Il
faut un peu de temps et quelques détours dans les arrière-cours
des maisons de Ulaanbaatar pour trouver les bureaux de “Youth
for Health”, une association de volontaires, dont aucun
de ses voisins, ni même les propriétaires des locaux
ne savent ce qu'elle fait.
Elle est dirigée par de jeunes homosexuels qui, par leur
action, contribuent de manière importante à la
lutte contre le sida en Mongolie. L’association bénéficie
du soutien de la Croix-Rouge mongolienne, qu’elle considère
comme son partenaire le plus important, mais aussi le plus confidentiel.
L’un de ses jeunes est diplômé en relations
internationales et en français, un autre est spécialisé
en géologie et prépare un deuxième diplôme
dans le domaine bancaire. Il est impensable pour eux de parler
ouvertement de leur homosexualité.
Il n'en est pas moins essentiel qu’ils puissent disposer
d’un endroit sûr pour mener leurs diverses activités,
qui consistent à organiser des cours de formation sur
l’hygiène sexuelle et la prévention des
risques liés au VIH et à d’autres maladies
sexuellement transmissibles et à fournir des services
de soutien psychologique et de conseil. Le centre dispose également
d’un site Internet, que des centaines de personnes consultent
chaque mois.
Bien que l'homosexualité y soit encore tabou, la Mongolie
est parmi les pays les plus actifs dans la lutte contre le VIH/sida
et pourrait bien gagner son combat contre la maladie. De fait,
et malgré un taux relativement élevé de
personnes souffrant de maladies sexuellement transmissibles,
seuls 25 cas de contamination par le HIV ont été
recensés dans le pays depuis 1992. Cette année,
neuf nouveaux cas sont apparus sur une population totale de
2,5 millions d’habitants.
Malgré ces chiffres, la Mongolie, qui est entrée
dans une phase de transition marquée par d'importants
changements économiques et sociaux et la remise en cause
des valeurs traditionnelles, est considérée comme
un pays à forte prévalence de VIH/sida. L’alcoolisme
et la prostitution gangrènent la société
mongolienne.
Parmi les populations les plus vulnérables figurent les
anciens gardiens de troupeaux qui, dépourvus de tout
moyen de subsistance, errent sans fin dans les faubourgs des
villes les plus importantes à la recherche d’un
emploi.
Pour lutter contre l’épidémie, la Croix-Rouge
mongolienne s’appuie dans une large mesure sur les journalistes,
qu’elle a invité à participer à plusieurs
ateliers, notamment à des exercices en groupe dans lesquels
il s‘agissait de trouver les mots justes pour parler de
la maladie. Un concours a également été
organisé afin de récompenser les meilleurs articles
ou documents d’actualité sur le VIH/sida.
Lors d’un atelier organisé par la Croix-Rouge en
novembre, auquel nous avons participé, les journalistes
des principaux médias de Mongolie ont montré un
grand intérêt pour cette question et ont tenu à
être informés de la stratégie adoptée
par le gouvernement pour lutter contre ce fléau. Ils
ont également exprimé de sérieuses inquiétudes
concernant les droits de l’homme et les questions de confidentialité.
Dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre
le sida, qui aura lieu au début du mois de décembre,
la Croix-Rouge mongolienne a prévu de mener une campagne
de sensibilisation dans le transsibérien, célèbre
train qui relie la Russie à la Chine. Un wagon sera spécialement
aménagé afin de sensibiliser les employés
et les passagers, principalement des commerçants, aux
risques liés au VIH/sida.
Par ailleurs, des préservatifs et des brochures d’information
seront distribués dans les différentes gares qui
jalonnent le parcours et des événements spéciaux
seront organisés à la frontière chinoise
par la Croix-Rouge chinoise et une section locale de la Croix-Rouge
mongolienne.
Les programmes de lutte contre le VIH/sida mis sur pied par
la Croix-Rouge mongolienne sont financés par la Fédération
internationale des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge, la Croix-Rouge australienne et le Réseau
sur le VIH/sida.
|
 |
 |
|
Pour
lutter contre l’épidémie, la Croix-Rouge
mongolienne s’appuie dans une large mesure sur les
journalistes, qu’elle a invité à participer
à plusieurs ateliers, notamment à des exercices
en groupe dans lesquels il s‘agissait de trouver
les mots justes pour parler de la maladie. (p15072)
|
|
|
|
|
 |
|
Dans
le cadre de la journée mondiale de lutte contre
le sida, qui aura lieu au début du mois de décembre,
la Croix-Rouge mongolienne a prévu de mener une
campagne de sensibilisation dans le transsibérien,
célèbre train qui relie la Russie à
la Chine. (p15073)
|
|