Pendant
les mois d’avril et mai 2006, Maimouna Traoré a
énergiquement combattu aux cotés de quelque 150
autres volontaires communautaires de la Croix-Rouge malienne
l’épidémie de méningite qui sévissait
dans son district de Kadiolo, au sud-ouest du pays.
“Durant les sessions de formation, nous avons appris comment
cibler les bénéficiaires et conduire des visites
à domicile, et quels messages nous devions faire passer
concernant la campagne de vaccination et a prévention
de la maladie”, explique-t-elle.
A peine le ministère de la Santé avait-il publié
une alerte à la méningite dans le secteur de Sikasso
que la Croix-Rouge malienne lançait un appel en vue de
mettre sur pied une campagne de mobilisation sociale. En réponse
à cette demande d’assistance, la Fédération
internationale a débloqué 27 000 francs suisses
de son Fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe.
En 2005, 24 des 61 allocations du Fonds sont allées à
l’Afrique. “Les Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge du continent africain jouent un rôle
essentiel dans la prévention de maladies hautement infectieuses
comme le choléra, la fièvre jaune et la méningite,
mais elles ont du mal à financer leurs actions”,
note Hakan Sandbladh, responsable de la santé dans les
situations d’urgence à la Fédération
internationale.
“Enracinés au sein des communautés locales,
leurs volontaires et leurs employés sont mieux placés
que quiconque pour mener des campagnes de sensibilisation et
de prévention. C’est pourquoi les ministères
de la Santé et des institutions comme l’Organisation
mondiale de la santé s’en remette souvent à
eux pour garantir une intervention rapide et efficace”,
poursuit-il.
Comme beaucoup d’autres Sociétés nationales
d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale,
la Croix-Rouge malienne épaule depuis des années
le ministère de la Santé en assurant des activités
de surveillance, en identifiant les bénéficiaires
au sein des groupes cibles, en mobilisant les communautés
locales et en coorganisant des campagnes de vaccination. Elle
opère dans toutes les régions visées par
le plan d’action gouvernemental relatif aux épidémies.
Au cours des neuf derniers mois, le Mali a subi trois grandes
épidémies: fièvre jaune et choléra
dans la région de Kayes en octobre 2005 et, respectivement,
en août 2005, et méningite dans la région
de Sikasso en avril 2006.
Les nécessités de la lutte contre des épidémies
chroniques dans différentes régions du pays ont
amené la Croix-Rouge à former quelque 5000 volontaires
communautaires à la mobilisation sociale. “Ces
volontaires peuvent intervenir facilement, du fait qu’ils
font eux-mêmes partie des communautés parmi lesquelles
nos activités sont mises en oeuvre”, souligne le
docteur Diallo, coordinateur des programmes de santé
à la Croix-Rouge malienne. Le docteur Diallo a supervisé
la campagne de lutte contre la méningite dans le district
de Kadiolo. “La campagne a duré trois semaines
et nous pouvons dès à présent en évaluer
l’impact”, ajoute-t-il.
A cet effet, il a rencontré quarante volontaires qui
lui ont rendu compte de leur travail et soumis leurs rapports,
ainsi que les listes des bénéficiaires.
“Nous avons sélectionné les 2102 chefs de
famille auxquels les volontaires ont rendu visite à l’issue
de consultations étroites avec les notables locaux”,
explique le docteur Diallo. Après d’autres réunions
similaires dans les communes avoisinantes, le docteur Diallo
et son assistant, le docteur Kany Makan, ont à leur tour
visité certains des bénéficiaires choisis
au hasard, en compagnie des volontaires qui avaient pris les
contacts initiaux.
La famille Ouattara figurait sur la liste. La plupart des adultes
sont aux champs, accaparés par les travaux saisonniers,
mais les enfants jouent à l’ombre d’un arbre
sous la surveillance d’un adulte resté au foyer.
La famille compte douze membres, dont six enfants de plus de
deux ans – l’âge minimum pour administrer
le vaccin contre la méningite.
“Madame Traoré est venue nous voir”, déclare
Zabré Ouattara, qui a immédiatement reconnu la
volontaire. “Elle nous a parlé de la fièvre,
de la rigidité de la nuque et des maux de tête
qui permettent de reconnaître la maladie. Après
son passage, nous sommes tous allés au dispensaire et
avons été vaccinés gratuitement”,
ajoute-t-il.
La radio est un précieux complément des visites
domiciliaires. Quand on sait que 80 pour 100 des habitants du
Mali n’ont pas l’électricité et ne
peuvent par conséquent pas regarder la télévision,
on comprend mieux l’importance de ce moyen de communication
qui reste le plus important du pays.
C’est pourquoi les volontaires de la Croix-Rouge malienne,
comme les médecins et les infirmiers, sont souvent invités
par les chaînes de radio locales qui leur donnent la possibilité
de diffuser des messages de santé et d’hygiène
au plus grand nombre. “Ces interventions sont très
utiles et elles constituent un des meilleurs moyens de sensibilisation”,
affirme le docteur Diallo.
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Les
membres de la famille Ouattara et leurs amis apprécient
manifestement l’anecdote contée par le docteur
Kany Makan Sissoko lors de sa mission de surveillance
effectuée en compagnie du docteur Diallo. (p14527)
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Zabré
Ouattara, un bénéficiaire de la campagne,
explique aux docteurs Diallo et Kany Makan Sissoko, responsables
du suivi de la campagne, ce qu’elle a appris durant
la campagne de mobilisation sociale et de vaccination
menée en juin 2006 par quelque 150 volontaires
de la Croix-Rouge. (p14526)
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Ces
volontaires de la Croix-Rouge malienne ont participé
à la campagne de mobilisation sociale organisée
dans le district de Kadiolo à la suite de l’épidémie
de méningite d’avril 2006. (p14526)
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