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Au Pakistan, des rescapés du séisme se préparent à un second hiver difficile
6 octobre 2006
John Tulloch, coordinateur de la communication pour la Fédération internationale au Pakistan
Un an après le terrible tremblement de terre, les affaires sont en plein boom pour Abdul Hameed, qui bâtit des abris et autres bâtiments en tôle ondulée galvanisée.

Dans le cadre du processus de reconstruction, de véritables “cités de tôle” ont surgi du sol comme des champignons et, à l’approche d’un nouvel hiver, la demande pour ce matériau qui sert de revêtement aussi bien pour les murs que pour les toits ne fait qu’augmenter.

Pour Abdul, 20 ans, qui habite le petit village de Narrah près de Balakot, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest, les affaires marchent effectivement bien, mais, à la veille de l’anniversaire de la catastrophe, on comprend que les blessures émotionnelles sont toutefois loin d’être guéries.
“C’est comme si ça c’était passé hier. Les souffrances endurées par nos communautés ne s’effaceront jamais”, déclare-t-il. “On s’en souviendra toujours comme d’une tragique réalité.”

D’une magnitude de 7,6 sur l’échelle de Richter, le séisme a fait plus de 73 000 morts, dont 30 000 enfants au moins. En outre, quelque 40 000 autres enfants sont devenus orphelins ce jour funeste.

Des progrès impressionnants ont été enregistrés au cours des douze derniers mois, grâce aux formidables efforts de secours, de relèvement et de reconstruction mis en oeuvre, entre autres, par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en collaboration avec le Croissant-Rouge du Pakistan.

Si la phase d’urgence des opérations peut être regardée comme une réussite, en considération du fait que l’hiver dernier s’est écoulé sans autre vague de décès, de nombreux rescapés s’apprêtent pourtant à vivre un second hiver dans des conditions très précaires.

Abdul a fini de reconstruire la maison qu’il partage avec sa mère et ses quatre frères et soeurs, mais on estime qu’environ 66 000 familles, soit près de 400 000 personnes, vont être cruellement exposées aux intempéries et au froid tout au long des mois à venir, ne disposant que d’abris temporaires ou de transition. Même si ces gens ne vivent pas sous tente, leurs logis ne sont pas vraiment appropriés aux rigueurs de l’hiver en montagne.

Travaillant en étroite coopération avec les autorités et avec d’autres organisations humanitaires, la Fédération internationale a recensé les communautés les plus vulnérables. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont formulé des plans d’urgence en vue d’assister jusqu’à 13 500 familles de la province de la Frontière du Nord-Ouest et du Cachemire sous administration pakistanaise.

Cette assistance inclura la fourniture de 135 000 plaques de tôle ondulée galvanisée, 13 500 assortiments d’outils et de matériaux de construction, 8300 tentes, 70 000 couvertures, 40 000 édredons et 27 000 bâches goudronnées. Elle viendra s’ajouter aux 220 000 plaques de tôle et aux 22 000 assortiments d’outils et de matériaux que la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan ont déjà distribués au cours des douze mois écoulés dans la province de la Frontière du Nord-Ouest.

A Batkul, un village perché sur une colline surplombant le lit sinueux de l’Indus, Hanif Furrhman travaille sans relâche afin que sa famille élargie, forte d’une vingtaine de membres, puisse abandonner les tentes et se réinstaller dans la maison reconstruite à neuf. Réduite à l’état de ruines par le séisme, la demeure familiale a retrouvé des murs en pierre et n’attend plus que son toit en tôle ondulée.

Hanif a reçu la quasi totalité de l’allocation de 175 000 roupies pakistanaises promise par le gouvernement pour l’aider à rebâtir son foyer, mais le processus a été long et semé de difficultés.

“Au début, nous avons été freinés par les répliques sismiques. Ensuite, c’est l’argent qui tardait à arriver”, raconte-t-il. “Puis, cet été, les inondations provoquées par les pluies de mousson ont de nouveau ralenti les travaux.” Hanif a néanmoins bon espoir de terminer avant l’arrivée de la neige.

A Rashang, près de Banna, dans la vallée de l’Allai, on s’attend à des chutes importantes cet hiver. Les séquelles du tremblement de terre sont encore très visibles: ruines de bâtiments effondrés, habitations grossièrement réparées, amas de décombres parsemés autour du village.

Muhammad Samar, volontaire au Croissant-Rouge du Pakistan, explique que les habitants font leur possible pour reconstruire au moyen des tôles galvanisées qui leur ont été fournies, mais les travaux sont loin d’être achevés et beaucoup risquent d’être contraints de chercher refuge plus bas dans la vallée.

“Il fait très froid en hiver. Sans compter les habitants qui partiraient de toute façon, la moitié du village risque de n’avoir pas d’autre choix si la reconstruction n’est pas terminée”, déclare-t-il.

Plusieurs communautés de la région de Banna sont visées par le plan d’urgence de la Fédération internationale et du Croissant-Rouge du Pakistan, qui prévoit une assistance en matière d’abris à quelque 3525 familles.

Un an après la tragédie du 8 octobre 2005, énormément de choses ont été accomplies, mais l’heure n’est pas à la complaisance, quand des milliers et des milliers de rescapés s’apprêtent à affronter un second hiver dans des conditions extrêmement précaires.
De nombreuses communautés, comme celle de Rashang, sont établies à des altitudes où la neige est très abondantes pendant l’hiver. Faute d’avoir fini de reconstruire leurs maisons, beaucoup d’habitants risquent d’être obligés d’aller se réfugier plus bas dans les vallées. (John Tulloch / Fédération internationale) (p14748)
Un an après la tragédie du 8 octobre 2005, on estime qu’environ 66 000 familles vont devoir affronter un second hiver dans des abris provisoires ou de transition. (Jakob Dall / Croix-Rouge danoise) (p14750)
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De nombreuses communautés, comme celle de Rashang, sont établies à des altitudes où la neige est très abondantes pendant l’hiver. Faute d’avoir fini de reconstruire leurs maisons, beaucoup d’habitants risquent d’être obligés d’aller se réfugier plus bas dans les vallées. (John Tulloch / Fédération internationale) (p14748)
De nombreuses communautés, comme celle de Rashang, sont établies à des altitudes où la neige est très abondantes pendant l’hiver. Faute d’avoir fini de reconstruire leurs maisons, beaucoup d’habitants risquent d’être obligés d’aller se réfugier plus bas dans les vallées. (John Tulloch / Fédération internationale) (p14748)
La Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan ont formulé des plans d’urgence en vue de fournir à 13 500 familles une aide en matière d’hébergement. Il est prévu, entre autres, de distribuer quelque 135 000 tôles ondulées galvanisées. (John Tulloch / Fédération internationale) (p14749)
La Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan ont formulé des plans d’urgence en vue de fournir à 13 500 familles une aide en matière d’hébergement. Il est prévu, entre autres, de distribuer quelque 135 000 tôles ondulées galvanisées. (John Tulloch / Fédération internationale) (p14749)
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