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Sri Lanka: rendre la vue aux victimes du tsunami
6 octobre 2006
Texte et photos par Byron Pakula, Croix-Rouge australienne
Assise sur la véranda, Shasikala Dilrukshi, 17 ans, est plongée dans un livre. La scène peut sembler d’une totale banalité, mais, pour la jeune fille, c’était impensable il y a encore deux mois.

“Lorsque j’essayais de lire, mes yeux se mettaient à couler et j’avais mal à la tête”, raconte-t-elle. “A l’école, je n’arrivais même pas à distinguer clairement le tableau noir. J’étais obligée de demander leurs notes à mes camarades, parce que tout était flou. Nous partagions une paire de lunettes avec ma soeur, mes parents ne pouvant pas se permettre d’en acheter une autre pour moi.”

Dans une maison voisine de celle de Shasikala vit une couturière de 37 ans, Jasintha Fernando, dont la vue avait commencé à se détériorer à l’époque où elle travaillait à l’étranger. De retour au pays, elle avait reçu une paire de lunettes à la clinique ophtalmologique de Colombo, ce qui lui avait permis de continuer à pratiquer son métier. En décembre 2004, hélas, elle a tout perdu dans le tsunami, y compris les précieuses lunettes.

Aujourd’hui, grâce à la Croix-Rouge australienne et à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Shasikala peut suivre ses cours normalement et ses maux de tête ne sont plus qu’un vieux souvenir. De son côté, Jasintha a pu reprendre le travail et gagne à nouveau sa vie.

Des milliers de personnes ont déjà bénéficié du programme conjoint de la Croix-Rouge australienne et de l’OIM qui assure des services d’optométrie et d’ophtalmologie aux sinistrés du tsunami dans six districts du sud et de l’est du Sri Lanka. “Au total, nous espérons offrir des contrôles de la vue à quelque 100 000 personnes, procurer des lunettes à environ 75 000 et, peut-être, organiser des opérations de la cataracte pour 7000 autres”, rapporte le docteur Qasim Sufi, coordinateur des activités sanitaires de l’OIM dans le pays.

Le programme repose sur l’installation de cliniques des yeux pour des périodes de une à deux semaines dans des écoles, des temples et autres lieux de rencontre de la communauté. Les services sont entièrement gratuits et le passage des équipes est annoncé un mois à l’avance par voie d’affichage. Des pousse-pousse équipés de hauts parleurs parcourent les rues afin d’encourager la population à profiter de l’occasion.

Les équipes se composent d’optométristes formés à diagnostiquer les problèmes de la vue, à traiter les infections oculaires et à distribuer des lunettes adéquates. Si nécessaire, ils adressent les patients aux hôpitaux de district, par exemple pour les opérations de la cataracte.

Compte tenu du succès des premières phases du programme dans les districts de Kalutara et de Matara, le ministère de la Santé a résolu de s’appuyer sur les cliniques des yeux pour introduire d’autres services, notamment des campagnes d’éducation sur le VIH/sida, des programmes de nutrition et même des services dentaires.

Le programme de la Croix-Rouge australienne et de l’OIM ne se limite pas à aider les victimes du tsunami. Il contribue en outre à améliorer le service de santé sri-lankais en développant les capacités locales qui permettront de répondre dans l’avenir aux besoins ophtalmologiques de la population.

De fait, les deux organisations dispensent une formation spécialisée à plusieurs centaines de médecins, infirmiers, thérapeutes et autres auxiliaires de santé dans les six districts couverts par le projet. De plus, les services d’ophtalmologie des hôpitaux de district recevront des fournitures et équipements pour le diagnostic et le traitement des problèmes de la vue, cependant que les communautés seront sensibilisées à leurs causes les plus courantes et aux moyens de les éviter.
Assises à l’ombre d’un drapeau, des personnes âgées affectées par le tsunami attendent de se faire examiner les yeux. (p14751)
Assises à l’ombre d’un drapeau, des personnes âgées affectées par le tsunami attendent de se faire examiner les yeux. (p14751)

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Un enfant se fait examiner les yeux. Les enfants et les personnes âgées sont répartis dans des files différentes de façon à ce que les contrôles puissent être préparés en fonction de leurs besoins particuliers. (p14752)
Un enfant se fait examiner les yeux. Les enfants et les personnes âgées sont répartis dans des files différentes de façon à ce que les contrôles puissent être préparés en fonction de leurs besoins particuliers. (p14752)

Le jour où cette photo a été prise, plus de 1500 personnes se sont présentées pour un examen de la vue. Dans le vaste hall de l’école, on a installé de nombreuses tables pour procéder aux contrôles, effectués par des optométristes qualifiés. (p14753)
Le jour où cette photo a été prise, plus de 1500 personnes se sont présentées pour un examen de la vue. Dans le vaste hall de l’école, on a installé de nombreuses tables pour procéder aux contrôles, effectués par des optométristes qualifiés. (p14753)
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