L’amélioration
des capacités communautaires face aux situations de crise
est la pierre angulaire de la philosophie du relèvement
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à travers le
monde. L’opération d’assistance de la Fédération
internationale dans la province d’Aceh, ravagée
par le tsunami, constitue un exemple édifiant de la manière
dont le développement des capacités aide les gens
à se préparer et à mieux résister
à de futures catastrophes.
“Les programmes de relèvement, comme celui mis
en oeuvre à Aceh, ne servent pas seulement à reconstruire,
ils offrent aussi l’occasion de bâtir des communautés
plus sûres qu’auparavant, en particulier dans des
pays très exposés aux catastrophes comme l’Indonésie”,
souligne Cynthia Burton, de la Fédération internationale.
“Ils représentent une opportunité unique
de réduire la vulnérabilité des bénéficiaires”,
insiste la responsable du programme de relèvement, qui
se rendra d’ici la fin du mois à Singapour afin
de participer à la Conférence régionale
de la Fédération internationale pour l’Asie
et le Pacifique. Cette réunion traitera, entre autres,
du développement des capacités en matière
de gestion des catastrophes.
Approvisionnement en eau et assainissement
A la station de traitement de l’eau de Banda Aceh, six
jeunes hommes travaillent par rotations pour faire en sorte
que la ville et les communautés environnantes ne manquent
à aucun moment d’eau potable.
“L’eau, c’est la vie”, observe prosaïquement
Rahmat Aulia, 21 ans, tout en assujettissant le couvercle d’une
citerne. “Personne ne peut survivre sans eau”, ajoute-t-il.
Etudiant en programmation informatique à l’université
locale, Rahmat est le chef de l’équipe. Avec ses
collègues, il a été récemment recruté
par la Croix-Rouge indonésienne (Palang Merah Indonesia
– PMI) et formé sur le tas dans le cadre d’un
programme de la Fédération internationale destiné
à consolider les capacités de la Société
nationale dans le domaine de l’approvisionnement en eau
et de l’assainissement.
“Je suis enchanté de mon travail”, poursuit
Rahmat. “Jamais je n’aurais imaginé accomplir
une tâche aussi utile pour la communauté, en assurant
un service simple, mais indispensable. La Croix-Rouge a un véritable
impact sur les conditions d’existence des gens.”
Le jeune homme espère continuer de travailler pour l’organisation
et pouvoir la faire bénéficier de ses compétences
en programmation. “Plus nous aurons de personnes qualifiées
parmi nous, plus nous pourrons offrir des services de qualité
à la communauté”, commente-t-il.
Selon Fidelis Chulu, coordinateur du programme d’approvisionnement
en eau et d’assainissement de la Fédération
internationale, les capacités de la Croix-Rouge indonésienne
dans ce secteur ont connu une amélioration spectaculaire
depuis le tsunami de décembre 2004. “Aujourd’hui,
ils sont en mesure de faire fonctionner et d’entretenir
eux-mêmes les installations, moyennant un soutien limité
de notre part. D’ici peu, ils n’auront plus du tout
besoin de nous.”
Soutien psychosocial
Dans de nombreux villages d’Aceh, 75 employés et
volontaires de la Croix-Rouge formés au soutien psychosocial
animent un riche éventail d’activités récréatives,
sportives et rémunératrices au profit des rescapés
du tsunami, afin de les aider à reprendre confiance en
eux-mêmes et à reconstruire leurs existences.
“Nous menions déjà des activités
dans ce domaine avant la catastrophe, mais notre approche n’était
pas aussi ciblée et structurée qu’à
présent”, rapporte Intan Keumala, coordinatrice
du soutien psychosocial à la Croix-Rouge indonésienne.
“La formation et l’encadrement que nous ont assuré
des Sociétés nationales expérimentées,
comme le Croissant-Rouge turc, la Croix-Rouge américaine
et la Croix-Rouge danoise, ont été extrêmement
précieux.. Grâce à leur appui, nous sommes
devenus beaucoup plus efficaces”, ajoute-t-elle.
Pour illustrer l’importance cruciale du soutien psychosocial
dans le processus de relèvement, Intan Keumala cite le
cas d’une jeune mère qui a perdu ses deux enfants
dans le tsunami. “Après la tragédie, cette
malheureuse s’est repliée sur elle-même et
a vécu à l’écart pendant plusieurs
mois”, explique-t-elle.
“Elle refusait de parler à qui que ce soit, y compris
à son mari. Grâce aux sollicitations aimables,
mais insistantes, de spécialistes du soutien psychosocial,
elle a commencé à s’ouvrir peu à
peu. Aujourd’hui, elle est un membre très actif
de sa communauté et pilote de nombreuses activités
créatives, en particulier au bénéfice des
femmes et des enfants.”
Cynthia Burton, de la Fédération internationale,
confirme que ce type d’assistance est essentiel pour le
relèvement à long terme des personnes qui ont
connu des événements traumatisants.
“Le soutien psychosocial est un des services les plus
efficaces et les plus importants fournis par la Croix-Rouge
et le Croissant-Rouge”, affirme-t-elle.
“Quand les gens parlent de relèvement, ils pensent
souvent à la reconstruction des maisons et de l’infrastructure,
mais aider les sinistrés à surmonter leurs pertes
et à guérir leurs blessures émotionnelles
est tout aussi vital.”
Préparation aux catastrophes
A la section Croix-Rouge de Banda Aceh, Felly Andika, 25 ans,
vérifie le matériel radio afin de s’assurer
que la réception est bonne. Cet équipement permet
de maintenir un contact direct et permanent avec la vingtaine
d’autres sections locales de la province.
Andika est l’un des 72 employés et volontaires
de la Croix-Rouge indonésienne formés à
l’utilisation du système d’alerte rapide
d’Aceh, lequel a été mis en place avec l’appui
de la Fédération internationale, des Sociétés
de la Croix-Rouge espagnole, canadienne et australienne, et
de la branche de Hong Kong de la Croix-Rouge chinoise.
“Ce type de système d’alerte est ce qui manquait
le plus à la Croix-Rouge d’Aceh”, déclare
Andika. “C’est un élément clé
de la préparation aux catastrophes, absolument indispensable
pour un pays aussi exposé que l’Indonésie.
Désormais, nos sections n’ont qu’un simple
appel radio à passer en cas d’urgence.”
En complément de l’appui offert dans les domaines
de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement,
du soutien psychosocial et de la préparation aux catastrophes,
la Fédération internationale a aidé à
mettre sur pied divers programmes de formation aux premiers
secours communautaires à l’intention des employés
et volontaires de la Croix-Rouge indonésienne.
“La formation aux premiers secours contribue à
développer les capacités et à bâtir
la confiance au sein de la communauté, surtout dans les
situations de crise”, déclare Ayham Alomari, délégué
à la santé. “Les gens sont toujours contents
d’acquérir de nouvelles compétences. En
apprenant à administrer les premiers secours, ils sont
mieux équipés pour s’entraider en cas de
catastrophe comme dans la vie courante”, ajoute-t-il.
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont également aidé
la Société nationale indonésienne à
former son personnel local à la construction d’habitations
sûres en fournissant des conseils sur la conception, les
matériaux et l’environnement. “Ce soutien
est extrêmement précieux”, note Abi, responsable
des activités de reconstruction sur l’île
de Simeuleu. “A présent, nous sommes en mesure
d’assurer de meilleures conditions de logement à
nos bénéficiaires.”
Renforcement des capacités
Dans le cadre du programme de développement des sections
locales de la Croix-Rouge indonésienne, la Fédération
internationale organise des ateliers de renforcement des capacités
parmi toutes les sections d’Aceh et de l’île
de Nias.
“La clé du succès de tous les programmes
réside dans la compréhension de la nature du Mouvement
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de ses principes fondamentaux
et de ses idéaux, de sa vision et de sa mission humanitaire”,
affirme Kerrie Collett, déléguée de la
Fédération internationale en charge du développement
des sections locales.
“Une Société nationale forte est la garantie
d’un Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
fort”, note Bustari Mansyur, président de la section
d’Aceh de la Croix-Rouge indonésienne. “Rien
de tel qu’un Mouvement dont toutes les composantes travaillent
en étroite collaboration, parlent d’une seule voix
et poursuivent un but commun.
“Je suis fier de pouvoir affirmer que c’est le cas
à Aceh”, déclare-t-il.
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Rahmat,
spécialiste de l’approvisionnement en eau
et de l’assainissement à la Croix-Rouge indonésienne
formé par la Fédération internationale,
est heureux de sa fonction qui consiste à fournir
en eau potable les habitants d’Aceh. (p14921)
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Intan
Keumala, coordinatrice du soutien psychosocial à
la Croix-Rouge indonésienne, affirme que la formation
qui lui a été dispensée par le Mouvement
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge lui permet d’aider
plus efficacement les victimes du tsunami à surmonter
leurs traumatismes. (p14926)
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“Grâce
au système d’alerte anticipée mis
en place par le Mouvement, les sections de la Croix-Rouge
indonésienne n’ont qu’un simple appel
radio à passer pour signaler une urgence”,
témoigne Andika, technicien radio à la Société
nationale. (p14925)
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“L’eau,
c’est la vie”, observe prosaïquement
Rahmat Aulia, 21 ans, tout en assujettissant le couvercle
d’une citerne. “Personne ne peut survivre
sans eau”, ajoute-t-il. (p14923)
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