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Yogyakarta : la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge viennent en aide aux survivants du tremblement de terre
27 novembre 2006
par Phil Vine et Khem Aryal de la Fédération internationale
Six mois se sont écoulés depuis le terrible tremblement de terre qui a frappé, le 27 mai, la ville indonésienne de Yogyakarta, faisant près de 6000 victimes et plus de 38°000 blessés. Le séisme a provoqué de nombreuses destructions, laissant plus d’1 millions de personnes sans-abri.

La Croix-Rouge indonésienne (PMI) et la Fédération internationale ont entrepris de lancer la construction de nouveaux logements, notamment des maisons de bambou capables de résister aux tremblement de terre.

Elles continuent, par ailleurs, de distribuer des articles de secours aux populations menacées par les pluies de mousson et les inondations, après avoir fourni des nattes, de la nourriture, des bâches en plastique et des articles d'hygiène à près de 120 000 familles touchées par la catastrophes.

Près de 2500 maisons de bambou ont été construites dans les districts de Gantiwarno et Dlingo dans le cadre du programme de relèvement à court terme mis en place par la Fédération internationale. Le programme sera étendu à d'autres zones, où l'on prévoit de lancer prochainement la construction de 6000 maisons supplémentaires.

« Le programme mis en œuvre à Yogyakarta a démontré son efficacité,» estime Oeystein Larsen, chef de la sous-délégation de la Fédération internationale dans la zone affectée par le séisme. « Nous savions dès le début des opérations à quel point il était essentiel que les survivants participent à la reconstruction de leurs maisons et de leurs communautés.

L’approche choisie, qui repose sur le dialogue et l’implication des survivants dans la distribution de nourriture et de matériel de construction, a permis à certains habitants, parmi lesquels Sukismanto et sa famille, d’emménager plus tôt que prévu dans leur nouvelle maison.

Tout reconstruire
La famille de Sukismanto, dont la maison a été entièrement détruite par le séisme, a dormi pendant un mois et demi sous une bâche en plastique. Coincés sous les décombres, sa femme, Rupbinem, et ses deux enfants ont été secourus par des voisins. La jeune femme, qui souffrait d’une fracture à la jambe, a été conduite dans un dispensaire partiellement détruit par le tremblement de terre, mais situé non loin de là.

Sukismanto s’est dit qu’il avait tout perdu. Une fois retirés des gravats, la plupart de ses biens étaient devenus inutilisables. Le peu d’argent qu’il gagnait en faisant des travaux manuels et en tissant des nattes de bambou ne suffisait pas. Il ne lui restait plus rien pour nourrir sa famille et il devait, dans le même temps, veiller sur sa femme blessée. Impossible pour lui de sortir pour aller travailler en la laissant seule avec ses deux jeunes fils.
« Les premiers jours ont été très durs, » dit-il.

La famille a reçu le soutien de la Croix-Rouge indonésienne (PMI) et une aide du gouvernement. Des soins réguliers ont été dispensés à Rupbinem par les équipes médicales mobiles. Le PMI et la Fédération internationale l’ont également aidé à construire une maison de bambou, une aventure qu'elles ont décidé de retracer dans un film.

Des maisons de bambou et de tissu

Ces dernières semaines, des milliers de familles vivant dans des tentes et des bâtiments endommagés ont pu visionner une vidéo produite par la Croix-Rouge et montrant aux victimes du séisme comment fabriquer des maisons à l'aide de matériaux traditionnels, suffisamment solides pour résister au prochain séisme.

Ces matériaux, notamment le bambou et le tissu, proviennent essentiellement du marché local, où ils ont été achetés pour un montant total de 185 franc suisses ($150 USD/ €118).

Le secret de ces constructions antisismiques réside dans l'absence de clous, les joints étant fixés par des tiges en bois creusées dans le bambou et solidement attachés avec du tissu. Grâce à ce système, la construction reste souple et le bambou ne se fend ni ne se casse.

On estime entre 30 et 100 pour cent l’investissement consenti par les familles, en plus de l'aide fournie pour la construction de nouvelles maisons, afin d’embellir leur habitation et y apporter des modifications telles que l’ajout de pièces supplémentaires, l’installations de systèmes électriques, la construction d’un balcon ou d'une cuisine.

Bu Narni, 45 ans, qui est originaire du village de Towangasan, dans le district de Klaten, est très contente d'habiter dans une maison de bambou. Cette veuve, mère de deux filles et d’un fils jeune marié, prévoit d’investir tout son argent dans l’éducation de ses filles. Lorsqu’on lui demande si elle envisage de construire une maison en briques, elle rétorque que sa maison de bambou « lui suffit pour l'instant ».

« Ma famille sera en sécurité ici,» affirme Jawar Di appuyé sur une béquille devant sa nouvelle maison.

Formation et préparation aux catastrophes
Sukismanto et sa famille doivent faire face à de nombreuses difficultés. Ses deux garçons, âgés de 5 et 8 ans, ont besoin d’uniformes scolaires et de livres pour pouvoir aller à l’école. Il faut également payer leurs frais de scolarité, mais Sukismanto dit qu’il n’en a tout simplement pas les moyens.

Maintenant qu’ils disposent d’un logement, il espère, néanmoins, pouvoir retourner travailler et subvenir aux besoins de sa famille. «Je n’ai plus de souci de logement, » précise Sukismanto. « C’est plus facile pour moi de me déplacer et d’aller chercher du travail. »

Sukismanto pense que la formation qu’il a reçue de la Croix-Rouge indonésienne lui sera très utile dans son travail. D’ailleurs, il a déjà repris ses activités de tissage.

« Il est important de venir en aide aux victimes en leur permettant de retrouver rapidement une activité, » estime Oeystein Larsen.
Outre une aide à la reconstruction, la Fédération internationale et la Croix-Rouge indonésienne ont fourni un soutien psychosocial à des milliers de survivants afin de les aider à surmonter la perte de leurs proches, de leurs maisons et de leurs moyens de subsistance.

Plus de 1500 puits contaminés par des bactéries et des débris suite au tremblement de terre ont été nettoyés. Parallèlement, des dizaines de milliers de survivants ont été vaccinés contre le tétanos et la rougeole.

Des actions de sensibilisations ont été menées par les volontaires de la Croix-Rouge indonésienne auprès des villageois afin de les informer des dangers de la grippe aviaire. Les questions de santé, notamment les risques liés à l’amiante et à la mousson, sont également abordées dans le cadre d’une émission de radio diffusée chaque semaine à l’attention de 500 000 personnes.

«Notre objectif est simple,» précise Oeystein Larsen. « Sachant qu’une communauté en sécurité et en bonne santé est mieux à même de faire face à d’éventuelles catastrophes, il s’agit non seulement d’améliorer les conditions d'existence des populations touchée par le séisme, mais aussi de leur donner la possibilité d’avoir une vie meilleure.

L’exemple de Yogyakarta montre qu’en fournissant un soutien adéquat et en permettant aux populations d’exprimer leurs besoins, on peut leur permettre de devenir plus fortes et, à long terme, de vivre mieux, » ajoute-t-il.
Des milliers de familles vivant dans des tentes et des bâtiments endommagés ont pu visionner une vidéo produite par la Croix-Rouge et montrant aux victimes du séisme comment fabriquer des maisons à l'aide de matériaux traditionnels, suffisamment solides pour résister au prochain séisme. (p15103)
Des milliers de familles vivant dans des tentes et des bâtiments endommagés ont pu visionner une vidéo produite par la Croix-Rouge et montrant aux victimes du séisme comment fabriquer des maisons à l'aide de matériaux traditionnels, suffisamment solides pour résister au prochain séisme. (p15103)
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Ces matériaux, notamment le bambou et le tissu, proviennent essentiellement du marché local, où ils ont été achetés pour un montant total de 185 franc suisses ($150 USD/ €118).
Ces matériaux, notamment le bambou et le tissu, proviennent essentiellement du marché local, où ils ont été achetés pour un montant total de 185 franc suisses ($150 USD/ €118).
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Le secret de ces constructions antisismiques réside dans l'absence de clous, les joints étant fixés par des tiges en bois creusées dans le bambou et solidement attachés avec du tissu. (p15101)
Le secret de ces constructions antisismiques réside dans l'absence de clous, les joints étant fixés par des tiges en bois creusées dans le bambou et solidement attachés avec du tissu. (p15101)
«Je n’ai plus de souci de logement, » précise Sukismanto. « C’est plus facile pour moi de me déplacer et d’aller chercher du travail.» (p15104)
«Je n’ai plus de souci de logement, » précise Sukismanto. « C’est plus facile pour moi de me déplacer et d’aller chercher du travail.» (p15104)
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