Fahlevi
a toujours craint l'humidité. Il se souvient du jour
où lui et sa famille ont été contraints
de partager une tente avec deux autres familles, soit 14 personnes
au total, après le passage du tsunami qui a dévasté
leur village situé dans la province indonésienne
d’Aceh.
«Les jours de pluie comme celui-ci étaient les
pires, en particulier pour ma jeune soeur, car l’eau pénétrait
dans la tente entraînant avec elle la boue et les déchets
», raconte Fahlevi, un jeune père de 25 ans. «
Nous étions impuissants. Nous n’avions plus rien
et nulle part où aller. »
Aujourd’hui, 18 mois après la catastrophe, Fahlevi,
sa femme Yessi et leur fille de trois ans, Altarila Rahma, vivent
dans un abri temporaire constitué d’une structure
métallique recouverte de bois, qui a été
construit par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge à
Meuraxa, sous district de Banda Aceh et capitale d’Aceh,
dans la zone où se trouvait leur ancienne maison.
À Aceh, des dizaines de milliers de personnes ont perdu
leurs maisons suite au passage du tsunami. Fahlevi a également
perdu des parents, des frères et des sœurs. Sa sœur
aînée lui manque tout particulièrement.
« Il est impossible d'oublier cette tragédie, mais
grâce à cet abri nous pouvons au moins commencer
à reconstruire nos vies. »
Fahlevi, qui est inscrit en quatrième année d’étude
d’ingénieur et travaille à mi-temps comme
moniteur d’informatique, regarde son ancienne maison de
brique à deux étages, qui n’est plus aujourd'hui
qu’un tas de ruine.
« Je préfère de beaucoup cet abri à
une tente. Nous disposons d'un espace pour dormir et d'un espace
pour manger que nous pouvons aménager et meubler comme
une maison», explique-t-il.
En bas du village, Akfal, un jeune homme âgé de
23 ans dit être satisfait de l’abri dans lequel
il vit, qui est situé en face de son ancienne maison.
Le tsunami lui a également enlevé ses parents,
son frère et sa soeur.
« Nous sommes plus en sécurité ici »,
dit Akfal, qui a du interrompre sa troisième année
d'études d’ingénieur pour aider sa famille.
« Ce n'est pas grave. Les études peuvent attendre.
Ma priorité est d’aider mon petit frère,
le seul qu'il me reste. Il est inscrit au lycée et je
veux qu’il continue à étudier », précise
Akfal, qui travaille à mi-temps et reçoit un soutien
financier de ses proches.
« Je veux assurer un avenir stable à mon frère
et à moi-même. C''est dans cette maison que je
veux le construire. »
Fahlevi et Akfal font partie des 125 familles déplacées
auxquelles la Croix-Rouge indonésienne, avec le soutien
de la Fédération internationale, a fourni des
abris temporaires. Dans les deux prochains mois, 190 nouveaux
abris seront construits dans la même zone.
Ces abris constituent un moyen terme entre les tentes et les
maisons permanentes qui seront bâties et remises ensuite
à ces familles.
A ce jour, la Croix-Rouge indonésienne et la Fédération
internationale, qui travaillent en collaboration avec 27 partenaires
à Aceh et Nias, ont financé presque 9 000 abris
temporaires, les travaux de bardage et de recouvrement sont
en cours pour 6 000 d’entre eux. L'objectif de la Fédération
est de construire 20 000 abris.
A côté de ces abris temporaires, les partenaires
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont prévu de
construire 21 882 maisons permanentes à Aceh et Nias,
dont 2 400 sont déjà achevées ou en passe
de l’être.
A Sigli, dans la province d’Aceh, Marina, une jeune femme
âgée de 30 ans, est occupée à nettoyer
et décorer sa nouvelle maison de deux pièces,
construite par la Croix-Rouge française, où elle
vit en compagnie de son frère jeune marié.
« Ma mère aurait aimé cultiver ce jardin
et ma sœur aurait pu décoré joliment ce mur
– si seulement elles étaient encore en vie, »
regrette Marina, visiblement très affectée par
leur disparition.
La construction de maisons permanentes est également
inscrite dans les objectifs des Sociétés nationales
australienne, canadienne, allemande, japonaise et néerlandaise
et du Croissant-Rouge turc.
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge contribuent ensemble à
créer des communautés unies par le biais de projets
visant à réhabiliter et reconstruire les écoles,
les hôpitaux, les dispensaires, les centres communautaires
et les marchés.
|
 |
 |
|
Fahlevi
et son frère Sharif discutent avec les membres
de la Croix-Rouge indonésienne (PMI) et de la Fédération
internationale pour leur indiquer leur joie et leur satisfaction
avec laquelle ils ont accueilli leur nouveau refuge temporaire
en acier que la Croix-Rouge leur a fourni, même
si celui-ci est beaucoup plus petit que leur maisons de
4 pièces que le tsunami a emporté. (p14145)
|
|
|
|
|
 |
|
Fahlevi
est heureux, maintenant sa famille a un endroit qu’ils
peuvent appeler maison. (p14146)
|
|
 |
|
Akfal
est déterminé à reconstruire un futur
stable pour son seul frère rescapé du tsunami
et lui-même dans la nouvelle maison que la Croix-Rouge
lui a donné. (p14147)
|
|
 |
|
Wati,
8 ans, qui a perdu ses parents ainsi que sa maison lors
du tsunami, déclare que elle soignera sa nouvelle
maison qu’elle vient de recevoir de la Croix-Rouge.
(p14148)
|
|
 |
|
Le
programme de refuges temporaires, dirigé par la
Fédération internationale, sert comme solution
intermédiaire entre les tentes et les maisons permanentes
pour les familles affectées par le tsunami. (p14149)
|
|