Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC) Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC)
Rechercher :

Nouvelles
 
IMPRIMER
Accueil nouvelles
Nouvelles
Communiqués
de presse
Discours
Points de vue
Audio et vidéo
Pakistan : respect des pratiques et traditions locales
3 octobre 2006
Mubashir Fida, chargé d’information de la Fédération internationale à Islamabad
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge enregistrent de remarquables percées face aux défis posés par le conservatisme religieux et culturel dans les zones de la province pakistanaise de la Frontière du Nord-Ouest touchées par le tremblement de terre de 2005.

Pour s’implanter et mener leurs activités au sein des communautés, le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge passent par le truchement des imams et des anciens.

Après avoir réservé un excellent accueil aux organisations humanitaires internationales à la suite du séisme dévastateur du 8 octobre dernier, les communautés rurales sont devenues de plus en plus méfiantes, à mesure que l’urgence cédait la place aux efforts de relèvement.

Certains dignitaires religieux ont émis des jugements très négatifs sur le travail des organisations non gouvernementales et des organismes d’assistance, dont les activités ont été qualifiées de “contraires à la culture et à la morale”.

Si certaines organisations s’efforcent de combattre ce regain de conservatisme, la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan s’appliquent de leur côté à garder les portes ouvertes.

Sajjad Awanwar, un médecin qui travaille au sein d’une équipe mobile dans la région reculée de la vallée de l’Allai, souligne que cela passe par une approche très respectueuse des usages et traditions locaux.
“A chaque fois que nous envisageons une activité, nous consultons les dignitaires religieux et les anciens du village, car ils sont extrêmement influents et il dépend d’eux que nous puissions toucher les plus vulnérables”, note-t-il.

Avec le temps, le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale ont en effet compris que, dans cette région extrêmement conservatrice, le soutien du clergé était essentiel pour promouvoir des programmes efficaces de premiers secours communautaires.

Récemment, des religieux et des anciens ont été initiés à cette activité vitale dans le cadre d’un séminaire organisé au camp de base de la Fédération internationale à Banna. Ils en sont repartis avec la hâte de sensibiliser leurs communautés respectives.

Abdul Waseer Shah, imam du village de Batila, a parfaitement compris l’importance d’une bonne préparation et le sens de l’idéal humanitaire promu par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge. “Je pense que les premiers secours communautaires sont absolument conformes à l’islam et je vais m’employer activement à encourager les habitants de ma région à se former à cette discipline”, a-t-il déclaré.

Cette consolidation de l’action de la plus importante organisation humanitaire du monde est particulièrement réconfortante à la lumière des titres qui ont récemment fleuri à la une des journaux locaux, comme “Les ONG menacées”, “Protestations contre des ONG immorales”, ou “Jihad contre les ONG”.

Pour pouvoir continuer d’accéder aux communautés et conserver la confiance des dignitaires religieux et autres notables, il est essentiel de respecter les usages et traditions locaux, quand bien même ils apparaîtraient éloignés des normes “occidentales”. C’est ainsi que les équipes médicales mobiles, par exemple, assurent des services séparés aux hommes et aux femmes.

Le personnel n’échappe d’ailleurs pas à la règle. Comme le souligne l’imam
Abdul Waseer Shah, femmes et hommes membres des équipes mobiles doivent se déplacer dans des véhicules séparés, un principe scrupuleusement observé par le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale.

Cette approche faite de circonspection et de respect porte ses fruits. Sans remettre en cause leurs positions conservatrices, les dignitaires religieux et les anciens de la vallée d’Allai ont montré qu’ils étaient prêts à travailler avec les femmes.

Ainsi, les religieux récemment réunis au camp de base de Banna se sont déclarés favorables aux visites conduites à domicile par des femmes auxiliaires de santé en vue de promouvoir les premiers secours communautaires parmi les femmes. Cette attitude contraste singulièrement avec les informations selon lesquelles des religieux s’opposeraient même, dans d’autres parties de la province de la Frontière du Nord-Ouest, à l’emploi de femmes au sein des ONG.

Si la ville de Balakot, située à environ quatre heures de route au sud de Banna, est relativement plus libérale, ses habitants n’en est pas moins fortement influencés par les religieux. Après avoir perdu un quart de sa population dans le tremblement de terre d’octobre 2005, Balakot a récemment subi des inondations dramatiques qui ont exacerbé la vulnérabilité des habitants.

Le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale fournissent aux communautés locales tout un éventail de services allant des soins de santé primaires au soutien psychosocial, en passant par l’approvisionnement en eau et l’assainissement. L’approche appliquée à Banna vaut également pour Balakot.

“Nous formons des comités composés de membres de la communauté et dirigés, dans certains cas, par l’imam local”, explique Nadia Saeed, responsable des programmes d’hygiène au Croissant-Rouge du Pakistan.

“Ces groupes nous conseillent sur la façon de travailler en harmonie avec les pratiques culturelles et religieuses.”

Selon Nadia Saeed, une authentique relation de confiance et de respect mutuels s’est développée durant l’année écoulée entre les communautés locales et le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les habitants ont le sentiment que les équipes du Croissant-Rouge du Pakistan et de la Fédération internationale se conforment aux usages et coutumes locaux et les religieux sont convaincus que leurs employés et volontaires sont là pour servir l’humanité.

Il n’est pas toujours facile de mener des programmes d’assistance et de relèvement sans se heurter aux traditions. Toutefois, ainsi que le souligne Abdul Rasheed, un imam de Kappi Gali, dans la région de Balakot, des questions comme la promotion de l’hygiène sont parfaitement complémentaires avec l’Islam.

“L’hygiène est très importante pour la communauté. En maintenant la propreté du corps et de la maison, on écarte les maladies, et notre religion prône également la propreté. L’Islam dit que la propreté est la moitié de la foi”, commente-t-il.

En suscitant et en mettant à profit ce genre d’attitude, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge pourront agir durablement et positivement en faveur des communautés pakistanaises affectées par le séisme d’octobre 2005.
Le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale ont développé d’excellentes relations avec les dignitaires religieux et autres chefs des communautés parmi lesquelles ils opèrent. Sur la photo, une équipe médicale mobile du Croissant-Rouge salue Abdul Waseer Shah, un imam de la vallée d’Allai. (p14729) (John Tulloch)
Le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale ont développé d’excellentes relations avec les dignitaires religieux et autres chefs des communautés parmi lesquelles ils opèrent. Sur la photo, une équipe médicale mobile du Croissant-Rouge salue Abdul Waseer Shah, un imam de la vallée d’Allai. (p14729) (John Tulloch)
LIENS CONNEXES
Tremblement de terre au Pakistan
Lire d'autres nouvelles
Les communautés de la province de la Frontière du Nord-Ouest sont très conservatrices sur le plan religieux aussi bien que culturel. Pour gagner leur confiance, le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale s’appuient sur les dignitaires religieux. Sur cette photo, Qasim Shah, un volontaire du Croissant-Rouge, discute avec l’imam Abdul Waseer Shah pendant une session de formation aux premiers secours à Banna, dans la vallée d’Allai. (p14731) (John Tulloch)
Les communautés de la province de la Frontière du Nord-Ouest sont très conservatrices sur le plan religieux aussi bien que culturel. Pour gagner leur confiance, le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale s’appuient sur les dignitaires religieux. Sur cette photo, Qasim Shah, un volontaire du Croissant-Rouge, discute avec l’imam Abdul Waseer Shah pendant une session de formation aux premiers secours à Banna, dans la vallée d’Allai. (p14731) (John Tulloch)
Le docteur Sajjad Awanwar, du Croissant-Rouge du Pakistan, affirme que les dignitaires religieux et les anciens sont toujours consultés avant la mise en place d’activités dans leurs villages. Le respect des usages et des coutumes locaux a permis à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge de s’implanter parmi des communautés très écartées, comme cette équipe médicale mobile déployée dans le village de Rashang, dans la vallée d’Allai. (p14730) (John Tulloch)
Le docteur Sajjad Awanwar, du Croissant-Rouge du Pakistan, affirme que les dignitaires religieux et les anciens sont toujours consultés avant la mise en place d’activités dans leurs villages. Le respect des usages et des coutumes locaux a permis à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge de s’implanter parmi des communautés très écartées, comme cette équipe médicale mobile déployée dans le village de Rashang, dans la vallée d’Allai. (p14730) (John Tulloch)
Une auxiliaire du Croissant-Rouge du Pakistan conduit une séance de promotion de l’hygiène parmi les femmes d’un village proche de Balakot. La séparation des sexes pour les soins, la formation et autres activités est une exigence des communautés locales. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge s’y conforment totalement, ce qui leur permet de poursuivre leur action sans autres entraves. (p14732) (John Tulloch)
Une auxiliaire du Croissant-Rouge du Pakistan conduit une séance de promotion de l’hygiène parmi les femmes d’un village proche de Balakot. La séparation des sexes pour les soins, la formation et autres activités est une exigence des communautés locales. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge s’y conforment totalement, ce qui leur permet de poursuivre leur action sans autres entraves. (p14732) (John Tulloch)
IMPRIMER