L’Indus
se faufile dans un canyon étroit, puis son lit s’élargit
peu avant le pont suspendu. À la hauteur du village de
Jambera, le courant se fait moins fort. Juste à temps
pour permettre aux jeunes de s’adonner à divers
jeux aquatiques : certains, montés sur des chambres à
air, pagaient à la surface de l’eau, d’autres
capturent des truites.
En observant cette joyeuse agitation, on a de la peine à
croire qu’il y a six mois, après le tremblement
de terre, de grandes parties du village n’étaient
plus qu’un champ de ruines.
Assistance médicale
Dans la mosquée fortement endommagée, le nasim,
chef du village, annonce par haut-parleur l’arrivée
de l’équipe sanitaire du Croissant-Rouge. Celle-ci
s’installe sur une place, devant une tente. Détruit
par le séisme, le dispensaire doit être reconstruit.
Depuis novembre, un médecin, deux infirmières
et deux spécialistes en vaccination se rendent chaque
semaine à Jambera, dans le district de Besham, pour assurer
la prise en charge médicale de la population. Dix mille
personnes vivent dans ce village étiré au bord
du fleuve, dont les hameaux disséminés s’accrochent
à des pentes raides.
Ce matin, 50 enfants en bas âge sont vaccinés et
90 patients sont examinés. Les femmes sont accueillies
dans la tente, les hommes et les enfants dans le « cabinet
» à ciel ouvert. Dysenterie, troubles respiratoires
et éruptions cutanées comptent parmi les maux
les plus répandus.
« Nous ne faisons pas que distribuer des médicaments,
nous sensibilisons les gens à la nécessité
de respecter les règles d’hygiène, en leur
apprenant par exemple à faire bouillir l’eau avant
de la consommer », explique le Dr Hayat Ali Shah. En effet,
la conduite qui amène l’eau depuis la source dans
la montagne jusqu’au village a été endommagée
par le séisme, et l’eau est toujours polluée.
Les ingénieurs hydrauliciens de la Croix-Rouge procéderont
à sa réparation dans les semaines à venir.
De femme à femme
La Fédération internationale a constitué
deux équipes médicales qui sillonnent la région
de Besham et se rendent régulièrement dans huit
villages. Anne-Maree Delaney, coordinatrice du projet, pense
que les deux unités devront poursuivre leur travail jusqu’en
2008, car la réhabilitation des infrastructures sanitaires
détruites nécessitera encore beaucoup de temps.
« Avec nos collaborateurs pakistanais, nous devons œuvrer
à l’amélioration de la santé des
femmes et des enfants. L’éducation sanitaire et
la formation d’agents de santé féminins
constituent deux volets essentiels de notre démarche.
» Le mariage précoce des jeunes filles et leur
méconnaissance de leur corps sont à l’origine
de graves problèmes médicaux.
Or des sujets aussi intimes ne peuvent être abordés
qu’entre femmes, d’où le rôle clé
dévolu aux bénévoles féminines.
Ces efforts de sensibilisation sont dès lors au moins
aussi importants que la remise en état des cliniques
et des dispensaires.
Nouveau départ dans la vallée d’Allai
Sur les pentes abruptes, les cultures de céréales
en terrasse se déclinent en un camaïeu de vert.
Le paysage est parsemé d’abricotiers et de cerisiers
en fleur. Au loin, des enfants font paître des troupeaux
de chèvres et de moutons tout en fredonnant une douce
mélodie de berger. Une coulée de boue consécutive
aux violentes averses a rendu impraticable le chemin naturel,
aussi devons-nous parcourir les derniers kilomètres à
pied. La longue ascension vers la vallée accidentée
d’Allai est épuisante.
Puis soudain, les maisons éparpillées du village
de Pashtoo, à flanc de montagne, s’étendent
devant nous. Le séisme n’a épargné
que quelques rares bâtiments. Utilisant les pans de mur
encore debout comme appui, les survivants ont utilisé
des planches, des bâches et de la tôle ondulée
pour ériger des abris de fortune où passer l’hiver.
Avec l’arrivée du printemps, les familles qui avaient
préféré se réfugier dans l’un
des camps de toile installés à plus basse altitude
regagnent la haute vallée.
Partout, les habitants s’affairent à tailler des
blocs de pierre pour réparer leurs maisons. Comme Jhangir
Asslam qui, avec ses cinq fils et leur famille, se dispose à
reconstruire son foyer. À ce jour, il a touché
du gouvernement 25 000 roupies, soit quelque 420 dollars américains.
Les pouvoirs publics ont promis une aide individuelle à
la reconstruction d’un montant total de 175 000 roupies
(2900 dollars), versée en trois étapes.
« Bien sûr nous avons entendu parler de l’annonce
du gouvernement. Mais nous ne pouvons pas attendre plus longtemps
pour commencer les travaux. Nous voulons pouvoir nous abriter
sous un toit l’hiver prochain », nous explique le
patriarche. Ses quatre vaches et son lopin de terre suffisent
à nourrir sa nombreuse famille.
Aide pour les plus vulnérables
Pendant le mois de mars, l’équipe de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge stationnée à Banna, le principal
village de la vallée, a intensifié sa distribution
de tôle ondulée et d’outils. Pendant les
six mois qui ont suivi le tremblement de terre, 14 000 familles
au total ont bénéficié de cette assistance
matérielle. Les revêtements de toiture fournis
notamment par la Croix-Rouge suisse se révèleront
d’une grande utilité pendant la saison dite de
transition : durant la mousson, qui débute en juillet,
les abris provisoires permettront aux habitants de se protéger
des intempéries jusqu’à la construction
de leurs nouvelles maisons.
À plus long terme, la Croix-Rouge entend s’investir
ici aussi dans la promotion de la santé et la formation
d’agents bénévoles, comme elle le fait dans
les villages du district de Besham. Par son engagement dans
la vallée d’Allai, l’une des plus reculées
de la Province de la Frontière du Nord-Ouest, l’organisation
s’est fixé comme but d’améliorer les
difficiles conditions de vie de la population, en particulier
celle des femmes.
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Les
habitants transportent jusqu’au village les revêtements
de toiture (ici, de la tôle ondulée) reçus
de la Croix-Rouge. Durant la mousson, qui débute
en juillet, les abris provisoires permettront aux habitants
de se protéger des intempéries jusqu’à
la construction de leurs nouvelles maisons. (p14046)
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Les
fillettes de Pashtoo, dans la vallée d’Allai,
attendent elles aussi avec impatience le démarrage
des travaux de reconstruction. (p14042)
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Les
fillettes de Pashtoo, dans la vallée d’Allai,
attendent elles aussi avec impatience le démarrage
des travaux de reconstruction. (p14043)
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De
retour dans leur village en ruines, les hommes de Pashtoo
s’attèlent à la remise en état
des habitations. Pendant les six mois qui ont suivi le
tremblement de terre, 14 000 familles au total ont bénéficié
de distributions de tôle ondulée et d’outils
par la Fédération Croix-Rouge Croissant-Rouge.
(p14039)
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Dans
le village de Jambera, le Dr Hayat Ali Shah bande le pied
d’un patient dans le « cabinet » à
ciel ouvert, aménagé par l’équipe
sanitaire mobile du Croissant-Rouge. (p14040)
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