à un problème respiratoire, voudrait apprendre les premiers secours et devenir volontaire de l'organisation pour pouvoir à son tour contribuer à sauver des vies.
Marliana, qui a été transportée en urgence à l’hôpital par une ambulance de la Croix-Rouge indonésienne suite à un problème respiratoire, voudrait apprendre les premiers secours et devenir volontaire de l’organisation pour pouvoir à son tour contribuer à sauver des vies. (p13919)

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