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Regroupement d’une communauté sri-lankaise
30 juin 2006
Par Patrick Fuller,délégué d'informaion de la Fédération internationale au Sri Lanka
Juin a marqué le début d’une nouvelle existence pour B. Jothimuni et sa famille. Après la destruction par le tsunami de leur maison de six pièces bâtie au bord de l’océan dans la communauté de pêcheurs de Tallala, au sud du Sri Lanka, les quatre sinistrés ont logé dans un abri de fortune de deux pièces mis à leur disposition par une organisation non gouvernementale. Le 16 juin, ils ont emménagé dans une nouvelle maison comptant deux chambres, une cuisine et une salle d’eau, construite à 500 mètres du rivage par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et la Société de la Croix-Rouge du Sri Lanka.

La famille n’a guère de possessions: quatre chaises en plastique, quelques casseroles, des nattes et des vêtements; le tout est entré sans trop de peine dans un triporteur pour le déménagement. On a fait un second voyage pour l’énorme réfrigérateur qui trônait au-dessus de l’abri et qui a maintenant trouvé sa place dans la cuisine flambant neuve.

“C’est le seul équipement que nous avons pu sauver de notre ancienne maison et sa remise en état nous a coûté un demi-salaire”, explique Jothimuni, qui a aussi perdu son emploi quand le tsunami a balayé l’hôtel où il travaillait comme agent de sécurité.

Le cadre a changé, mais les vieilles habitudes ont la vie dure. Accoutumée à faire la queue pour recevoir la ration d’eau familiale à la citerne communale, Omali, la fille adolescente de Jothimuni, remplit des seaux en plastique au robinet de la cuisine, oubliant que, grâce à la Croix-Rouge américaine, la nouvelle maison dispose de l’eau courante en permanence.

“Le plus important, c’est que nous sommes de nouveau réunis avec nos amis et voisins”, déclare la jeune fille. “Notre abri n’avait aucune intimité, car il était situé sur le terrain de l’hôpital local. A présent, je me sens en sécurité.”

Le nouveau foyer de la famille fait partie d’un ensemble de dix-huit maisons bâties à Kanankewatte, dans le district méridional de Matara. Il a été édifié tout près de l’ancienne habitation et tous les voisins appartiennent à la même communauté. Chaque maison comprend deux chambres, une cuisine, une salle d’eau extérieure et une petite véranda.

Comme le souligne Ravi Nishantha, qui travaille comme ingénieur du bâtiment pour la Fédération internationale, l’achèvement dans les délais prévus de ce chantier a représenté un énorme défi. “Le terrain s’étirait sur des pentes abruptes recouvertes d’une véritable jungle, et le processus de recrutement des consultants, d’appel d’offres et d’enregistrement des bénéficiaires a pris plusieurs mois.

“La construction des maisons ne présente pas de grosses difficultés. Mais, ici, il s’agit de recréer entièrement des communautés, avec toute l’infrastructure que cela comporte – routes, canalisations d’eau et lignes électriques”, poursuit Nishantha.

Le voisin de Jothimuni s’appelle T. H. Upali. Le tsunami lui a pris non seulement son bateau et son équipement de pêche, mais aussi son fils aîné. “Je suis obligé de louer une barque et de reverser 20 pour 100 de mon revenu au propriétaire. Autrefois, j’employais vingt-huit personnes”, raconte-t-il.

Sa femme, Padmalata, est impatiente de démarrer une nouvelle activité. “Je vais confectionner des beignets de poisson et autres ‘en-cas’ que je vendrai dans les échoppes locales. Je n’aurais pas pu le faire dans notre ancien abri, car la cuisine n’était pas hygiénique et la pluie tombait toujours à travers le toit.”

Une fois les maisons terminées, la Fédération internationale continue d’assurer un soutien aux communautés comme celle de Kanankewatte.

“Nous nous soucions également des moyens de subsistance de nos bénéficiaires”, commente Marc Fumeaux.. “Des micro-financements en faveur des familles qui ne peuvent pas accéder aux systèmes de crédit ordinaires pourraient constituer la meilleure formule pour leur permettre de retrouver une certaine sécurité économique.”

A travers tout le pays, le programme de logement du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est en plein essor. Au total, plus de 8000 maisons seront édifiées sur 71 sites. Plus de 200 sont déjà terminées et plus de 2350 autres sont en cours de construction.

“Nous devons être très flexibles”, note Al Panico, chef de la délégation de la Fédération internationale au Sri Lanka. Le projet initial prévoyait d’aménager de nouveaux sites. A présent, suite à un changement de la politique gouvernementale, la Fédération internationale aide des familles à reconstruire leurs propres maisons dans le cadre d’un partenariat – le Community Recovery and Reconstruction Partnership – qui rassemble également la Croix-Rouge du Sri Lanka, la Banque mondiale et l’Organisation des Nations unies pour l’habitat.
En juillet, une première série de subventions sera allouée à 300 familles du district d’Ampara.

“De plus en plus de sinistrés choisissent de rebâtir leurs anciennes habitations. Cette approche fondée sur la participation des bénéficiaires est non seulement plus intéressante en termes de coût-efficacité, mais elle favorise en outre le relèvement global des communautés concernées”, souligne Panico.

Le site de logements permanents de la Fédération internationale et de la Croix-Rouge du Sri Lanka à Kanankewatte, dans le district de Matara. La Fédération internationale y a bâti dix-huit habitations. (p14167)
Le site de logements permanents de la Fédération internationale et de la Croix-Rouge du Sri Lanka à Kanankewatte, dans le district de Matara. La Fédération internationale y a bâti dix-huit habitations. (p14167)

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Des percussionnistes mènent le cortège de personnalités rassemblées pour la cérémonie d’inauguration du site de Kanankewatte. (p14168)
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Jothimuni, sa femme Charlotte et leur fille Omali devant leur nouvelle maison bâtie par la Fédération internationale sur le site de Kanankewatte, dans le district de Matara.  (p14169)
Jothimuni, sa femme Charlotte et leur fille Omali devant leur nouvelle maison bâtie par la Fédération internationale sur le site de Kanankewatte, dans le district de Matara. (p14169)
Upali et sa famille devant l'abri temporaire érigé sur les fondations de leur ancien foyer à Tallala, dans le sud du Sri Lanka. (p14170)
Upali et sa famille devant l’abri temporaire érigé sur les fondations de leur ancien foyer à Tallala, dans le sud du Sri Lanka. (p14170)
Upali vient de recevoir les clés de sa nouvelle maison bâtie par la Fédération internationale sur le site de Kanankewatte. (p14171)
Upali vient de recevoir les clés de sa nouvelle maison bâtie par la Fédération internationale sur le site de Kanankewatte. (p14171)
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