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La Thaïlande se relève de ses ruines
22 janvier 2007
Texte et photos par Maude Froberg, déléguée de la Fédération internationale à Phuket, Thaïlande
A bien des égards, la Thaïlande a connu un relèvement spectaculaire depuis le terrible tsunami de décembre 2004. L’industrie touristique, notamment, a enregistré un formidable rebond. Selon le centre d’études Kasikorn, la fréquentation des régions sinistrées aurait augmenté de près de 90 pour 100 depuis 2005.

Néanmoins, les traces de la tragédie demeurent bien visibles. Des pancartes où l’on peut lire “Zone de risque de tsunami” jalonnent tout le littoral et plus de cinquante tours de surveillance se dressent sur des plages et dans des communautés de pêcheurs.

Près du village de Ban Naem Khem, un cimetière est en cours d’aménagement. C’est là que reposent les dépouilles des victimes anonymes du tsunami – des travailleurs immigrés non déclarés, mais aussi des amis et parents de familles locales qui n’ont pas pu être identifiés.

Dans un coin du site, on finit d’installer une énorme sculpture représentant une vague soutenue par dix piliers de béton gris foncé. Derrière ce monument se dressent deux édifices destinés à accueillir des cérémonies religieuses de toutes confessions.

“Nous avons voulu que ce lieu soit ouvert à tous”, souligne Annuchit Boonyapatipask, un officier de police qui dirige le centre d’identification des victimes du tsunami. “Le mur d’enceinte est très bas, de façon à ce que les gens puissent voir le cimetière de l’extérieur, et les lumières resteront allumées toute la nuit.”

A quelques pas de là, des pierres tombales dépouillées attendent de recevoir chacune un numéro correspondant à un corps non identifié. Au total, 410 victimes ont été enterrées ici. Un échantillon d’ADN a été prélevé sur chacune et tous les corps ont été munis d’une puce et enfermés dans des cercueils en aluminium de façon à permettre leur exhumation en cas d’identification ultérieure.

“Le tsunami n’est pas fini pour nous. Notre travail continue”, commente Annuchit Boonyapatipask.

S’ils ne sont pas associés aux efforts d’identification conduits par les pouvoirs publics, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont en revanche aidé certaines familles à ramener à la maison les corps des disparus. Pour beaucoup, le coût du voyage dans les provinces sinistrées en vue de récupérer les dépouilles aurait été prohibitif.

En décembre 2005, la Croix-Rouge finlandaise, opérant en collaboration avec l’équipe finlandaise d’identification des victimes de la catastrophe, s’était engagée à assurer un soutien financier pour le rapatriement et les funérailles des personnes dont les familles n’avaient pas les moyens de payer le voyage et le transport.

Cette assistance couvrait le déplacement des proches parents des victimes. Au total, plus de 100 dépouilles ont été rapatriées grâce à ce programme.

“Il faut se rappeler que beaucoup de ces familles se sont retrouvées doublement frappées par la tragédie”, note Henna Korta, qui coordonne l’assistance de la Croix-Rouge finlandaise en Thaïlande. “Elles avaient perdu non seulement un être aimé, mais aussi, dans bien des cas, la personne qui subvenait aux besoins du foyer. C’est pourquoi elles avaient un pressant besoin d’aide financière, une forme d’assistance que nous étions en mesure de leur fournir.”

En Thaïlande, comme dans tous les pays affectés par le tsunami, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge n’aident pas seulement les sinistrés à se remettre sur pied et à reconstruire leurs existences, mais aussi à se préparer en prévision de futures catastrophes. A Phuket, la Croix-Rouge thaïlandaise et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont mis sur pied une campagne de sensibilisation afin de faire prendre conscience aux communautés locales des dangers qui les menacent et de leur apprendre à limiter l’impact de futurs désastres.

Dans une des six grandes tentes installées sur un terrain de sport, une foule de jeunes écolières est rassemblée. Devant ses camarades très excitées, Keysorn achève une démonstration de techniques de réanimation sur un mannequin.

“J’ai eu un peu de mal”, avoue la jeune fille. “Mais c’est important de pratiquer ces méthodes de premiers secours. Quand mon neveu a failli se noyer dans un bassin, c’est moi qui lui ai sauvé la vie.”

Wantanee Kongsomboon, directrice adjointe du département des secours et de la santé à la Croix-Rouge thaïlandaise, se félicite de cette éducation des jeunes en prévision des urgences.

“Autrefois”, observe-t-elle, “beaucoup de Thaïlandais pensaient que les grandes catastrophes se passaient toujours ailleurs, mais le tsunami a changé tout cela. Former les enfants aux premiers secours est un élément clé de la préparation. Bien sûr, certains préféreraient qu’on ne leur rappelle pas la tragédie du tsunami, mais, après tout, l’essentiel n’est-il pas de tout faire pour sauver des vies à l’avenir?”

C’est dans une totale bonne humeur que Keysorn prend part à une formation aux premiers secours dispensée dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux catastrophes. Mise sur pied par la Croix-Rouge thaïlandaise et la Fédération internationale, cette initiative vise à faire prendre conscience aux communautés locales des dangers qui les menacent et à leur apprendre à limiter l’impact de futurs désastres. (p15270)
C’est dans une totale bonne humeur que Keysorn prend part à une formation aux premiers secours dispensée dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux catastrophes. Mise sur pied par la Croix-Rouge thaïlandaise et la Fédération internationale, cette initiative vise à faire prendre conscience aux communautés locales des dangers qui les menacent et à leur apprendre à limiter l’impact de futurs désastres. (p15270)

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Les traces de la tragédie demeurent bien visibles. Des pancartes où l’on peut lire “Zone de risque de tsunami” jalonnent tout le littoral, comme ici à Phang Nga, et plus de cinquante tours de surveillance se dressent sur des plages et dans des communautés de pêcheurs. (p15272)
Les traces de la tragédie demeurent bien visibles. Des pancartes où l’on peut lire “Zone de risque de tsunami” jalonnent tout le littoral, comme ici à Phang Nga, et plus de cinquante tours de surveillance se dressent sur des plages et dans des communautés de pêcheurs. (p15272)

Une énorme sculpture représentant une vague a été érigée dans le cimetière qui accueille les victimes anonymes du tsunami. “Nous avons voulu que ce lieu soit ouvert à tous”, souligne Annuchit Boonyapatipask, un officier de police qui dirige le centre d’identification des victimes du tsunami. (p15295)
Une énorme sculpture représentant une vague a été érigée dans le cimetière qui accueille les victimes anonymes du tsunami. “Nous avons voulu que ce lieu soit ouvert à tous”, souligne Annuchit Boonyapatipask, un officier de police qui dirige le centre d’identification des victimes du tsunami. (p15295)
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