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Les survivants d’Aceh s’installent dans leurs nouveaux abris temporaires
25 août 2006
Par Teresita P. Usapdin à Aceh.
Photos de Amalia Soemantri, Vina Agustina et Teresita Usapdin
Plus de 18 mois après le passage du tsunami, une nouvelle vie commence pour les survivants d’Aceh, qui ont acquis une certaine philosophie de la vie et l’envie de se battre pour oublier cette expérience traumatisante.

« La vie est ce qu’elle est. Nous devons apprendre à accepter les choses comme elles viennent et à cesser de nous lamenter sur notre sort ou nous serons à jamais prisonniers de cette tragédie, » dit Darnita, qui se veut positive, jusque dans le soin qu’elle apporte à l’aménagement de son abri orné de tapis, équipé d’appareils ménagers et décoré de bibelots, de plats, de fleurs et de photos de famille.

Darnita est âgée de 38 ans. Sa maison a été détruite par le tsunami. Pendant 18 mois, comme bien d’autres, elle a vécu dans une tente avec sa famille.

Aujourd’hui, en attendant que sa maison soit reconstruite, elle bénéficie avec son mari et ses trois enfants du confort d’un abri temporaire.

Cet abri, formé d’une structure en acier recouverte de bois, leur a été fourni dans le cadre du programme de construction d’abris temporaires mis en œuvre par la Fédération internationale en partenariat avec la Croix-Rouge indonésienne (PMI) et 32 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Il constitue un moyen terme entre les tentes et les maisons permanentes.

« Peu importe la taille. L’important est de pouvoir disposer d’un endroit qui apporte une certaine tranquillité d’esprit et te permet de partager des moments de joie simples avec ta famille, de dormir en sécurité et de te réveiller frais et dispos pour affronter une nouvelle journée, » explique Darnita, qui vivait dans une maison de trois pièces avant le passage du tsunami.

« Je fais au mieux avec ce que j’ai », ajoute-t-elle en précisant que même la tente dans laquelle elle vivait avec sa famille était décorée avec des fleurs et des objets fantaisie. « Pour me sentir bien, j’ai besoin que l'endroit dans lequel je vis soit beau et agréable. Nous sommes satisfaits de notre nouveau logement et reconnaissant à la Fédération de nous l’avoir fourni. Ici, nous sommes en sécurité et je me sens bien. »

Darnita, qui est diplômée et se passionne pour la décoration d’intérieur et le chant, s’est lancée dans l’achat et la vente de divers articles, qui vont des appareils ménagers aux vêtements, afin de compléter le salaire de chauffeur de son mari et de couvrir les frais de scolarité de ses enfants.

«L’éducation de nos enfants est une priorité. Je suis heureuse qu’ils travaillent bien à l’école, » dit-elle en montrant l’enveloppe contenant les médailles scolaires qu’elle a réussi à extraire des ruines de son ancienne maison.

« Ma fille de 11 ans veut devenir médecin, mon fils de 9 ans, pilote et celui de 6 ans, militaire. » Darnita montre la photo de ses enfants, ajoutant qu’elle et son mari ont promis de tout faire pour que leurs rêves se réalisent.

«Rien ne peut nous en empêcher, même pas le tsunami, » martelle Darnita en nous montrant l’uniforme militaire que son fils aime à revêtir lorsqu’il joue au soldat avec ses amis.

Darnita, qui est également chef de communauté, considère ses voisins comme sa famille. Elle fait part de ses projets visant à permettre aux villageois, en particulier les femmes, à renforcer leurs capacités afin qu'ils puissent retrouver confiance en eux et trouver des moyens de gagner leur vie.

Avec le soutien des Croix-Rouge indonésienne et australienne, qui ont supervisé la construction de 203 abris temporaires sur le stade de Banda Aceh, où elle vit actuellement avec sa famille, elle prévoit notamment d’organiser des cours de couture, de broderie, de bricolage et de composition florale, ainsi que des formations sur la gestion des petites entreprises.

Les femmes apprendront des rudiments de santé, d’assainissement, de jardinage et de décoration d’intérieur « afin d’améliorer les conditions d’existence dans la communauté».

Les enfants pourront suivre des cours de chant, de danse traditionnelle et de poésie, comme le font ses propres enfants.

«Nous voulons que les familles soient heureuses dans leur nouvelle maison car qui dit familles heureuses dit communauté heureuse, » souligne Darnita.

Elle reconnaît qu’il n’est pas facile de rassembler les gens, mais avoue avoir sa propre technique pour y parvenir: « Regardez ! »

Darnita se tourne vers son karaoké, insère un disque, se saisit du microphone et entonne une chanson d'amour populaire. Avant la fin de la deuxième chanson, les villageois commencent à se rassembler autour d’elle. Ils ne tardent pas à l’accompagner en chantant à tue-tête.

Pendant que ses voisins se succèdent au micro, Darnita sourit et glisse, « Une fois qu’on les a intéressé, le reste suit. »

Pour prouver ce qu’elle avance, Darnita demande à un groupe de femmes de se réunir dans un coin de la maison afin de leur montrer une de ses compositions florales. Après quelques instructions sur des points de détail, chaque femme entreprend avec enthousiasme de créer sa propre composition. « Waouh, j'y arrive. C’est plus facile que je ne le pensais, » s’exclame l’une d’entre elles.

Darnita nous lance un clin d’œil en disant: « Vous voyez? »

Darnita n’est pas une exception à Aceh. D’autres survivants sont tout aussi déterminés qu’elle à reconstruire leur existence, leur famille et leur communauté.

Après avoir bâti 10'000 abris temporaires dans plus de 200 villages de la province d’Aceh et de l’île de Nias et entamé la construction de 10'000 autres, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont entrepris de renforcer leur action auprès des communautés afin d’encourager les initiatives menées par des bénéficiaires comme Darnita.

Ce programme, géré par la Croix-Rouge indonésienne et financé par la Croix-Rouge irlandaise avec la participation d'autres Sociétés nationales actives dans les régions affectées par le tsunami, prévoit le lancement d’une émission de radio qui donne la parole aux auditeurs et de bulletins et de lettres d’information communautaires. L’objectif est de créer une plate-forme permettant à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge d’être mieux informés des besoins des bénéficiaires et de pouvoir mener à bien leur mission, qui consiste à sauver des vies et à améliorer le sort des populations.

Darnita passe du temps à décorer sa maison sans se soucier de sa taille. (p14464)
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Les villageois, qui n'ont plus de moyens de subsistance depuis le passage du tsunami, se lancent dans de petites activités, notamment la vente et l'achat de vêtements, pour faire face à leurs besoins quotidiens. (p14466)
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Chaque après-midi, après l’école, les enfants se réjouissent de pouvoir s’installer sous l’arbre situé en face de leur abri temporaire pour faire de la balançoire. (p14467)
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Grâce au programme de construction d'abris temporaires mis sur pied par la Fédération internationale et dirigé par les Croix-Rouge indonésienne et australienne, 369 abris ont été remis à des familles de Banda Aceh et Aceh Besar logées pendant 18 mois sous des tentes après le passage du tsunami. (p14465)
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L’équipe responsable de la mise en œuvre du programme dirigée par Corinne Treherne, déléguée construction à Aceh (au centre), est ravie de constater qu’après avoir vécu pendant 18 mois dans des tentes les bénéficiaires sont satisfaits de leur nouveau logement. (p14470)

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