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Maldives: une nouvelle communauté pour les sinistrés du tsunami
11 mai 2006
Par Joe Lowry, delegué d'information de la Fédération internationale à Male’, Maldives
Lorsque le tsunami de décembre 2004 a déferlé sur la petite île de Kandholhudhoo, aux Maldives, quelque 4000 personnes se sont retrouvées sans foyer. Aujourd’hui, elles assistent à l’éclosion d’une communauté créée de toutes pièces à leur intention sur l’île voisine de Dhuvaafaru, jadis inhabitée.

Il s’agit d’un des projets les plus ambitieux entrepris à ce jour par la Fédération internationale au titre des efforts de relèvement liés au tsunami. Outre quelque 600 maisons d’habitation, il est prévu de construire des bâtiments administratifs et communautaires au nombre desquels des écoles, un terrain de sport, une pension et un hôpital. Certains édifices comprendront deux étages afin d’offrir un refuge à la population en cas de futurs raz-de-marée.

Les travaux sont en cours depuis un certain temps déjà, mais, au début du mois de mai, une cérémonie spéciale a été organisée pour l’inauguration officielle du chantier. En présence de Johan Schaar, représentant spécial de la Fédération internationale pour l’opération tsunami, et de Maumoon Abdul Gayoom, président des Maldives, on a procédé à cette occasion à la pose de la première pierre, amorçant ainsi concrètement le retour à des conditions d’existence normales et plus sûres pour les sinistrés.

Plus de 2000 personnes avaient fait le déplacement, arrivant par dizaines à bord des dhoni, les bateaux de pêche traditionnels qui constituent le principal moyen de transport sur cet archipel de l’océan Indien composé de plus d’un millier d’îles. Parmi elles se trouvait Iasath Hassan, qui partage avec ses cinq enfants un logement provisoire de deux pièces depuis la catastrophe.

“Tout a été détruit en dix minutes”, raconte-t-elle. “Les enfants ont survécu uniquement parce qu’ils avaient pu se réfugier dans des bâtiments à deux étages... Je ne veux jamais retourner là-bas.”

Travaillant en étroite concertation avec le gouvernement, la communauté locale et les entreprises, la Fédération internationale a pris un soin tout particulier à garantir la préservation de l’environnement de Dhuvaafaru. L’approvisionnement en eau sera assuré par la récolte des eaux de pluie et le dessalement de l’eau de mer, le courant électrique fourni par l’énergie solaire et, éventuellement, éolienne. Les bénéficiaires ont été consultés tout au long du processus de planification et leur souhait de rester unis et à proximité de leurs anciens foyers a été pleinement respecté.

“Nous vivrons mieux ici”, affirme Iasath. “C’est une meilleure île.” Sa voisine partage sa confiance. “Nous patienterons le temps qu’il faudra”, commente-t-elle. “On ne peut pas précipiter les choses... un arbre ne pousse pas en un jour!”

Le représentant spécial de la Fédération internationale a profité de l’occasion pour mettre en avant les souffrances des personnes déplacées à travers le monde entier. “D’après notre expérience, hélas, ceux qu’on appelle communément les déplacés de l’intérieur deviennent parfois des citoyens de deuxième classe, négligés par les pouvoirs publics et privés de l’exercice de leurs droits”, a-t-il déclaré. “Pourtant, ce sont des membres à part entière de leur communauté et ils ont les mêmes droits que tous leurs concitoyens.”

Soulignant que la décision de délocaliser des populations est toujours “difficile et délicate”, M. Schaar a estimé qu’une solution satisfaisante avait été trouvée dans le cas particulier.

Pour sa part, le président Gayoom a dit partager la “profonde gratitude” de son peuple vis-à-vis des citoyens ordinaires du monde entier dont les dons ont représenté 80 pour 100 du total des fonds alloués aux efforts d’assistance et de relèvement consécutifs au tsunami. Hamdun Hameed, ministre maldivien de la planification et du développement, a quant à lui loué le travail accompli par la Fédération internationale et par d’autres organisations.

Les Maldives sont une des rares nations de la planète à ne pas encore posséder de Société de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge. Le 8 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le groupe de travail chargé de poser les fondations d’une telle organisation a organisé un concert et d’autres manifestations dans la capitale Malé, avec le concours de la Fédération internationale et de représentants de Sociétés nationales engagées dans le processus de relèvement.

Iasath et Vifa Hassan attendent avec impatience leurs nouvelles maisons sur l'île de Dhuvaafaru.
Iasath et Vifa Hassan attendent avec impatience leurs nouvelles maisons sur l’île de Dhuvaafaru. (p14025)

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Maumoon Abdul Gayoom, président des Maldives, et Johan Schaar, représentant spécial de la Fédération internationale, se recueillent avant d’inaugurer le chantier de la première des quelque 600 maisons qui seront construites sur l’île de Dhuvaafaru. (p14027)

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Un membre du groupe de percussions Bodeberu en pleine action lors d’un concert organisé à Malé, la capitale des Maldives, pour marquer la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. (p13851)
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