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La vie à Sigli. en Indonésie
20 novembre 2006
Par Gilles Lordet, délégué information de la Croix-Rouge française à Aceh, Indonésie
Quitter le camp de déplacés et revenir dans le quartier ou le village d’origine, c’est, pour les victimes du Tsunami, reprendre une vie normale. A Sigli, 51 familles vivent depuis mai dernier dans des maisons construites par la Croix-Rouge française. 103 autres pavillons seront habités d’ici à novembre. Au total, la Croix-Rouge française prévoit de redonner un logement à 317 familles avant la fin de l’année 2007.

« Je remercie le seigneur de nous avoir redonné une maison, », déclare Madame Mariani, assise sur le banc en bambou qui occupe la terrasse de sa nouvelle maison. Elle a emménagé il y a 5 mois avec son fils de 22 ans. Quatre membres de sa famille ont été emportés par la vague : « Je suis contente maintenant. Nous avons vécu pendant plus d’un an dans un camp de déplacés construit par le gouvernement à quelques kilomètres d’ici, raconte-elle. Ce n’était pas facile. Les toilettes étaient sales, l’environnement était sale, c’était étroit et nous étouffions de chaud. Notre nouvelle maison est belle et propre. »

A une dizaine de mètres, Rizal et sa femme Pepi ont aménagé avec goût leur pavillon de 36 m2 : « Ce fut un soulagement quand nous nous sommes installés. Ma femme était enceinte ; elle a accouché il y a deux mois, explique Rizal en berçant le couffin dans lequel leur fille Nufus dort. Aujourd’hui, je ne vais pas au travail ; c’est mon tour de m’occuper d’elle. » Il a fabriqué lui-même les meubles qui décorent son nouveau logis : la bibliothèque de couleur dans la salle de séjour, des rangements pour la cuisine, l’armoire dans la chambre. A l’extérieur, il a également construit une clôture en bambou : « Comme cela, nous avons un jardin ; sur le côté, je fais même pousser du maïs. »

Après un an et demi à gérer le quotidien, le couple recommence à faire des projets pour l’avenir : « Si j’avais un peu plus de fonds, j’aimerais bien élever des poulets et me mettre à mon compte. Pour l’instant, je m’occupe des ressources humaines dans une entreprise de bâtiment, mais j’aimerais être indépendant. Ma femme, elle, apprend à coudre et voudrait confectionner des vêtements. » La télévision est allumée en permanence même si personne ne la regarde. Pepi repasse alors que la sœur de Rizal est venue rendre visite et en profite pour faire son linge. La vie a repris son cours.

La vie, après les camps de déplacés et le deuil

Benteng et Blang Paseh, les deux quartiers pris en charge par la Croix-Rouge française, ont maintenant des allures de quartier résidentiel. Cent cinquante-quatre maisons sont sorties de terre : « Ce n’est pas aussi animé qu’avant, dit Madame Nurleni, une des doyennes, beaucoup de nos voisins sont morts, mais il fait bon revenir ici. »

Madame Nurleni habite avec la famille de ses deux filles. Ils sont 8 dans leur maison de 56 mètres carrés : « La maison que nous avions avant était beaucoup plus grande, mais nous étions aussi beaucoup plus nombreux, explique-t-elle. Certains de mes enfants sont partis vivre ailleurs. Mon mari et une des mes petites filles sont morts dans le tsunami. Nous sommes contents d’avoir un toit. » « Ici, nous avons une vraie vie ; nous avons notre chambre à nous, rien à voir avec les camps, », ajoute sa fille, Hernita, qui en cette période de Ramadhan prépare le repas pour l’ouverture du jeûne.

Comme beaucoup d’Achinais, la famille a agrandi la maison en ajoutant une pièce qui sert de cuisine contre le mur du fond. « A Aceh, la cuisine est souvent une pièce rudimentaire, en bois, un peu séparée du séjour et des chambres pour éviter les fumées et les mauvaises odeurs, explique Xavier Chanraud, délégué reconstruction de la Croix-Rouge française. On n’y vit pas. Ce n’est que pour préparer à manger. Cette pièce se dégrade vite et les habitants la reconstruisent tous les trois ou quatre ans. »

Fin de chantiers...

Le deuxième chantier de 103 maisons sera bientôt terminé et avant décembre, la totalité des personnes déplacées auront quitté les camps. « Nous apportons régulièrement des améliorations techniques, explique Xavier. Les Achinais construisent des toits en tôle ondulée. Ils rouillent vite, font effet de serre et n’offrent aucune isolation sonore. Nous avons trouvé un nouveau matériau, de la cellulose enrobée de bitume, qui offre une isolation thermique et sonore très satisfaisante et qui ne rouille pas. »

Pour la troisième tranche de construction, la Croix-Rouge française étudie la possibilité de passer en implantation directe, sans contracter d’entreprise en bâtiment : « Nous achèterions les matériaux pour chaque maison et distribuerions au bénéficiaire la somme nécessaire pour employer les artisans à chaque étape de la construction, continue Xavier. Il est possible de procéder ainsi car la conception des maisons est assez simple et les gens savent faire à Aceh. Nous espérons réduire les coûts de construction de 30% environ, aller plus vite pour mener les chantiers et nous défaire des contractants qui ne sont pas toujours faciles à gérer. »

Depuis 2005, la Croix-Rouge française à Sigli s’est engagée dans de nombreux programmes de construction. Deux écoles et 12 centres de soins ont été réhabilités ou construits. Le programme de reconstruction de 317 maisons continue jusqu’à fin 2007 alors qu’un chantier de réhabilitation de 5 écoles commencera en novembre prochain.
Un bénéficiaire devant sa maison de la première construite par la Croix-Rouge française à Sigli où 51 familles vivent depuis mai dernier dans des nouvelles maisons. 103 autres pavillons seront terminés d’ici à novembre 2006. Au total, la Croix-Rouge française prévoit de redonner un logement à 317 familles avant la fin de l’année 2007. (p14895)
Un bénéficiaire devant sa maison de la première construite par la Croix-Rouge française à Sigli où 51 familles vivent depuis mai dernier dans des nouvelles maisons. 103 autres pavillons seront terminés d’ici à novembre 2006. Au total, la Croix-Rouge française prévoit de redonner un logement à 317 familles avant la fin de l’année 2007. (p14895)
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Rizal et sa femme Pepi ont aménagé avec goût leur pavillon de 36 m2 : « Ce fut un soulagement quand nous nous sommes installés. Ma femme était enceinte ; elle a accouché il y a deux mois. Après un an et demi à gérer le quotidien, le couple recommence à faire des projets pour l’avenir. (p14896)
Un de fils de Mme Nurleni devant la maison familiale reconstruite par la Croix-Rouge française. Benteng et Blang Paseh, les deux quartiers pris en charge par la Croix-Rouge française, ont maintenant des allures de quartier résidentiel. Cent cinquante-quatre maisons sont sorties de terre : « Ce n’est pas aussi animé qu’avant, dit Madame Nurleni, une des doyennes, beaucoup de nos voisins sont morts, mais il fait bon revenir ici. » (p14897)
Un de fils de Mme Nurleni devant la maison familiale reconstruite par la Croix-Rouge française. Benteng et Blang Paseh, les deux quartiers pris en charge par la Croix-Rouge française, ont maintenant des allures de quartier résidentiel. Cent cinquante-quatre maisons sont sorties de terre : « Ce n’est pas aussi animé qu’avant, dit Madame Nurleni, une des doyennes, beaucoup de nos voisins sont morts, mais il fait bon revenir ici. » (p14897)
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