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En Inde, les enfants touchés par le tsunami bénéficient des programmes de la Croix-Rouge
5 février 2007
Texte par Sonja Pastuovic, Croix-Rouge canadienne au Tamil Nadu en Inde
L’abri anticyclones est un endroit plein de vie, où l’on entend des enfants jouer, des enseignants diriger des activités et des mères bénévoles diviser des enfants en groupes pour la pause matinale.

Cet abri à Prathabaramapuram est l’une des 45 crèches de l’État du Tamil Nadu, en Inde méridionale, où la Croix-Rouge canadienne soutient un programme de supplément alimentaire pour l’enfance. Depuis avril 2003, ce programme offre un supplément au régime alimentaire quotidien des enfants des crèches sous la forme de lait, d’œufs, des fruits et de légumes.

Cependant, après le tsunami, ce programme a du aussi insérer la provision de support psychosocial pour quelques-uns de jeunes survivants de la terrible catastrophe.

Jayabharathi Annadurai n’est âgée que de cinq ans et demi, mais selon sa mère, Sengodi, elle se souvient d’avoir vu les gens fuir leurs maisons et se réfugier dans l’abri à Prathabaramapuram.

« Elle avait tellement peur lorsque nous étions dans l’abri et qu’elle voyait les cadavres », explique Sengodi, qui travaille bénévolement à la crèche avec d’autres mères. « Elle nous demandait ce qui leur était arrivé. »

Selon Sengodi, Jayabharathi se rappelle encore ce qu’elle a vu à la suite du tsunami. « Même après deux ans, elle fait encore des cauchemars », a-t-elle dit.

C’est ainsi qu’après le passage du tsunami, les abris anticyclones de l’état du Tamil Nadu sont devenus les centres de l’activité communautaire. La population locale dont les maisons ont été détruites s’est installée dans les abris, qui sont rapidement devenus surpeuplés. On a établi des cuisines communautaires dans les abris, et certains sont même devenus des morgues temporaires.

Après environ un mois, malgré qu’ils aient toujours été traumatisés, les gens ont commencé à se trouver d’autres lieux d’hébergement et ont quitté l’abri, mais beaucoup d’entre eux empêchaient leurs enfants d’aller à la garderie.

« Les gens croyaient que les esprits des cadavres qui avaient été emmenés à l’abri continuaient de le hanter, déclaré Irène Stanley, responsable de projet de la Croix-Rouge canadienne, en charge des crèches en Inde. « Ils ne voulaient pas que leurs enfants entrent dans l’édifice. »

Conformément aux coutumes locales, on a célébré une cérémonie religieuse afin de purifier les installations et d’exorciser les fantômes, après quoi on a laissé les enfants retourner à l’abri.

Le tsunami a aussi causé une détresse extrême et un grand traumatisme chez les adultes. Les dommages causés aux édifices, aux maisons et aux bateaux ne sont rien lorsqu’on les compare aux dommages psychologiques.

« Les parents étaient traumatisés d’avoir tout perdu : leurs maisons, leurs proches et des membres de leurs collectivités », nous dit Irène.

Rapidement, les éducatrices de la garderie de la Croix-Rouge ont réalisé qu’en raison du niveau de traumatisme subi par les enfants, une attention particulière était nécessaire pour eux. C’est alors que la Croix-Rouge canadienne a décidé d’ajouter la provision de support psychologique à son programme alimentaire afin d’aider au rétablissement des enfants dans 13 des 45 crèches réparties dans tout l’état du Tamil Nadu.

Les enseignants ont suivi une formation dans le cadre d’un programme basé sur un modèle universel conçu afin de mettre l’emphase sur l’importance du jeu et de sa valeur thérapeutique.

« La vie des enfants est axée sur le jeu et nous l’utilisons pour les aider au point de vue émotionnel, nous dit Irène. Grâce à diverses activités, les enseignants partagent les expériences des enfants en matière de stress et de traumatisme. »

Le nom du programme « Les huîtres souriantes » est lié à la mer. Parce qu’ils en voient à la plage, tous les enfants connaissent les huîtres, ainsi le nom du programme est une référence positive à la mer, qui occupe une place importante de leur environnement. Les dessins des enfants prouvent l’énorme impact du tsunami sur leurs vies. Un dessin montre une journée normale à la plage avec des pêcheurs vendant leurs prises, des enfants jouant avec des animaux sur la plage sous un soleil de plomb. Il montre aussi le tsunami s’approchant et la date 26 décembre 2004, 8 h 30 est inscrite au haut du dessin.

Les enseignants de la crèche travaillent avec les enfants, mais enseignent aussi aux parents comment répondre aux questions de leurs enfants et à reconnaître les signes associés au stress ou au traumatisme.

Selon Janisrani, l’une des enseignantes, on doit continuer à travailler avec les enfants qui montrent des signes de stress. « Les enfants refusent toujours de jouer dans la mer, explique-t-elle. Certains ont même peur lorsqu’il pleut. »

C’est un long chemin qui mène au relèvement, c’est sûr, mais les progrès sont déjà visibles. Ainsi Sengodi nous explique comment la thérapie par le jeu a aidé sa fille, Jayabharathi, et elle a déjà constaté une amélioration concrète.

« Elle n’a plus peur de venir ici, a dit Sengodi. Elle aime jouer et apprendre. Je constate qu’elle oublie les mauvaises pensées lorsqu’elle vient ici et que c’est un endroit où elle se sent bien. »

La Croix-Rouge canadienne prévoit profiter du succès de ce programme et l’offrir dans d’autres crèches et dans des écoles primaires du Tamil Nadu.

Jayabharathi Annaduram fait chanter les enfants à la crèche de Prathabaramapuram. (p15315)
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Sengodi, mère de Jayabharathi et bénévole à la crèche, offre des friandises aux enfants. (p15316)
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Irène Stanley, responsable de projet de la Croix-Rouge canadienne, à la crèche de Prathabaramapuram. (p15317)
Irène Stanley, responsable de projet de la Croix-Rouge canadienne, à la crèche de Prathabaramapuram. (p15317)
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