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Séisme en Indonésie : les hôpitaux ne sont plus débordés, mais les besoins médicaux demeurent importants
27 juin 2006
Gilles Lordet, Fédération internationale, Yogyakarta, Indonésie
Un mois s’est écoulé depuis le tremblement de terre dévastateur qui a fait plus de 5700 morts et des dizaines de milliers de sans-abri dans la région de Yogyakarta, au centre de l’île de Java.

Depuis le 27 mai, la Croix-Rouge indonésienne, avec l’appui de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a distribué des secours à plus de 42 000 familles et prodigué des soins à des milliers de blessés.

La situation sanitaire dans la zone sinistrée commence peu à peu à redevenir normale et les hôpitaux, débordés par l’afflux des blessés voici un mois, ont à peu près retrouvé leur fréquentation habituelle.

Le nombre de patients sévèrement traumatisés a diminué de manière sensible au cours des derniers jours, si bien que la responsabilité d’une grande partie des installations de santé de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est à présent transmise à la Société nationale, aux hôpitaux locaux et aux autorités sanitaires.

L’intervention médicale internationale d’urgence a bénéficié du concours de nombreuses Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui ont déployé du personnel, des fournitures et des hôpitaux de campagne dans les heures qui ont suivi la catastrophe.

Cette assistance a contribué à alléger le fardeau des établissements de santé locaux et a permis de touché les villages les plus isolés. Ainsi, la Croix-Rouge de Norvège a fourni le soutien technique et médical requis pour mettre en place dans la région très durement touchée de Bantul un hôpital de campagne complet, doté d’une unité de soins intensifs, d’une salle d’opération et de soixante lits.

“Nous avons traité plus de 2200 patients depuis la fin mai”, rapporte le docteur April Poerwanto, coordinateur à la Croix-Rouge indonésienne. “Des médecins et des infirmiers de la Croix-Rouge de Hong Kong, du Japon, de Norvège et de Singapour sont arrivés presque immédiatement sur le terrain et ont assuré des soins vitaux à des milliers de blessés.”

Au début du mois, le personnel étranger a quitté l’hôpital et a été remplacé par une équipe de la Croix-Rouge indonésienne provenant de la section de Makassar, sur l’île de Sulawesi (Célèbes). Cela témoigne de l’importance et de l’efficacité des efforts de développement des capacités et des échanges d’expériences entre les employés et volontaires internationaux et locaux de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

“Nous allons rester ouverts malgré le fait que le nombre de patients commence à baisser”, poursuit le docteur Poerwanto. “Nous recevons une moyenne de 80 patients par jour, contre près de 330 il y a encore une semaine.”

A Pundong, au sud de Bantul, la Croix-Rouge du Japon administrait deux cliniques qui ont été récemment confiées aux autorités locales.

“Les trois centres médicaux de Pundong ayant été détruits par le séisme, les cliniques de la Croix-Rouge continueront de rendre de précieux services en attendant la construction de nouveaux bâtiments”, souligne Gigi Sukismi, directeur du Centre de santé communautaire Puskesmas.

Les cliniques de la Croix-Rouge du Japon, ainsi que les unités médicales mobiles administrées par la Croix-Rouge indonésienne, serviront également à assurer un suivi aux patients qui sont retournés dans leurs villages après avoir reçu des soins dans les hôpitaux de la région.

Aussitôt après la catastrophe, la Croix-Rouge française a dépêché une unité d’urgence dans le district de Klaten afin de prodiguer des soins aux blessés. Des équipes médicales des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de Corée du Sud, de Turquie et de Hong Kong ont aussi fourni une assistance dans la région, aux côtés des secouristes volontaires des brigades Satgana de la Croix-Rouge indonésienne.

Selon Marie Evreux, coordinatrice de la logistique pour la Fédération internationale, le matériel laissé par la Croix-Rouge française sera mis en réserve pour le cas où le Mont Merapi entrerait en éruption. “Les équipements pourront aussi servir à former du personnel et des volontaires locaux, de façon à garantir un réel transfert de compétences en prévision du retrait des spécialistes étrangers”, ajoute-t-elle.

De son côté, la Croix-Rouge australienne a offert ses équipements de chirurgie orthopédique aux trois principaux hôpitaux de Yogyakarta – Panti Rapih, Bethesda et Sardjito. Ce matériel comprend des plaques et des vis servant à réduire les fractures dans les cas où la pose d’un plâtre s’avère impraticable.

“Ces hôpitaux sont très bien situés géographiquement parlant et assurent des normes d’hygiène impeccables, ce qui est crucial pour ce genre d’équipement”, note Tim Keenan, chirurgien orthopédiste à la Croix-Rouge australienne. “Sans ces outils, certains patients n’auraient pas survécu ou seraient restés paralysés”, ajoute-t-il. “Une femme que j’ai opérée il y a une quinzaine de jours souffrait de fractures multiples de la hanche. Les éclats d’os obstruaient la circulation sanguine et, à défaut d’équipements appropriés, l’issue aurait pu être fatale.”

L’entrepôt de la Fédération internationale à Yogyakarta continue de fournir aux hôpitaux locaux du matériel médical ainsi que des médicaments et des produits pharmaceutiques. “Nous leur procurons notamment des béquilles, des bandages et des intraveineuses”, précise Selman Bernardi, responsable de la logistique médicale à la Fédération. “Un de nos principaux objectifs consiste maintenant à former des volontaires de la Croix-Rouge locale pour assurer la gestion de l’entrepôt”, conclut-il.
Tim Keenan pendant une intervention chirurgicale à l’hôpital Panti Rapih, à Yogyakarta. La patiente souffrait de fractures multiples aux hanches et n’aurait sans doute pas survécu sans le matériel orthopédique procuré par la Croix-Rouge australienne. (p14176)
Tim Keenan pendant une intervention chirurgicale à l’hôpital Panti Rapih, à Yogyakarta. La patiente souffrait de fractures multiples aux hanches et n’aurait sans doute pas survécu sans le matériel orthopédique procuré par la Croix-Rouge australienne. (p14176)
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