Nurdin
et Seandya sont généreux. Ce couple de quinquagénaires
a accepté que la Croix-Rouge française raccorde
leur puits pour alimenter les quinze familles relogées
dans un camp situé à 50 mètres de leur
maison, dans le village de Meunasah Raya.
« Nous connaissons la situation des déplacés.
Nous aussi, nous sommes des victimes du tsunami. Nous avons
dû quitter notre maison pour venir vivre ici. Une partie
de notre famille habite dans ce camp », explique Nurdin.
Sa femme ajoute : « Souvent, des gens du camp viennent
demander s’ils peuvent puiser de l’eau pour se laver
et laver leur linge. Je leur dis : allez y, cela ne nous dérange
pas. »
Les installations sont constituées d’un tuyau en
PVC qui descend dans le puits, d’une pompe électrique
et d’une canalisation qui amène l’eau dans
deux tanks installés devant le camp. « Dans ce
cas, le travail est assez simple, explique Christian Tiberghien,
délégué eau et assainissement de la Croix-Rouge
française. Mais les solutions que nous apportons varient
selon les contextes. »
Depuis le début de 2005, la Croix-Rouge française
distribue de l’eau au moyen de camions citerne tout au
tour de la ville de Sigli située a quelques heures de
route au sud-est de Banda Aceh. Ainsi au fur des mois, le programme
de la Croix Rouge se peu à peu désengagé
de la distribution d’eau pour mettre en place des solutions
durables d’apprivoisement en eau sur place, comme celles
de Nurdin et Seandya, soit créer des puits, des forages
ou des raccordements au réseau national d’eau et
assainissement (PDAM).
Ce désengagement n’est pas mené en aveugle.
Pendant plusieurs mois, la Croix-Rouge française a mené
une étude sur 40 camps temporaires (« baraks
») et a décidé de continuer son intervention
sur 12 sites où l’eau pose des problèmes
sanitaires.
« Ces solutions doivent être durables et remplacer,
pour ceux qui ont encore besoin, la distribution d’eau
par camion que nous arrêterons en novembre prochain »
explique Christian.
Approche communautaire
La Croix-Rouge implique entièrement les communautés
dans la recherche de solutions à apporter et dans leur
application, une approche qui responsabilise les bénéficiaires
sur les installations mises en place. Rita et Yus, deux délégués
pour le développement communautaire, se rendent à
Kampung Cot pour une quatrième réunion avec les
bénéficiaires. « Nous avons annoncé
la fin de la distribution d’eau par camion il y a trois
semaines, ce qui a engagé une discussion sur les solutions
de remplacement, explique Rita. Nous nous sommes mis d’accord
sur le forage et le raccordement à deux tanks d’eau.
»
Le forage a été fait par la Croix-Rouge norvégienne,
les bénéficiaires effectueront les travaux de
plomberie eux-mêmes. Au cours de la réunion, les
villageois définissent en effet l’équipe
qui sera chargée des raccordements et de l’installation
des tanks : « M. Ismaël, qui est ouvrier en bâtiment,
a été désigné par ses voisins pour
gérer les travaux, affirme Yus après les discussions.
Il est d’accord. Un comité de maintenance dirigé
par le chef du village a également été
mis en place pour assurer le suivi et la maintenance des installations.
»
La Croix-Rouge sert de facilitateur. De cette façon,
les bénéficiaires s’approprient le projet
et les chances sont plus grandes pour que la maintenance soit
assurée durablement au long terme.
Ces installations seront durables pour la grande majorité
d’entre elles, car les camps auxquels elles profitent
se trouvent le plus souvent au milieu des villages détruits
par le tsunami et en cours de reconstruction. En tout, le programme
concerne 15 000 bénéficiaires, aussi bien des
déplacés dans des camps que des gens déjà
revenus dans leurs villages.
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Depuis
le début de 2005, la Croix-Rouge française
distribue de l’eau au moyen de camions citerne tout
au tour de la ville de Sigli située a quelques
heures de route au sud-est de Banda Aceh. (p14903)
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Le
forage a été fait par la Croix-Rouge norvégienne,
les bénéficiaires effectueront les travaux
de plomberie eux-mêmes. (p14904)
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Ces
installations seront durables pour la grande majorité
d’entre elles, car les camps auxquels elles profitent
se trouvent le plus souvent au milieu des villages détruits
par le tsunami et en cours de reconstruction. (p14905)
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