“Le
don le plus précieux que je pouvais faire à mon
frère est une partie de moi: mon sang”, déclare
Zukri, serrant sur sa poitrine une poche de sang B positif qu’il
vient de donner à la Croix-Rouge indonésienne.
“J’espère que mon sang lui sauvera la vie”,
poursuit Zukri, visiblement très inquiet pour son jeune
frère Jamaludin, qui souffre d’une grave anémie.
C’est la première fois que Zukri, 38 ans, fonctionnaire
du gouvernement, donne son sang. “J’ai pris conscience
de l’importance de cet acte seulement quand mon frère
a eu besoin de sang. A partir de maintenant, je vais donner
régulièrement du sang à la Croix-Rouge
afin de sauver d’autres vies”, ajoute-t-il. “Après
avoir donné mon sang, je me suis senti léger et
bien dans ma peau.”
A l’hôpital Zainoel Abidin de Banda Aceh, le visage
de Jamaludin s’illumine alors qu’on transfuse dans
ses veines le sang de son frère, dont il presse la main
avec reconnaissance.
Depuis 1980, la Croix-Rouge indonésienne est la seule
organisation autorisée par le gouvernement à collecter
du sang auprès de donneurs volontaires ainsi qu’à
le traiter, le stocker et le redistribuer à ceux qui
en ont besoin.
Aujourd’hui, elle compte 188 unités de transfusion
réparties à travers tout le pays, y compris trois
dans les districts de Banda Aceh, Aceh Utara et Aceh Timur,
dans la province d’Aceh.
Quand le tsunami de décembre 2004 a détruit l’unité
de transfusion de Banda Aceh, le siège de la Croix-Rouge
indonésienne à Jakarta a immédiatement
expédié des équipements pour le traitement
du sang donnés par la compagnie Chevron et par le gouvernement
du Luxembourg, afin que l’on puisse répondre aux
besoins pressants de la population.
Peu après, la Croix-Rouge australienne a fourni une unité
de sang mobile pour étoffer les capacités régionales
de collecte et de transfusion.
Dans la même perspective, la Croix-Rouge australienne,
avec le soutien de l’Agence canadienne de développement
international (CIDA) et en coordination avec la Fédération
internationale, va construire à Aceh un centre de transfusion
doté de réfrigérateurs pour le stockage
du sang, de centrifugeuses pour la séparation des composants
– globules rouges et blancs, plaquettes et plasma –
et autres équipements.
“Cet établissement assurera non seulement des services
de transfusion pour le public, mais il servira aussi de centre
de formation”, explique Karen Medica, responsable des
services de sang à la Croix-Rouge australienne. Sa Société
nationale détachera des experts médicaux à
Aceh afin d’initier le personnel local à l’utilisation
de la nouvelle technologie installée dans le centre.
Elle prévoit également de fournir des véhicules
équipés pour des campagnes de don du sang dans
les zones rurales.
Delfina, qui travaille depuis plus de quinze ans au service
de transfusion sanguine de la Croix-Rouge indonésienne,
affirme que le centre et les équipements offerts par
la Croix-Rouge australienne constitueront un tournant historique
dans l’histoire du programme de sang de sa Société
nationale, unique source d’approvisionnement de la population
d’Aceh. “J’ai hâte que le nouveau centre
de transfusion soit bâti.”
Le docteur Muhammad, directeur de l’unité de transfusion
sanguine de la section de la Croix-Rouge de Banda Aceh, souligne
que le nouveau centre, les installations de traitement et les
véhicules permettront à la Croix-Rouge indonésienne
d’intensifier ses activités de promotion du don
volontaire, tout en garantissant un approvisionnement sûr
en sang. Il note que la province souffre d’un énorme
déficit dans ce domaine, seuls cinq donneurs en moyenne
se présentant chaque jour pour donner chacun 250 cc de
sang.
“Avec quelque 25 à 30 patients nécessitant
chaque jour du sang, à raison d’une à trois
unités par personne, nous sommes dans l’impossibilité
de satisfaire la demande, sauf quand les patients amènent
leurs propres donneurs”, déclare-t-il.
“Notre objectif est de motiver les gens à donner
volontairement du sang sans se soucier de l’identité
des personnes dont ils contribueront ainsi à sauver la
vie”, poursuit-il.
Pour atteindre cet objectif, la Croix-Rouge indonésienne
mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles
et les administrations, ainsi que lors de manifestations publiques
et autres événements. En soutien à ces
campagnes, elle distribue des dépliants, accroche des
banderoles et diffuse des spots sur les radios publiques. La
Croix-Rouge indonésienne décerne en outre des
diplômes aux donneurs réguliers afin de récompenser
leur vitale contribution à la collectivité.
Les sections de la Croix-Rouge de Banda Aceh et d’Aceh
Besar ont créé des clubs de donneurs de sang qui
regroupent actuellement 350 à 400 personnes. Les membres
de ces clubs donnent du sang tous les trois mois. Le docteur
Muhammad affirme que la Croix-Rouge va redoubler d’efforts
en vue de recruter davantage de donneurs, en particulier parmi
les jeunes.
“Nous allons organiser des campagnes similaires à
celles de la Croix-Rouge philippine qui incite les jeunes de
18 à 25 ans à s’engager à donner
régulièrement du sang ou, si cela ne leur est
pas possible, à encourager d’autres à le
faire.
“Il n’existe pas de produit de remplacement du sang.
On ne peut pas en produire. C’est pourquoi, afin de sauver
des vies, nous devons faire du don de sang un véritable
mode de vie à Aceh”, souligne-t-il. “Plus
nous sauvons de vies à travers le programme de sang,
plus nous sommes en phase avec les idéaux humanitaires
du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge”,
conclut le docteur Muhammad.
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Zukri,
38 ans, fonctionnaire du gouvernement, donne pour la première
fois du sang à la Croix-Rouge indonésienne
au bénéfice de son jeune frère qui
souffre d’anémie. “Le don le plus précieux
que je pouvais faire à mon frère est une
partie de moi: mon sang”, déclare-t-il. (p14501)
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Delfina,
qui travaille aux services techniques du programme de
sang de la Croix-Rouge indonésienne, teste le sang
de Zukri afin de s’assurer qu’il est parfaitement
sûr. (p14504)
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Zukri
est resté au chevet de son frère pendant
que le médecin procédait à la transfusion
sanguine. “J’espère que mon sang lui
sauvera la vie”, déclare Zukri, visiblement
très inquiet pour son jeune frère Jamaludin.
(p14502)
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Cérémonie
d’ouverture du chantier du nouveau centre de sang
qui sera construit à Aceh par la Croix-Rouge australienne
avec l’appui de l’Agence canadienne de développement
international (CIDA) et en coordination avec la Fédération
internationale. L’établissement sera doté
de réfrigérateurs pour le stockage du sang,
de centrifugeuses pour la séparation des composants
– globules rouges et blancs, plaquettes et plasma
– et autres équipements. (p14506)
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Le
docteur Muhammad, directeur de l’unité de
transfusion sanguine de la section de la Croix-Rouge de
Banda Aceh, affirme que la Croix-Rouge va redoubler d’efforts
en vue de recruter davantage de donneurs, en particulier
parmi les jeunes. Actuellement, les sections de la Croix-Rouge
de Banda Aceh et d’Aceh Besar comptent 350 à
400 personnes regroupées au sein de clubs de donneurs
de sang qui donnent du sang tous les trois mois.
(p14507)

La Croix-Rouge indonésienne compte 188 unités
de transfusion réparties à travers tout
le pays, y compris trois dans les districts de Banda Aceh,
Aceh Utara et Aceh Timur, dans la province d’Aceh.
(p14508)
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