Lorsque
le tsunami de décembre 2004 a déferlé sur
la petite île de Kandholhudhoo, aux Maldives, quelque
4000 personnes se sont retrouvées sans foyer. Aujourd’hui,
elles assistent à l’éclosion d’une
communauté créée de toutes pièces
à leur intention sur l’île voisine de Dhuvaafaru,
jadis inhabitée.
Il s’agit d’un des projets les plus ambitieux entrepris
à ce jour par la Fédération internationale
au titre des efforts de relèvement liés au tsunami.
Outre quelque 600 maisons d’habitation, il est prévu
de construire des bâtiments administratifs et communautaires
au nombre desquels des écoles, un terrain de sport, une
pension et un hôpital. Certains édifices comprendront
deux étages afin d’offrir un refuge à la
population en cas de futurs raz-de-marée.
Les travaux sont en cours depuis un certain temps déjà,
mais, au début du mois de mai, une cérémonie
spéciale a été organisée pour l’inauguration
officielle du chantier. En présence de Johan Schaar,
représentant spécial de la Fédération
internationale pour l’opération tsunami, et de
Maumoon Abdul Gayoom, président des Maldives, on a procédé
à cette occasion à la pose de la première
pierre, amorçant ainsi concrètement le retour
à des conditions d’existence normales et plus sûres
pour les sinistrés.
Plus de 2000 personnes avaient fait le déplacement, arrivant
par dizaines à bord des dhoni, les bateaux de pêche
traditionnels qui constituent le principal moyen de transport
sur cet archipel de l’océan Indien composé
de plus d’un millier d’îles. Parmi elles se
trouvait Iasath Hassan, qui partage avec ses cinq enfants un
logement provisoire de deux pièces depuis la catastrophe.
“Tout a été détruit en dix minutes”,
raconte-t-elle. “Les enfants ont survécu uniquement
parce qu’ils avaient pu se réfugier dans des bâtiments
à deux étages... Je ne veux jamais retourner là-bas.”
Travaillant en étroite concertation avec le gouvernement,
la communauté locale et les entreprises, la Fédération
internationale a pris un soin tout particulier à garantir
la préservation de l’environnement de Dhuvaafaru.
L’approvisionnement en eau sera assuré par la récolte
des eaux de pluie et le dessalement de l’eau de mer, le
courant électrique fourni par l’énergie
solaire et, éventuellement, éolienne. Les bénéficiaires
ont été consultés tout au long du processus
de planification et leur souhait de rester unis et à
proximité de leurs anciens foyers a été
pleinement respecté.
“Nous vivrons mieux ici”, affirme Iasath. “C’est
une meilleure île.” Sa voisine partage sa confiance.
“Nous patienterons le temps qu’il faudra”,
commente-t-elle. “On ne peut pas précipiter les
choses... un arbre ne pousse pas en un jour!”
Le représentant spécial de la Fédération
internationale a profité de l’occasion pour mettre
en avant les souffrances des personnes déplacées
à travers le monde entier. “D’après
notre expérience, hélas, ceux qu’on appelle
communément les déplacés de l’intérieur
deviennent parfois des citoyens de deuxième classe, négligés
par les pouvoirs publics et privés de l’exercice
de leurs droits”, a-t-il déclaré. “Pourtant,
ce sont des membres à part entière de leur communauté
et ils ont les mêmes droits que tous leurs concitoyens.”
Soulignant que la décision de délocaliser des
populations est toujours “difficile et délicate”,
M. Schaar a estimé qu’une solution satisfaisante
avait été trouvée dans le cas particulier.
Pour sa part, le président Gayoom a dit partager la “profonde
gratitude” de son peuple vis-à-vis des citoyens
ordinaires du monde entier dont les dons ont représenté
80 pour 100 du total des fonds alloués aux efforts d’assistance
et de relèvement consécutifs au tsunami. Hamdun
Hameed, ministre maldivien de la planification et du développement,
a quant à lui loué le travail accompli par la
Fédération internationale et par d’autres
organisations.
Les Maldives sont une des rares nations de la planète
à ne pas encore posséder de Société
de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge. Le 8 mai, à
l’occasion de la Journée mondiale de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, le groupe de travail chargé de
poser les fondations d’une telle organisation a organisé
un concert et d’autres manifestations dans la capitale
Malé, avec le concours de la Fédération
internationale et de représentants de Sociétés
nationales engagées dans le processus de relèvement.
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Iasath
et Vifa Hassan attendent avec impatience leurs nouvelles
maisons sur l’île de Dhuvaafaru. (p14025)
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Vue
aérienne de l’île de Dhuvaafaru, dans
les Maldives, où la Fédération internationale
a entrepris la construction de plus de 600 habitations
au bénéfice des personnes déplacées
par le tsunami de décembre 2004. (p14026)
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Maumoon
Abdul Gayoom, président des Maldives, et Johan
Schaar, représentant spécial de la Fédération
internationale, se recueillent avant d’inaugurer
le chantier de la première des quelque 600 maisons
qui seront construites sur l’île de Dhuvaafaru.
(p14027)
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Un
membre du groupe de percussions Bodeberu en pleine action
lors d’un concert organisé à Malé,
la capitale des Maldives, pour marquer la Journée
mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. (p13851)
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